Carla Bruni et Nicolas Sarkozy

Une scène pour deux

Depuis dix ans, le politique et l’artiste partagent leur vie… et la lumière. Cet été, la tournée de Carla l’a menée à Beyrouth. Entre deux conférences, son mari a pris le temps de la suivre. Mais le fan absolu n’a pas complètement abandonné son costume d’ex-chef d’État.

Nicolas Sarkozy a beau vouloir être discret, il ne passe pas inaperçu. Ce mardi 17 juillet, Carla Bruni donne son seul concert français de l’été, au festival Jazz à Juan. 

Arrivé vers 20 h 30, une petite heure avant la prestation de son épouse, il tente de se faufiler dans les coulisses. Mais, immédiatement reconnu, il est arrêté. Une photo par-ci, une bise par-là. L’ancien chef de l’État a pourtant juré, depuis son retrait de la vie politique en 2016, de ne plus remettre les mains dans le cambouis. Rien n’y fait. Il ne décline pas les sollicitations, au contraire. 

Et lorsqu’on lui demande pourquoi il continue à assister aux concerts de sa femme, il répond, sourire aux lèvres : « Parce que je suis un homme fidèle. »

L’an passé, à la sortie de son dernier disque, Carla, pourtant, avait été claire : cette fois, la lumière était pour elle. Avec French Touch, la chanteuse a voulu rendre hommage aux artistes qu’elle a toujours aimés. Durant toute la promotion, elle s’est affichée seule. Pas question que l’ex-président vienne s’immiscer dans sa carrière musicale, elle qui a dû faire face à la désaffection d’une partie de son public après leur mariage, en 2008. 

Lors de sa tournée française de 2013, Carla avait affronté les hordes de militants venus à ses concerts plus pour le voir, lui, que pour l’écouter, elle. Elle a pris cela avec philosophie, finalement ravie si certains découvraient sa musique par ce biais. Mais, parfois, il lui a fallu attendre près de trente minutes dans sa loge le retour de son mari. 

Ces dames étaient prêtes à tout pour l’approcher, lui quémander une photo. Nicolas Sarkozy se prêtait au jeu de bonne grâce, certain de servir ainsi la cause… de sa femme. « De toute façon, estime un proche du couple, ils ont ce besoin animal d’être ensemble. » Quand elle l’a laissé partir en campagne pour la primaire sanglante de la droite en 2016, elle a assisté, médusée, aux coups bas venant de son propre camp. Soulagée, tout compte fait, qu’il soit éliminé dès le premier tour face à Alain Juppé et François Fillon. Même si, souligne une de ses amies, « elle ne portera jamais Fillon dans son cœur. De toute façon, c’était déjà le cas quand elle était à l’Élysée et qu’il était à Matignon ».

En réalité, il existe entre Nicolas et Carla un pacte de non-agression. Il comprend sa passion pour la musique. Elle accepte qu’il soit définitivement envoûté par le démon de la politique. 

L’an passé, Carla s’est confiée sur « la force de [son] homme, son bonheur d’être dans sa nouvelle vie, détachée du monde politique au quotidien ». Mais, cette fois, c’est son tour. À elle les concerts dans le monde entier, montés par son nouveau producteur, Alain Lahana. Barcelone, Rome, New York, Los Angeles ou Istanbul lui ont offert un triomphe. Une soixantaine de concerts au total lui ont permis de s’imposer à l’international, sans avoir à souffrir de l’ombre de son encombrant mari. 

« Carla n’est pas “encombrée” par Nicolas, assure la même proche. Elle est très fière qu’il soit à ses côtés et reste totalement amoureuse de lui. Sa présence lui fait du bien. » La preuve : pour son dernier concert de l’été, ils se sont envolés pour le Liban. Tous deux ont débarqué à Beyrouth le 29 juillet, reçus (presque) comme à l’époque où ils occupaient le 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré. 

Et pendant que Carla préparait son concert de Beiteddine, Nicolas, lui, soignait ses relations diplomatiques avec les huiles du Liban. Dîner donné par le Premier ministre Saad Hariri en son honneur, entretien avec le président Michel Aoun, avec l’ancien chef d’État libanais Michel Sleiman, ou avec le chef de la communauté druze Walid Joumblatt. Un vrai programme… de chef d’État. 

Après avoir rendu hommage aux Druzes syriens assassinés par Daech, Nicolas Sarkozy n’a pas oublié de rappeler : « Ce soir, ce n’est pas moi qui tiendrai le premier rôle, c’est ma femme. Mais elle m’a tant aidé lorsque j’étais président de la République que c’est normal que je l’aide et la soutienne aujourd’hui. » Un échange de bons procédés qui a permis à la chanteuse de séduire plus de 3 000 spectateurs.

Sa tournée terminée (il lui reste quelques concerts à honorer, début novembre, en Corée du Sud), Carla Bruni nous a confié vouloir se remettre à écrire. « Je n’ai pas sorti d’album en français depuis pas mal de temps. Je ressens de plus en plus l’envie de raconter des choses », sourit-elle. 

Carla a déjà accumulé près de 250 débuts de textes dans son iPhone, préludes à de nouvelles chansons. Promis juré, Nicolas Sarkozy, lui, ne redescendra plus dans l’arène politique. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Quand certains le poussent à se lancer dans la bataille pour la mairie de Paris, il leur répond : « Vous êtes fous. » Mais il semble ravi qu’on pense encore à lui pour cette nouvelle joute. 

« Quel est le seul président français à être allé soutenir les Bleus en Russie à l’ouverture et à la clôture de la Coupe du monde ? » demande-t-il en ce moment à ses interlocuteurs. Ravi de faire remarquer qu’Emmanuel Macron ne s’est déplacé qu’à partir de la demi-finale… Ce même Macron qui s’est offert une longue séquence dans le vestiaire des champions du monde, le laissant patienter avec les sommités russes. Pour certains, cela relève de la pure muflerie. Pour d’autres, cela pourrait faire un très bon sujet de chanson…

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