la cinéaste Catherine Fol emportée par un cancer

La cinéaste Catherine Fol, qui s’est fait connaître du grand public par la Course des Amériques qu’elle a remportée en 1988, est décédée cette semaine à l’âge de 54 ans, des suites d’un cancer du cerveau. Pour la Course des Amériques – rebaptisée ensuite La Course Destination Monde –, elle avait réalisé 23 courts métrages en 26 semaines à travers les Amériques. Son premier prix lui avait alors ouvert les portes de l’Office national du film, qui salue « l’auteur, l’enseignante et la grande féministe qui fut réalisatrice de documentaires pendant plus de 15 ans ». À l’ONF, celle qui était elle-même diplômée de Polytechnique en génie physique a notamment réalisé le documentaire Au-delà du 6 décembre qui porte sur les lendemains de la tuerie. Elle a aussi réalisé une série de documentaires scientifiques qui lui ont valu une diffusion à travers le monde et plusieurs prix internationaux. « Un esprit vif nous quitte », a résumé l’humoriste Guy Nantel, qui l’a connue du temps de la Course. Professeure de science et d’éducation sexuelle au secondaire de 2006 à 2018, elle a aussi signé en 1999 Dans la tête des filles, chroniques sur l’après-féminisme, chez Stanké.

— Louise Leduc, La Presse

Patrimoine

Sœur Madeleine Juneau n’est plus

Sœur Madeleine Juneau, directrice générale de la Maison Saint-Gabriel, enseignante et muséologue, est morte vendredi à l’âge de 74 ans. Des témoignages, notamment celui de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, soulignent sa grande contribution au patrimoine et à l’histoire de Montréal comme du Québec.

Membre de la Congrégation de Notre-Dame depuis 1966, Madeleine Juneau a rendu l’âme à l’hôpital de Verdun, où elle se trouvait depuis peu. Ayant forgé avec détermination le caractère patrimonial de la Maison Saint-Gabriel, musée et site historique montréalais, sœur Madeleine Juneau a contribué à célébrer la mémoire de Marguerite Bourgeoys, première enseignante de Ville-Marie, mais aussi celle des Filles du Roy.

La mairesse de Montréal lui a rendu hommage sur sa page Facebook. « J’apprends avec tristesse le décès de sœur Madeleine Juneau, grande Montréalaise, officière de l’Ordre de Montréal, D.G. de la Maison Saint-Gabriel, musée et site historique durant plus de 20 ans, et femme d’exception à qui nous devons notamment la reconnaissance des Filles du Roy en tant que bâtisseuses de la cité, a écrit Valérie Plante. Elle aura marqué le monde muséal par son approche unique et sa détermination à faire connaître la contribution historique des femmes au développement de la métropole. Elle nous manquera grandement. Mes pensées accompagnent ses proches. »

Jean-Robert Choquet, ex-directeur de la culture et du patrimoine à la Ville de Montréal, a été secoué quand il a appris sa mort.

« Madeleine Juneau décédée ? Impensable, a-t-il écrit sur sa page Facebook. Madeleine Juneau : directe, frondeuse, déterminée, irrésistible : une force de la nature. Et aussi : moderne, créative, visionnaire : une véritable entrepreneure. Et finalement : pas reposante… Elle faisait tellement corps avec la Maison Saint-Gabriel que je n’avais aucune peine à l’imaginer, au début de la colonie, en train d’accueillir les Filles du Roy. Elle était pour moi l’incarnation contemporaine de ces générations de religieuses qui ont tellement contribué à bâtir le Québec. »

Selon M. Choquet, sœur Madeleine Juneau a fait de la Maison Saint-Gabriel « un remarquable musée d’histoire : authentique, cohérent, actuel ». Madeleine Juneau avait d’ailleurs reçu, en 2013, le prix Gérard-Morisset, remis par le gouvernement du Québec, pour le rôle dynamique qu’elle avait joué à la Maison Saint-Gabriel, classée lieu historique national en 2007.

En 2016, elle avait reçu le Prix d’histoire du Gouverneur général du Canada pour la qualité exceptionnelle des programmes muséaux présentés à la Maison Saint-Gabriel en 2015. En 2017, le Québec l’avait nommée chevalière de l’Ordre national du Québec, et le Canada lui avait remis la Croix du service méritoire (division civile).

« Elle était une infatigable amie de l’art public, dans sa forme la plus contemporaine, a écrit Francyne Lord, ex-cheffe du Bureau d’art public de la Ville de Montréal. Elle savait convaincre tout le monde, les membres des comités de sélection, les élus, les citoyens. Elle a porté haut et fort l’œuvre Le village imaginé, de Pierre Bourgault, et Leurs effigies, de Yann Pocreau. Dieu n’a qu’à bien se tenir, elle arrive au ciel avec de nombreux projets. »

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