« Nous demandons justice »

Les proches d’un couple mort dans l’écrasement du vol 752 en Iran espèrent que la pression internationale permettra de faire en sorte « que les coupables soient tenus responsables » de leurs actes, dans un pays où « plusieurs tragédies passent sous silence ».

Quand la rage surpasse la tristesse

Le mercredi 8 janvier 2020, l’écrasement d’un avion de ligne ukrainien à peine quelques minutes après son décollage a fait 176 victimes. La date restera à tout jamais gravée dans la mémoire d’Armin et d’Arash Morattab. Leur frère Arvin Morattab et sa femme, Aida Farzaneh, ont perdu la vie dans cette tragédie causée par un missile iranien.

Établis au Québec depuis l’automne 2011, ils achevaient un doctorat à l’École de technologie supérieure. Le couple habitait d’ailleurs tout près de l’établissement. La disparition d’Arvin Morattab, 36 ans, et d’Aida Farzaneh, 34 ans, laisse un vide incroyable dans la vie de leurs familles, atterrées.

« C’est un moment de grande tristesse pour nous, mais aussi de colère », admet Armin Morattab à La Presse dimanche après-midi, dans son appartement de Griffintown, au centre-ville de Montréal. La colère, elle est destinée au gouvernement iranien. « Ils ont d’abord tenté de cacher la vérité, pour ensuite admettre avoir abattu l’avion », poursuit le frère jumeau de la victime.

L’annonce de l’attaque américaine ayant causé la mort du puissant général iranien Qassem Soleimani avait mis Arash Morattab, frère de la victime, en état d’alerte. Il s’inquiétait d’une réaction imminente de la part de l’Iran. « J’ai prévenu mon frère qu’il pourrait y avoir des changements dans son vol de retour, qu’il devait faire attention parce que le contexte politique est très, très mauvais. »

Malgré les commentaires rassurants de son frère par texto, il restait nerveux. C’est sur Twitter qu’il apprend la nouvelle d’un écrasement d’avion. « Tout d’un coup, je suis devenu blanc. C’était le seul vol ukrainien en Iran pour Kiev », se remémore Arash Morattab, qui a vécu à Montréal, mais réside maintenant à Toronto. « J’ai pris le premier autobus pour rejoindre Armin ici, à Montréal. Même aujourd’hui, je me souviens à peine de ce trajet. »

De nombreuses informations sur la catastrophe circulaient sur les réseaux sociaux. Les deux frères les lisaient avec appréhension et guettaient leurs écrans de télévision avec angoisse. Peu à peu, ils réalisent avec horreur que leur plus grande peur s’est concrétisée : il s’agit bien du vol 752. Leur frère et leur belle-sœur font partie des victimes. 

La nouvelle les a laissés sous le choc. Arvin et Aida formaient un jeune couple ambitieux et tourné vers l’avenir, selon leur famille.

Lorsque le New York Times a confirmé qu’un missile iranien avait heurté le véhicule aérien, leur douleur d’avoir perdu deux êtres chers s’est transformée en rage.

« Le plus dur, c’était d’entendre les mensonges du gouvernement iranien les jours suivant la catastrophe. Ils ont d’abord parlé d’un problème technique », lance Arash Morattab d’un ton plein de reproches.

Le président de l’Iran, Hassan Rouhani, a fini par reconnaître samedi qu’un missile avait bel et bien abattu le vol d’Ukraine International Airlines après son départ de l’aéroport de Téhéran. L’armée iranienne a déclaré que l’avion avait été confondu avec un missile.

La tragédie survient sur fond de crise politique. « C’est triste. Les passagers n’ont pas posé d’actes politiques. Ce sont d’innocentes victimes », indique Arash Morattab.

« Quand le gouvernement iranien a admis avoir abattu l’avion par erreur, c’était comme apprendre que mon frère était mort pour la deuxième fois. Comment pouvez-vous justifier cet acte en disant qu’il s’agit d’une erreur ? Nous sommes en contexte de guerre. Pourquoi ne pas avoir annulé le vol ? », se demande quant à lui Armin Morattab. Une enquête exhaustive sera l’unique façon pour la famille de faire son deuil, ajoute-t-il.

Les deux frères souhaitent que la communauté internationale creuse cette histoire. « Rien ne pourra ramener notre frère et sa femme. Mais nous demandons justice. En Iran, il n’y en a aucune, et plusieurs tragédies passent sous silence. »

« Cette fois-ci, les médias du monde entier ont les yeux tournés vers ce drame, qui a coûté la vie à de nombreux citoyens canadiens et européens, plaide Armin Morattab. Ils [le gouvernement iranien] ne peuvent plus rien cacher. Nous croyons avoir beaucoup de soutien de la communauté internationale pour que les coupables soient tenus responsables. »

Selon lui, cette situation met en évidence le manque de confiance envers le régime iranien qui règne au sein de la diaspora. Le dossier doit faire l’objet d’une enquête approfondie menée par tous les acteurs importants à l’international. « Notre priorité, c’est que le gouvernement du Canada continue de nous aider et fasse pression pour que ce fiasco ne tombe pas dans l’oubli », insiste Armin Morattab.

Une communauté en deuil

La communauté irano-québécoise est en deuil. Et elle a soif de justice. Les révélations entourant l’écrasement de l’avion d’Ukraine International Airlines mercredi dernier ont secoué la diaspora iranienne, dont de nombreux membres font partie des victimes.

Une soirée à la mémoire des vies perdues a eu lieu dimanche à l’hôtel Evo, au centre-ville de Montréal. En fin d’après-midi, on y retrouvait des photos des victimes placardées à quelques endroits, entourées de bougies allumées discrètement par des gens en pleurs.

La foule réunie dans la salle de conférence de l’édifice était massive. Les murs amovibles d’une partie de l’immense pièce ont dû être retirés pour faire de la place à tous ceux venus honorer la mémoire des victimes qui se trouvaient à bord du vol 752. Tous se sont déplacés pour exprimer leur profonde tristesse, mais aussi leur indignation.

Les nombreux discours en farsi – langue parlée par la plupart des Iraniens – de différents acteurs de la communauté iranienne de Montréal ont fait pleurer l’assistance. Au fur et à mesure de la présentation des photos de chaque victime québécoise, des sanglots de plus en plus stridents perturbaient le silence de la salle.

Armin Morattab, frère jumeau de l’une des victimes, a pris la parole. Ses mots ont été suivis de cris et d’applaudissements.

« Nous sommes ensemble », scandaient les membres de la foule, les poings levés, la larme à l’œil et le regard défiant. 

Les insultes contre le gouvernement iranien fusaient des quatre coins de la salle. Les spectateurs avaient tous le regard triste, mais les yeux remplis de colère.

« Le premier choc pour nous tous, c’était l’écrasement de l’avion. Le deuxième, c’était d’apprendre que le gouvernement iranien avait tenté de cacher les véritables circonstances d’une tragédie sans nom », affirme sans équivoque Khosro Shemiranie, rédacteur en chef du journal Hafteh et coorganisateur de l’événement.

Le gouvernement iranien a admis plus tôt la semaine dernière avoir confondu l’avion avec un missile et l’avoir abattu par erreur. Cette révélation a ravivé de vieilles blessures chez de nombreux membres de la diaspora iranienne au Québec et au Canada. La plupart ont quitté leur pays d’origine avec un sentiment d’extrême méfiance à l’égard de la classe politique iranienne.

Razieh Razavynia, qui fait partie du comité organisateur de l’événement, pleure son amie Niloufar Sadr, qui a longtemps vécu à Montréal et fait partie des nombreuses victimes. Les trois enfants de Mme Sadr vivent maintenant à Toronto et seront à Montréal dans les jours à venir pour apporter leur soutien. La révélation du missile iranien jette de l’huile sur le feu, selon Mme Razavynia. « C’est une véritable insulte qui s’ajoute à la douleur. Un pays est censé protéger son peuple », déplore-t-elle.

« Un cancer pour le monde entier »

Plus de 200 Canadiens d’origine iranienne se sont également réunis au parc Trenholme, à Notre-Dame-de-Grâce, plus tôt dans la journée pour dénoncer le régime islamique d’Iran et son guide suprême, Ali Khamenei, qualifié tour à tour de « terroriste » et de « traître » par la foule.

L’organisateur de la manifestation, Ali Asghar Gorji, est l’oncle de Pouneh Gorji, l’une des victimes, nouvellement mariée, qui habitait Edmonton. Il a publié une vidéo sur Facebook, hier, invitant les membres de sa communauté à le rejoindre pour lancer un message au gouvernement de leur pays d’origine.

« Le régime iranien est un cancer pour le monde entier », a-t-il déclaré, avant de se faire reprendre par l’un de ses amis, pour qui le « régime iranien n’est pas un régime iranien, mais un régime islamiste ». M. Gorji a acquiescé.

« Monsieur Trudeau, en tant que politicien, il fait plus qu’il le faut. On apprécie cela. Mais ce n’est pas une affaire de politiciens, c’est une affaire de peuple », a ajouté Ali Asghar Gorji, la voix brisée. À maintes reprises, il a dit que l’attaque contre l’avion était « un tournant » dans sa vie.

Nimâ Machouf, candidate pour le Nouveau Parti démocratique aux dernières élections fédérales, était présente parmi les manifestants. Elle a dû quitter l’Iran à l’âge de 18 ans alors que son père, militant opposé à la « dictature religieuse », a été emprisonné à plusieurs reprises.

« On a besoin de se maintenir. On est en crise, on est en colère, on est en deuil. »

— Nimâ Machouf

« C’est le moment de la colère, a ajouté Mme Machouf. Les slogans ne sont plus juste des expressions d’insatisfaction et de demandes habituelles. Ce que les gens disent, c’est : “On veut que vous sacriez votre camp, vous êtes des assassins.” »

La conjointe d’Amir Khadir, est d’avis que le Canada devrait jouer un rôle de premier plan pour désamorcer les tensions qui agitent le monde aujourd’hui.

« Cette tragédie arrive dans un contexte de guerre imminente. Utilisons au moins ce contexte-là pour arriver à raisonner les deux parties belligérantes pour s’assurer qu’il n’y aura pas de guerre », a soutenu Mme Machouf.

Le triste épisode a coûté la vie à au moins six québécois, tous d’origine iranienne. Parmi eux, Siavash Ghafouri-Azar et Sara Mamani, un couple résidant à Brossard, Arvin Morattab et Aida Farzaneh, qui achevaient un doctorat à l’École de technologie supérieure, Shahab Raana, un homme dans la trentaine parti visiter sa famille en Iran et Mohammad Moeini, un employé de BRP à Valcourt, au Québec depuis quatre ans.

Les nouvelles du jour

Trudeau rend hommage aux victimes à Edmonton

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré qu’il était « déchirant » d’écouter les récits des proches des 57 Canadiens qui ont péri dans l’écrasement d’un avion de ligne ukrainien en Iran la semaine dernière. Alors qu’il participait à une cérémonie commémorative pour 13 victimes qui vivaient à Edmonton, dimanche, M. Trudeau a affirmé qu’il avait appris qui étaient ces personnes, ce qu’elles aimaient faire et quels étaient leurs espoirs pour l’avenir. Il a raconté que plusieurs de ces victimes étaient venues au Canada à la recherche de nouvelles possibilités pour leur famille. Bien que la tragédie ait durement frappé la communauté irano-canadienne, M. Trudeau a affirmé que c’était une tragédie canadienne et que tous les Canadiens étaient en deuil. Un autre rassemblement pour honorer les victimes a eu lieu plus tôt dimanche à l’Université de Toronto, qui a perdu six étudiants dans la tragédie.

Huit autres représentants canadiens attendus en Iran

Le Canada enverra huit autres représentants en Iran lundi pour participer à l’enquête sur l’écrasement d’avion et apporter de l’aide aux familles des 57 Canadiens qui ont péri dans la tragédie. Trois membres de l’Équipe permanente de déploiement rapide d’Affaires mondiales Canada sont arrivés samedi en Iran, où ils s’affairent à mettre en place une base d’opérations pour le gouvernement canadien. Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a déclaré dimanche que l’Iran avait approuvé des visas pour six autres membres de l’équipe, qui se trouvent actuellement à Ankara, en Turquie. Des visas ont également été délivrés pour deux experts du Bureau de la sécurité des transports. Les huit Canadiens devraient arriver en Iran lundi. Un autre membre de l’équipe de déploiement rapide devrait arriver à Ankara lundi et le ministre a dit s’attendre à ce que l’Iran lui accorde « rapidement » un visa. Ces représentants fourniront une assistance consulaire aux familles des Canadiens, notamment pour identifier les victimes, rapatrier les corps et participer à l’enquête. Les efforts du gouvernement canadien pour déployer une équipe en Iran ont été compliqués par le fait qu’Ottawa a rompu tous ses liens avec Téhéran en 2012, fermant son ambassade et rappelant tous ses diplomates.

Appel des Européens au respect de l’accord sur le nucléaire

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont appelé ensemble dimanche l’Iran à revenir « au plein respect » de ses obligations au titre de l’accord sur le nucléaire iranien, que Téhéran a commencé à détricoter dans un contexte de tensions avec les États-Unis. « Aujourd’hui, notre message est clair : nous restons attachés [à l’accord sur le nucléaire] et à sa préservation ; nous exhortons l’Iran à annuler toutes les mesures incompatibles avec l’accord  ; nous appelons l’Iran à s’abstenir de toute nouvelle action violente ou de prolifération  ; et nous restons prêts à engager le dialogue avec l’Iran sur cette base afin de préserver la stabilité de la région », indiquent les trois pays dans une déclaration commune. Les trois pays européens ont signé en 2015, avec les États-Unis, la Chine et la Russie, l’accord avec l’Iran sur le nucléaire, dont Donald Trump a décidé de sortir en 2018. Le président américain a récemment appelé les Européens à claquer à leur tour la porte de l’accord et à renforcer leur propre effort militaire au Moyen-Orient. Paris, Londres et Berlin préfèrent rappeler leur attachement à l’accord, tout en estimant « essentiel que l’Iran revienne au plein respect de ses obligations au titre de l’accord ». Téhéran a affirmé le 5 janvier ne plus se sentir tenu par aucune limite « sur le nombre de ses centrifugeuses » utilisées pour la production de combustible nucléaire. Cette annonce a été faite deux jours après l’élimination du général iranien Qassem Soleimani.

Manifestations : Trump met en garde Téhéran

Donald Trump a de nouveau mis en garde dimanche l’Iran contre la répression des manifestations, mais son ministre de la Défense a assuré que le président américain était prêt à discuter avec les dirigeants de la République islamique. « NE TUEZ PAS VOS MANIFESTANTS », a-t-il tweeté, au lendemain d’un premier message qui exhortait le régime de Téhéran à ne pas commettre « un autre massacre de manifestants pacifiques ». « Des milliers de personnes ont déjà été tuées ou emprisonnées par vous, et le monde vous regarde. Plus important, les États-Unis regardent », a écrit Donald Trump. Le locataire de la Maison-Blanche fait référence aux manifestations qui avaient éclaté à la mi-novembre en Iran après l’annonce d’une forte augmentation du prix de l’essence, faisant plus de 300 morts, selon Amnistie internationale.

Des Iraniens défient les forces de l’ordre

Des manifestants iraniens ont bravé la forte présence policière dimanche soir pour protester contre le régime et son rôle dans l’écrasement d’avion de mercredi dernier. Des vidéos publiées en ligne montraient des manifestants criant des slogans antigouvernementaux dans des stations de métro et sur des trottoirs, notamment près de la place de la Liberté à Téhéran. D’autres vidéos suggéraient que des manifestations similaires avaient eu lieu dans d’autres villes iraniennes. Des policiers antiémeute portant des uniformes et des casques noirs étaient bien visibles dimanche sur la place Vali-e Asr, à l’Université de Téhéran et à d’autres endroits stratégiques de la capitale, alors que des appels à manifester circulaient.

Une base irakienne attaquée par des roquettes

Quatre membres de l’armée irakienne ont été blessés dimanche lors d’une attaque à la roquette visant une base aérienne au nord de Bagdad où sont postés des formateurs américains, ont indiqué des responsables de la sécurité irakienne. L’attaque, qui a impliqué au moins six roquettes, est survenue quelques jours seulement après les tirs de missiles iraniens sur deux bases en Irak qui abritent les forces américaines, sans faire de victimes. Les tirs de dimanche ont blessé un officier de l’armée de l’air irakienne et trois recrues. L’attaque n’a pas été revendiquée jusqu’à maintenant. Les roquettes ont frappé la base aérienne de Balad, qui accueille des formateurs américains, des conseillers et une société qui fournit des services de maintenance pour les F-16. Certaines roquettes sont tombées sur un restaurant à l’intérieur de la base, ont indiqué les responsables. La base est située à environ 80 kilomètres au nord de Bagdad.

Le président de Maple Leaf Foods cause une polémique sur Twitter

Les propos du dirigeant de l’entreprise agroalimentaire canadienne Maple Leaf Foods ont fait un tollé sur Twitter, dimanche soir, alors qu’un de ses collègues a perdu sa femme et son fils de 11 ans dans l’écrasement d’avion. Dans une série de gazouillis publiés sur le compte Twitter de l’entreprise, Michael McCain exprime son profond désarroi et montre du doigt « les actions irresponsables » de Washington qui ont, selon lui, menées au drame survenu mercredi. Il fait allusion au président américain Donald Trump, qu’il décrit comme un être « narcissique ». M. McCain a obtenu le soutien de nombreux lecteurs ébahis par ses tweets. Plusieurs le remerciaient de sa franchise et le félicitaient d’avoir eu l’audace et le courage d’exprimer son opinion. Il s’est également attiré les foudres de plusieurs autres, qui l’accusaient de soutenir le régime iranien. Le mot-clic #BoycottMapleLeafFoods accompagnait quelques publications.

Troublante vidéo de la mère d’une victime

Une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux semble montrer la mère d’une des victimes canadiennes de l’écrasement d’avion en Iran supplier désespérément le gouvernement canadien de l’aider pour que les autorités iraniennes ne l’empêchent pas de récupérer le cadavre de son enfant et de l’enterrer selon la tradition. Le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne a réagi à la vidéo, qualifiant les allégations de troublantes. On y entend une femme crier son désespoir, qui semble demander de l’aide aux passants dans la rue. Selon la traduction de Masih Alinejad, qui a partagé la vidéo, la femme implore l’aide du Canada. « Ne laissez pas le sang de mon enfant être bafoué, aidez-moi, je suis une mère au cœur brisé, mon enfant n’était plus Iranien, il était Canadien. » La détresse est facilement palpable dans la voix de cette dame qui crie que « personne ne peut prendre le sang de son enfant, seulement le gouvernement canadien ».

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