MEURTRE DE GABRIELLE DUFRESNE-ÉLIE

Jonathan Mahautière reconnu coupable de meurtre non prémédité

L’ancien petit ami de Gabrielle Dufresne-Élie, assassinée en 2014, a été reconnu coupable du meurtre non prémédité de la jeune femme, après six jours de délibérations du jury.

Jonathan Mahautière, maintenant âgé de 22 ans, avait admis son crime peu après les événements. Le Montréalais était à peine majeur lorsqu’il a tué Gabrielle Dufresne-Élie qui, elle, n’avait que 17 ans. La jeune femme a été étranglée dans une chambre du motel Chablis de la rue Sherbrooke Est, à Montréal, le 7 juin 2014.

Plus de 10 personnes, dont la mère et la sœur de la victime, se sont succédé à la barre des témoins lors du procès, tenu au palais de justice de Montréal depuis le mois de septembre.

Puisqu’il était déjà établi que Mahautière avait commis le meurtre, le jury avait à déterminer son intention de faire ce geste.

La défense s’appuyait principalement sur les problèmes de santé mentale de l’accusé pour obtenir un verdict de non-responsabilité criminelle, qui lui aurait évité la prison à perpétuité.

Il serait atteint d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) avec « impulsivité marquée, sévère et non médicamentée » et d’un trouble de l’adaptation avec humeur anxieuse et dépressive.

« Nous sommes surpris du verdict, considérant la preuve administrée de trouble mental affectant l’intention de tuer », a déclaré Marie-Hélène Giroux, avocate de Jonathan Mahautière, dans un bref courriel adressé à La Presse.

Jointe en début de soirée hier par La Presse, la mère de Gabrielle Dufresne-Élie, Marlène Dufresne, se reposait et était trop bouleversée par ces moments éprouvants pour commenter la décision du jury. La famille prend maintenant un peu de temps loin du téléphone et d’internet, à la suite de près de deux mois de procès, mais surtout de quatre ans sans jugement.

Une séparation qu’il n’aurait pas acceptée

Gabrielle Dufresne-Élie et Jonathan Mahautière formaient un couple depuis plus de deux ans, en 2014, mais vivaient des problèmes depuis le commencement. Gabrielle avait dû se faire avorter au début de leur relation, alors qu’elle avait 15 ans, ce qui avait beaucoup déplu à son petit ami lorsqu’il l’a appris, selon ce qu’a révélé le procès.

Peu avant le meurtre, la victime aurait dit au jeune homme qu’elle voulait qu’ils se séparent pour de bon. C’est parce qu’il n’acceptait pas cette rupture qu’il a tué la jeune femme, avait avancé la Couronne.

Les deux adolescents s’étaient retrouvés dans la chambre de motel après une journée passée ensemble et une séance de thérapie de couple.

Jonathan Mahautière aurait étranglé Gabrielle Dufresne-Élie au moment où elle a souhaité quitter les lieux pour respecter son couvre-feu de 22 h 30.

C’est le jeune homme lui-même qui avait appelé le 9-1-1 après avoir commis le meurtre, mais les enregistrements de l’appel ont démontré qu’en une demi-heure environ, il n’avait jamais été très précis sur l’état de Gabrielle et semblait surtout se soucier de ce qui allait lui arriver à lui.

Un premier procès, tenu en 2017, avait avorté à la suite de la dissolution du jury, qui n’était pas parvenu à une décision unanime. Les jurés avaient à ce moment-là le choix entre une culpabilité de meurtre au deuxième degré et une culpabilité de meurtre involontaire. Lors du deuxième procès s’était ajoutée l’option de non-responsabilité criminelle.

Puisqu’il a été reconnu coupable d’homicide, Jonathan Mahautière sera condamné à la prison à perpétuité. Il faudra dès lors déterminer combien d’années il devra purger avant d’être admissible à une libération conditionnelle. Les audiences sur la peine auront lieu à la fin du mois.

Actualités

Un cheval de calèche s’effondre dans le Vieux-Montréal

Un cheval de calèche s’est écroulé hier après-midi dans le Vieux-Montréal. L’animal est mort après avoir été secoué de convulsions, un triste incident qui risque de relancer le débat sur l’éthique dans l’industrie des calèches.

Encore sous le choc, la cochère Shanna Lalonde a raconté que le cheval, Zeus, s’était mis à tousser sans pouvoir s’arrêter, rue Saint-Jean, à l’angle de la rue du Saint-Sacrement. « J’ai débarqué mes clients, je l’ai détaché de la calèche, j’ai essayé de l’aider à passer sa toux. Ça n’a pas passé et il s’est effondré par terre. »

Un cheval du « King des calèches »

Zeus appartenait à Luc Desparois, propriétaire de Services de calèches et traîneaux Lucky Luc. Cette entreprise, qui a le monopole des calèches à Montréal, a maintes fois été dénoncée par les organismes de défense des animaux, qui jugent la pratique cruelle et les chevaux, maltraités.

En septembre 2017, un autre cheval s’était d’ailleurs effondré dans le Vieux-Montréal. Cocotte était restée près de huit minutes au sol, inerte, avant de se relever. Des images filmées par des passants avaient alors soulevé l’indignation des citoyens. M. Desparois s’était défendu en affirmant que la jument s’était « simplement endormie ».

Celui que l’on surnomme le « King des calèches » semblait catastrophé devant son cheval mort, hier après-midi. « Voir si on a besoin de ça », a-t-il maugréé. L’incident risque en effet d’apporter de l’eau au moulin de l’administration de Valérie Plante, qui a annoncé la disparition des calèches à Montréal à partir de 2020.

M. Desparois compte s’adresser aux tribunaux pour faire reculer la Ville dans ce dossier. « Des chevaux, il y en a qui meurent partout. Nous, à Montréal, on les garde souvent vieux parce qu’on se fait des relations avec eux, on travaille avec eux. Il y a des cochers qui restent sur la job pour le cheval, pas pour la job. C’est des amis, des partenaires de travail », a-t-il fait valoir.

« Un petit restant de grippe »

Selon la cochère Shanna Lalonde, Zeus avait « un petit restant de grippe » hier matin, mais rien de grave. Le gros cheval alezan avait eu droit à « presque deux semaines de vacances » pour s’en remettre.

« On travaille dans le public avec des animaux, on est habitués de soigner des animaux, a dit M. Desparois. Ça ne serait pas à notre avantage de ne pas en prendre soin. Ce ne sont pas des machines. »

En avril 2016, un rapport du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation a constaté l’insalubrité de l’écurie de M. Desparois. L’entreprise a été condamnée à une amende de 600 $. Selon le rapport, les chevaux étaient forcés de se coucher dans leur crottin.

À la même époque, un cheval avait été blessé après avoir été percuté par un véhicule dans le Vieux-Montréal. L’incident avait poussé l’ancien maire Denis Coderre à imposer un moratoire sur les calèches. Un juge avait ensuite forcé le maire à reculer, décrétant qu’il n’avait pas le droit de suspendre les permis de tous les cochers.

À l’été 2015, d’anciens cochers avaient dénoncé les conditions de vie des chevaux du « King des calèches » au Journal de Montréal. Le quotidien avait alors fait état de journées de 16 heures et d’injection de puissants anti-inflammatoire aux chevaux boiteux pour les forcer à travailler malgré leurs blessures.

Tuerie dans une synagogue de Pittsburgh

Québec rend hommage aux victimes et lance un appel à l’unité

Québec — Une centaine de personnes de toutes les origines et de toutes les religions se sont réunies à l’hôtel de ville de Québec, hier après-midi, pour dire non à la haine dans le cadre d’une cérémonie en hommage aux 11 morts et 6 blessés de la tuerie dans une synagogue de Pittsburgh, le 27 octobre.

Les représentants de différentes communautés religieuses et les élus ont appelé à l’unité devant un événement qui rappelle la tuerie de la Grande Mosquée de Québec, survenue le 29 janvier 2017.

« Même si 1200 km nous séparent, nous partageons leur douleur parce que nous la reconnaissons. Nous aussi avons vécu cette stupéfaction, cette colère, cette tristesse », a souligné le maire de Québec, Régis Labeaume.

Selon M. Labeaume, « il faut étouffer sans tarder les braises de la haine, de l’intolérance et de la peur de l’autre avant qu’elles ne s’enflamment ».

Combattre le racisme et la haine

Organisé par la communauté juive de Québec et des citoyens de Québec, l’événement invitait la population à écrire un message d’espoir et de paix sur des bouts de papier accrochés par la suite sur des cordes attachées à deux arbres qui représentaient les villes de Pittsburgh et de Québec. Les personnes présentes pouvaient également signer un livre de condoléances qui sera envoyé à Pittsburgh.

Au début, le président de la Congrégation Beth Israël Ohev Sholom, David Weiser, ne savait pas quelle forme donner à l’hommage, mais les messages de sympathie reçus et l’appel de Boufeldja Benabdallah, du Centre culturel islamique de Québec, l’ont convaincu d’organiser un événement qui allait réunir tout le monde autour de la volonté de vivre ensemble dans l’harmonie et le respect.

« Depuis la mosquée, il y a des liens qui se sont créés entre les gens. Donc, on s’est dit : “Faisons une commémoration pour les victimes de Pittsburgh, mais surtout donnons une occasion à la population de Québec de se réunir en solidarité pour prendre position contre le racisme et la haine.” »

Solidarité

Touché par cet élan de solidarité envers sa communauté, M. Weiser a été surpris de voir autant de monde à l’hôtel de ville. « Ça me fait tellement chaud au cœur. Je ne savais pas à quoi à m’attendre. Je suis tellement fier d’être juif natif et citoyen de la ville de Québec aujourd’hui », a-t-il confié.

Selon le maire Régis Labeaume, c’est sa diversité qui fait la force de la ville de Québec. « Le racisme, il n’y a rien de plus hideux. Décider de mépriser quelqu’un à cause de sa langue, de sa couleur, de sa religion, ça ne se peut pas. Il faut dénoncer ça, d’autant plus qu’on veut que des gens viennent travailler à Québec », a-t-il insisté.

La cérémonie a aussi été l’occasion de rappeler les liens forts entre le Canada et les États-Unis. « Les États-Unis et le Canada partagent des valeurs communes incluant la diversité, l’une des plus importantes richesses de nos pays. Nous continuerons à défendre nos valeurs et demeurerons tous unis pour dire non à la haine, non au profilage racial et religieux », a fait valoir le consul adjoint des États-Unis à Québec, Michael Agner.

Tuerie dans une synagogue de Pittsburgh

Cérémonie remplie d’émotion à Pittsburgh

Une centaine de personnes se sont rassemblées samedi sous la pluie froide pour participer à une « cérémonie de guérison » à l’extérieur de la synagogue Tree of Life de Pittsburgh, où un tireur avait fait 11 morts une semaine plus tôt. L’ancien rabbin de la synagogue Tree of Life Chuck Diamond a présidé une cérémonie d’une durée de 45 minutes comprenant des prières, des chansons et de la poésie. Le révérend Lee Clark, un pasteur presbytérien retraité de la région de Pittsburgh, a également lu une courte prière. Les participants sont restés debout, cachés sous leur parapluie, certains en larmes.

— Associated Press

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Une collision aérienne fait un mort à Ottawa

Une personne est morte lorsque deux petits avions se sont heurtés en plein ciel au-dessus d’Ottawa, hier matin. Le plus petit des appareils, un Cessna 150, s’est écrasé dans un champ, près de l’autoroute 417. Son pilote est mort sur les lieux. L’autre avion – un Piper PA42 d’une dizaine de places – a pu être redirigé en catastrophe à l’aéroport d’Ottawa, où il a pu se poser de façon sécuritaire. À son bord se trouvaient un père et son fils, selon CTV. Le pilote du bimoteur a rapporté aux contrôleurs aériens que l’autre avion avait heurté le dessous de son appareil, ce qui a endommagé une partie de son train d’atterrissage. Malgré cela, il a pu se poser de façon sécuritaire à Ottawa. De nombreuses routes ont été fermées hier dans l’ouest de la capitale à la suite de la collision aérienne, a confirmé la police.

— Isabelle Hachey, La Presse, avec Le Droit, l’Agence France-Presse et La Presse canadienne

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Commémoration du jour du Souvenir à Montréal

Le jour du Souvenir a été commémoré avec un peu d’avance hier après-midi sur la place de Vimy, à Montréal, en présence de quelques dizaines de personnes. À une semaine du 100e anniversaire de la signature de l’Armistice, plusieurs dignitaires se sont réunis pour une cérémonie à la mémoire de ceux qui ont participé à la Première Guerre mondiale, dont la mairesse de l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce Sue Montgomery, le ministre fédéral des Transports Marc Garneau et la députée libérale Kathleen Weil. Des conseillers municipaux et des représentants de l’armée canadienne étaient aussi présents. Ces dignitaires ont déposé des couronnes de fleurs devant les six plaques de bronze du monument de la place de Vimy. De nombreuses cérémonies auront lieu le week-end prochain partout au Canada, en Europe, ainsi que dans tous les pays du Commonwealth. Une cérémonie et une procession sont notamment prévues à Montréal.

— Marissa Groguhé, La Presse

jeune homme noir abattu par le spvm au mois d’août

Marche pour Nicholas Gibbs à Montréal

Une centaine de personnes ont pris part hier à une marche en l’honneur de Nicholas Gibbs, jeune homme noir abattu par la police le 21 août dernier. « [Nicholas] n’était pas prêt à mourir », a tonné sa mère Erma Gibbs, s’adressant avec émotion à la petite foule réunie à l’intersection du boulevard De Maisonneuve et de l’avenue Montclair, là où son fils a été tué. Le groupe a lentement marché du parc Trenholme jusqu’au lieu où M. Gibbs est mort, scandant le slogan « Black lives matter » (les vies des Noirs comptent) et demandant « justice pour Nicholas Gibbs ». Les marcheurs étaient escortés par une dizaine d’agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) à vélo. La famille de Nicholas Gibbs a déposé mardi dernier une poursuite de plus de 1 million en dommages moraux et punitifs contre la Ville de Montréal. — Marissa Groguhé, La Presse

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Mort de l’ex-ministre péquiste Richard Le Hir

L’ancien ministre du Parti québécois Richard Le Hir est mort hier matin des suites d’un AVC, à l’âge de 71 ans. Né en 1947 à Versailles, en France, Richard Le Hir a été député d’Iberville de 1994 à 1997. Dès son arrivée en politique, dans le gouvernement de Jacques Parizeau, il a accédé au poste de ministre délégué à la Restructuration, qu’il a occupé de 1994 à 1995. Peu de temps après, il a quitté le caucus péquiste pour siéger comme indépendant pendant deux ans. Il ne s’est pas représenté lors des élections générales de 1998.

— Marissa Groguhé, La Presse

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