Cartes de crédit

Ottawa réclame de la flexibilité

Alors que la pandémie de COVID-19 a déjà mis près de 1 million de Canadiens au chômage, le gouvernement fédéral presse les institutions financières de faire preuve de flexibilité dans les exigences de paiement des soldes des cartes de crédit. Le ministre des Finances, Bill Morneau, a soulevé cette question lors de discussions avec les dirigeants des grandes banques cette semaine. « Nous travaillons avec les banques pour déterminer comment elles peuvent venir en aide aux gens en cette période. Chose importante, nous nous sommes entendus avec les banques sur des idées comme la possibilité de reporter un paiement exigible pour une carte de crédit », a-t-il déclaré alors qu’il témoignait devant le comité plénier du Sénat, mercredi. — La Presse

ACEUM

Le monde des affaires demande le report de l’entrée en vigueur

Ottawa — Alors que la pandémie de COVID-19 a provoqué la fermeture de nombreuses entreprises et mis près d’un million de Canadiens au chômage, les gens d’affaires du pays souhaitent que l’on reporte la date de l’entrée en vigueur de la nouvelle mouture de l’Accord de libre-échange nord-américain de quelques mois.

Les entreprises n’ont tout simplement pas le temps de s’adapter aux nouvelles réglementations incluses dans cette entente commerciale – également connue sous le nom d’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) – alors qu’elles tentent d’éviter le naufrage financier, a plaidé le président de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty.

Les Trois Amigos n’ont pas encore convenu d’une date officielle d’entrée en vigueur de l’accord, conclu l’automne dernier au terme de nombreux mois de négociations souvent acrimonieuses. Le représentant au Commerce des États-Unis, Robert Lighthizer, a toutefois indiqué que l’administration Trump souhaiterait qu’il remplace l’ancien accord négocié il y a plus de 25 ans à compter du 1er juin.

« Nous ne pouvons pas nous conformer aux nouvelles réglementations alors que nous tentons d’affronter la crise de la pandémie du nouveau coronavirus. Nous devons consacrer toutes nos énergies à une chose, soit passer à travers cette crise. On doit reporter la date de mise en œuvre de l’accord. »

— Perrin Beatty, en entrevue avec La Presse

De nouvelles réglementations touchant notamment l’origine des pièces automobiles ont été incluses dans l’ACEUM. À titre d’exemple, l’entente stipule que 75 % des pièces utilisées dans la fabrication des automobiles doivent provenir du continent nord-américain, une augmentation par rapport à la règle de 62,5 % de l’ancien accord. En outre, il est prévu qu’entre 40 % et 45 % des travailleurs qui fabriquent ces pièces empochent un salaire minimum de 16 $US l’heure.

Donald Trump souhaiterait que l’accord soit mis en œuvre d’ici l’été, soit avant le lancement de sa campagne en prévision de l’élection présidentielle de novembre.

Impensable d’imposer de nouvelles règles

Selon le président de l’Association des fabricants de pièces automobiles du Canada, Flavio Volpe, il est impensable d’imposer de nouvelles réglementations alors que la planète entière fait face à une pandémie. « Il y a des fermetures sans précédent à cause de cette pandémie, et ce serait d’une imprudence douloureuse d’aller de l’avant », a-t-il déclaré au quotidien The Globe and Mail.

Il a affirmé qu’il fallait donner aux entreprises la chance de passer à travers la crise et a avancé le mois de janvier comme échéancier acceptable.

Les groupes représentant les gens d’affaires aux États-Unis et au Mexique ont également plaidé au cours des derniers jours pour que les trois pays signataires s’entendent sur une date ultérieure.

Au bureau de la vice-première ministre Chrystia Freeland, qui a piloté le dossier des négociations de l’ALENA 2.0, on indique que la mise en œuvre de l’entente fait encore l’objet de pourparlers entre les trois pays.

« En ce qui concerne l’entrée en vigueur du nouvel ALENA, les représentants du gouvernement canadien continuent leur étroite coordination avec nos entreprises, travailleurs et autres intervenants nationaux », a indiqué Katherine Cuplinskas, l’attachée de presse de Mme Freeland, dans un courriel à La Presse.

« Le Canada travaille avec les États-Unis et le Mexique sur des réglementations uniformes et trilatérales qui sont requises avant que l’accord puisse entrer en vigueur pour les trois pays », a-t-elle ajouté.

Elle a cité l’exemple du travail fait par le Canada avec le Mexique pour soutenir les réformes mexicaines dans le domaine de la main-d’œuvre.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.