direction de la cia

La nomination de Gina Haspel franchit un cap décisif

La nomination de Gina Haspel à la tête de la CIA malgré son rôle controversé dans des programmes de torture a passé hier le cap décisif d’une commission du Sénat américain, avant un vote final de l’ensemble de la chambre haute du Congrès. Âgée de 61 ans, Mme Haspel avait créé la polémique pour avoir dirigé pendant au moins une partie de l’année 2002 une prison secrète de la CIA en Thaïlande, où les détenus suspectés d’appartenir à Al-Qaïda étaient fréquemment torturés. L’ensemble du Sénat, où les républicains détiennent une très courte majorité (51 contre 49), doit maintenant se prononcer. Le vote est attendu d’ici la fin du mois. — Agence France-Presse

« Lorsque nous, en tant qu'êtres libres, faisons chanceler la vérité, même sur des questions qui peuvent sembler les plus anodines, nous faisons chanceler les États-Unis. »

— L'ancien secrétaire d'État américain Rex Tillerson, qui, devant des diplômés du Virginia Military Institute, a laissé entendre que la démocratie américaine faisait face à une crise nationale croissante d'éthique et d'intégrité, alors que la vérité est menacée par des « réalités alternatives ». (AFP)

enquête russe

Publication de 2000 documents d’une commission du Sénat

Une commission du Sénat américain a publié hier 2000 documents provenant de son enquête sur une rencontre entre le fils aîné du président Donald Trump et des Russes ayant promis des informations compromettantes sur Hillary Clinton. Dans son témoignage, rendu public par la commission judiciaire dominée par les républicains, Donald Trump Jr. a assuré ne pas avoir parlé à son père à l’avance de cette rencontre à la Trump Tower de New York avec une avocate liée au Kremlin, qui s’est tenue cinq mois avant l’élection présidentielle de novembre. La rencontre a attisé les suppositions sur une possible collusion entre l’équipe de campagne de M. Trump et la Russie. — Agence France-Presse

San Francisco

Un hôpital qui porte le nom de Zuckerberg suscite la grogne

L’hôpital public général de San Francisco s’appelle « Zuckerberg » depuis que le patron de Facebook lui a fait une importante donation en 2015. Mais avec les scandales qui entourent le groupe, des infirmières se rebiffent. Un « très petit groupe de personnes » a manifesté devant le bâtiment le week-end dernier pour protester. Le nom du patron-fondateur de Facebook a même été recouvert de scotch bleu sur un des panneaux extérieurs de l’établissement à cette occasion, selon une photo publiée dans un quotidien. Le réseau social est accusé d’avoir insuffisamment protégé les données personnelles de dizaines de millions d’utilisateurs, qui se sont retrouvées à leur insu entre les mains de la firme Cambridge Analytica.

— Agence France-Presse

Sommet avec la Corée du Nord

Washington garde espoir malgré les menaces de Pyongyang

Washington a toujours « bon espoir » que le sommet prévu le mois prochain entre le président américain Donald Trump et son homologue nord-coréen Kim Jong-un se tienne, malgré les menaces de Pyongyang de tout annuler.

Dans un retour frappant à sa rhétorique traditionnelle, après des mois de rapprochement diplomatique dans la péninsule, la Corée du Nord a indiqué hier que la rencontre historique serait annulée si Washington cherchait à l’obliger à renoncer unilatéralement à son arsenal nucléaire.

« Si les États-Unis tentent de nous mettre au pied du mur pour nous forcer à un renoncement nucléaire unilatéral, nous ne serions plus intéressés par un tel dialogue », a déclaré le ministre adjoint des Affaires étrangères Kim Kye-gwan, cité par l’agence officielle KCNA, alors que le sommet est prévu le 12 juin à Singapour.

Pyongyang a aussi annulé une rencontre de haut niveau avec la Corée du Sud pour protester contre des exercices militaires annuels en cours entre Séoul et Washington, qualifiés de « provocation ».

« Nous avons toujours bon espoir que la réunion se tienne et nous agissons dans ce sens, mais en même temps, nous étions conscients du fait qu’il pouvait s’agir de négociations difficiles », a déclaré quelques heures plus tard la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, sur la chaîne Fox News.

« Comme le président l’a dit à plusieurs reprises, nous sommes prêts pour cette rencontre, et si elle se produit, c’est très bien, sinon, nous aviserons. »

— Sarah Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche

Mme Sanders a promis, en l’absence de compromis avec Pyongyang, de « poursuivre la campagne de pression maximale en cours ».

« Nous verrons », a plus tard réagi le président américain Donald Trump avec une grande prudence aux menaces de la Corée du Nord.

« Tentative sinistre »

Washington exige « la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible » de la Corée du Nord. Mais pour l’heure, celle-ci n’a pas rendu publiques les concessions qu’elle propose, hormis des engagements envers la dénucléarisation de la « péninsule coréenne », une formule sujette à interprétation.

« Pyongyang a clairement dit à maintes reprises que la condition préalable à la dénucléarisation est de mettre fin à la politique hostile envers la Corée du Nord, aux menaces nucléaires et au chantage des États-Unis », a poursuivi le ministre nord-coréen.

Par le passé, Pyongyang a exigé le retrait des troupes américaines déployées dans le Sud pour protéger Séoul de son voisin, de même que la fin du parapluie nucléaire américain sur son allié.

Le ministre a également tiré à boulets rouges sur le conseiller américain à la Sécurité nationale John Bolton, qui a évoqué le « modèle libyen » pour la dénucléarisation du Nord.

Il s’agit d’une « tentative sinistre d’imposer à notre digne État le destin de la Libye et de l’Irak », a-t-il lancé.

Le Nord justifie de longue date ses armes nucléaires par la menace d’invasion américaine. Après avoir renoncé à son programme atomique, le leader libyen Mouammar Kadhafi avait été tué lors d’un soulèvement soutenu par des bombardements de l’OTAN.

Recadrer les termes du débat

M. Kim a par ailleurs balayé la proposition du secrétaire d’État américain Mike Pompeo – qui s’est rendu deux fois à Pyongyang – selon laquelle les États-Unis pourraient apporter une aide économique à la Corée du Nord, en échange de la dénucléarisation.

Au cours des dernières semaines, outre un sommet rarissime avec le président sud-coréen Moon Jae-in dans la Zone démilitarisée qui divise la péninsule, Kim Jong-un a rencontré deux fois le président chinois Xi Jinping et annoncé qu’il détruirait la semaine prochaine son site d’essais nucléaires.

D’après les analystes, Pyongyang cherche à recadrer les termes du débat.

« C’est une tactique diplomatique. C’est la politique du précipice pour changer la position américaine. »

— Kim Hyun-wook, professeur à l’Académie diplomatique nationale de Corée

« On dirait que Kim Jong-un a été contraint d’accepter les exigences américaines de la “dénucléarisation d’abord” et qu’il tente maintenant de changer de position après avoir normalisé les relations avec la Chine. »

« La diplomatie classique de la Corée du Nord, marcher sur la corde raide entre la Chine et les États-Unis, a débuté », a ajouté cet analyste.

Des responsables américains ont martelé que la politique américaine de « pression maximum » sur Pyongyang avait porté ses fruits en le contraignant à discuter.

Pour Joshua Pollock, de l’Institut Middlebury d’études internationales, le Nord a été irrité par le ton « triomphaliste » de Washington.

Annulation indéfinie

Quelques heures plus tôt, KCNA avait qualifié les exercices militaires américano-sud-coréens Max Thunder de « provocation maléfique et malpolie ». Ces exercices en cours mobilisent une centaine d’avions, dont des chasseurs furtifs F22.

Séoul a déclaré qu’il avait été notifié de l’annulation « indéfinie » des pourparlers de haut niveau prévus hier, qualifiant la décision de « regrettable ».

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