GP du Canada  Essais libres

Avantage Ferrari

Victime d’une rare erreur de sa part, Lewis Hamilton a regardé, impuissant, ses rivaux directs animer le spectacle hier après-midi. Mais tout n’est pas joué : le favori entend bien montrer qu’il est le roi du circuit Gilles-Villeneuve.

Essais libres

des ennuis… sauf pour Ferrari

Sebastian Vettel disait jeudi que le Grand Prix du Canada allait être déterminant pour Ferrari, et l’équipe italienne a fort bien amorcé le week-end en dominant la première journée d’essais libres, hier, sur le circuit Gilles-Villeneuve.

Devancés jusqu’ici cette saison par les pilotes de l’équipe Mercedes, Charles Leclerc (1 min 12,177 s) et Vettel (1 min 12,251 s) ont été les plus rapides en après-midi, tout juste devant la Mercedes de Valtteri Bottas (1 min 12,311 s).

« C’est bien d’être premier, mais il ne faut pas accorder trop d’importance à cette première hiérarchie, a insisté Leclerc en point de presse. Ce circuit favorise notre vitesse de pointe, mais je crois que Mercedes reste la référence, malgré la sortie d’Hamilton. Lewis est toujours là au bon moment et je sais qu’il sera encore à l’avant [aujourd’hui] en qualifications. Nous, on va faire de notre mieux afin d’être bien placés sur la grille. »

Le favori Lewis Hamilton, qui avait été le plus rapide le matin, n’a en effet pu terminer que huit tours dans la deuxième séance. Il a perdu la maîtrise de sa Mercedes à la sortie du virage 9 et la partie arrière droite de sa voiture a été sérieusement endommagée.

« Ça faisait longtemps que je n’avais pas raté une séance d’essais presque au complet, a-t-il souligné. Je me sens un peu comme l’élève qui a fait une bêtise et qui a hâte de retrouver sa place ! »

« C’est vraiment une erreur bête : j’effectuais une séquence sur les pneus médium et je cherchais leur limite. Visiblement, je l’ai un peu dépassée… »

— Lewis Hamilton

« Heureusement, Valtteri [Bottas] a fait du bon boulot et nous aurons suffisamment de données pour bien travailler. Et je sais que l’équipe va remettre ma voiture en parfait état de marche afin que j’aie une meilleure journée demain ! »

Bottas a confirmé que sa Mercedes avait une marge de progression. « Le nouveau moteur est un peu plus puissant, pas beaucoup, mais suffisamment pour qu’on sente la différence et c’est positif. Nous étions forts dans les séquences courtes et longues, mais Ferrari est très rapide en lignes droites et j’anticipe une belle bataille [aujourd’hui, en qualifications]. »

un circuit poussiéreux et des pneus capricieux

Lewis Hamilton n’a pas été le seul à connaître des ennuis. Max Verstappen a lui aussi commis une faute, touchant le « mur des champions », de l’avant droit, à la sortie de la chicane. Les mécanos de Red Bull ont toutefois réussi à réparer la voiture juste avant la fin de la séance, le temps de vérifier que tout était en ordre sur la voiture.

« Le circuit est vraiment très poussiéreux, encore plus que par le passé. »

— Max Verstappen

« J’ai dû utiliser quatre ou cinq visières différentes, alors que je n’en utilise qu’une habituellement, a expliqué le Néerlandais, qui s’est contenté du 13e temps, tout juste derrière son coéquipier Pierre Gasly. Espérons que les conditions s’amélioreront. »

Derrière les trois premiers, Carlos Sainz (McLaren), Kevin Magussen (Haas), Hamilton, Sergio Pérez (Racing Point), Daniel Ricciardo (Renault), Nico Hülkenberg (Renault) et Lance Stroll (Racing Point) ont complété le top 10.

Dans l’ensemble, tous les pilotes ont éprouvé des ennuis à trouver un bon équilibre en piste et ce sont encore les pneus qui ont été montrés du doigt. Pirelli a décidé d’apporter ses trois gommes les plus tendres à Montréal cette semaine et aucune d’elles ne semble adaptée à la surface du circuit.

La dernière séance d’essais libres de ce matin sera donc particulièrement importante pour évaluer toutes les options et déterminer la meilleure stratégie pour la course de demain.

Le directeur technique de l’équipe Racing Point, Andrew Green, a par ailleurs rappelé que la surface du circuit Gilles-Villeneuve évoluait beaucoup au cours d’un week-end de Grand Prix.

« C’est sûrement le circuit le plus sale de la saison quand débutent les premiers essais libres. Heureusement, l’adhérence évolue rapidement. Aujourd’hui, nous aurions été beaucoup plus rapides en fin de journée même si nous n’avions rien touché à la voiture ! C’est important d’en tenir compte et de ne pas présumer que nos réglages étaient nécessairement meilleurs cet après-midi.

« Nous sommes plus compétitifs qu’à Monaco ou à Barcelone, c’est certain, mais la situation est encore indécise, a estimé Green. Le choix des pneus sera très important pour tout le monde et on ne sait pas encore s’il faudra arrêter une fois ou deux en course. Nous avons encore beaucoup de boulot avant les qualifications, puis encore davantage avant la course ! »

Lance Stroll

Cap sur les qualifs

Le Québécois Lance Stroll est déjà « en mode qualifications ».

Ça veut dire deux choses. L’attitude d’abord. Finis les longues réponses, les sourires, les blagues qui ponctuaient son entraînement sur glace avec le Canadien de Montréal. Le pilote Racing Point présente maintenant le visage impassible du compétiteur. 

Ça veut dire aussi que Stroll pense à accomplir ce qu’il n’a pas encore accompli en six courses cette saison : passer en Q2, donc à la deuxième portion de la séance de qualifications. Rappel des règlements : après les 18 premières minutes de la séance, les cinq pilotes les plus lents sont exclus. Chaque fois cette saison, Stroll s’est retrouvé dans ce groupe. 

Hier, lors de la deuxième séance d’essais libres, il a réalisé le 10e temps, à 0,994 s du temps de référence de Charles Leclerc, sur Ferrari. Mieux encore, son temps dépassait d’à peine 0,168 s celui de son coéquipier Sergio Pérez, qui fait généralement mieux que lui cette saison. 

Bref, une bonne journée au bureau. 

« C’est une pratique, ça ne veut rien dire encore [d’être près de Pérez]. Il y a des endroits où je dois m’améliorer. Pour chaque pilote, c’est ça le jeu. »

« La voiture est à l’aise à Montréal. C’est un des meilleurs vendredis qu’on a eus depuis plusieurs semaines. »

— Lance Stroll

Même qu’avec un top 10 aux essais libres, il peut rêver à la troisième et dernière portion des qualifications (vous l’aurez compris, les cinq plus lents sont exclus à la fin de la deuxième portion, ou Q2, et les dix plus rapides passent en Q3). 

« Nous sommes dans la lutte, il faut continuer à travailler sur l’équilibre de la voiture et sur les performances. Le milieu de peloton est très serré et les autres aussi vont tout donner. […] Je vais faire de mon mieux et offrir le meilleur que la voiture pourra donner. » 

Très serré, c’est le moins que l’on puisse dire. Les positions 1 à 10 étaient dans la même seconde. Les positions 5 à 10 étaient dans le même… quart de seconde au tour, un claquement de doigts. 

Pneus 

Pour cette séance d’essais libres, Stroll a aussi testé les performances de ses pneus tendres, les plus rapides, mais par conséquent les moins durables. La raison est la suivante : s’il accède à la Q3, et il aura sans doute besoin des pneus tendres pour y arriver, il doit ensuite commencer la course avec ce même type de pneus. Donc, il devient impératif de profiter des essais libres pour faire des tests de dégradation et ainsi ajuster sa stratégie de course.

Les mécaniciens de Racing Point étaient d’ailleurs à recueillir des échantillons du caoutchouc fondu des pneus tout de suite après la journée de travail en piste. 

« C’est un circuit, lors de la première séance d’essais libres, qui était très “vert”, il y a eu beaucoup d’améliorations entre les deux séances. On roulait sur le pneu qualif à la fin, c’est un bon niveau d’adhérence. [Aujourd’hui], c’est sûr que ça va aller encore mieux. »

— Lance Stroll

La séance a aussi été marquée par un très léger accrochage entre Stroll et la Haas de Romain Grosjean. Avec 11 minutes au cadran, Stroll a doublé Grosjean, puis a rapidement repris sa ligne de course avant d’entrer dans un virage. Sauf que Grosjean aussi allait s’engager dans ce virage. Il a été forcé au tout-droit pour éviter d’endommager les voitures. 

Grosjean a immédiatement lâché un « Mate ! » (traduction libre : Heille, l’ami !) dans les communications radio. 

Il faut dire que les deux pilotes n’en sont pas au premier incident du genre. Leurs voitures se sont heurtées à la sortie du virage 2 au Grand Prix du Bahreïn, plus tôt cette saison. Stroll avait endommagé son aileron, Grosjean avait subi une crevaison qui l’avait finalement forcé à l’abandon après 16 tours. Irrité, il avait alors déclaré que Stroll « avait fait un attentat » sur lui, rien de moins. 

Hier, Stroll est resté plus stoïque dans son interprétation des événements. 

« Un petit accrochage, j’ai continué sans problème. Je n’ai pas regardé la reprise, je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. » 

Pour résumer, de quoi Stroll a-t-il besoin pour la qualif de cet après-midi ? « Plus d’adhérence, plus de puissance. » C’est beaucoup, mais à première vue, c’est déjà moins que d’habitude.

Williams

Une autre étape pour nicholas Latifi

Nicholas Latifi a été le moins rapide de la première séance d’essais libres, hier matin, avec un tour en 1 min 16,199 s, à plus de 3 secondes du meneur Lewis Hamilton. Le pilote de réserve de l’équipe Williams était néanmoins fort satisfait d’avoir eu l’occasion de rouler dans le cadre de son Grand Prix national.

« Le chrono n’était pas vraiment important, a rappelé le Canadien, hier midi, en point de presse. Le but était de réaliser le programme d’essais prévu par l’équipe et nous l’avons fait. J’ai pu terminer plusieurs tours [33], ce qui s’ajoute à mon expérience de la F1.

« Je n’ai pas vraiment poussé à l’extrême limite – il ne fallait pas aller dans le mur ! –, mais je me suis quand même amusé. »

Entouré des membres de sa famille et de nombreux amis, le Torontois a retrouvé avec plaisir le chaleureux public montréalais. Il avait déjà roulé l’année dernière lors de la même séance du vendredi matin, alors qu’il était pilote de réserve chez Force India.

« J’étais beaucoup mieux préparé cette année. J’ai déjà fait trois journées d’essais avec Williams cette saison et j’ai vraiment l’impression de faire partie de l’équipe. »

— Nicholas Latifi

« Et je savais aussi à quoi m’attendre ; l’ambiance et la pression sont très différentes pendant un week-end de Grand Prix. »

C’est le pilote titulaire, Robert Kubica, qui a repris le volant de la Williams en après-midi pour la deuxième séance d’essais libres. Latifi, lui, devra se contenter d’un rôle de spectateur pour le reste du week-end, en espérant accéder bientôt à la F1 sur une base permanente.

« Pour l’instant, ma priorité est d’obtenir la “superlicence” de la FIA, a-t-il expliqué. Je suis actuellement en tête du championnat de F2 et il me suffirait de terminer parmi les cinq premiers au classement pour l’obtenir. Cela dit, c’est sûr que mon but est d’être champion, car cela augmenterait mes chances de trouver un volant en Grand Prix. »

Latifi n’est pas sans savoir que les cinq derniers champions de F2 ont tous accédé à la F1 la saison suivante. Avec le soutien financier de son père et de plusieurs commanditaires canadiens, le pilote de 23 ans pourrait bien être le sixième… s’il gagne le championnat.

Horaire du week-end

AUJOURD’HUI

7 h 30 : Ouverture du site au public

8 h : Formule 1 Exercice des arrêts aux puits des équipes

De 9 h à 9 h 30 : Formula Tour 1600 séance de qualifications

De 11 h à 12 h : Formule 1 3e séance d’essais libres

De 12 h 20 à 12 h 55 : Challenge Ferrari séance de qualifications

De 14 h à 15 h : Formule 1 séance de qualifications (20 en Q1, 15 en Q2, 10 en Q3)

De 15 h 30 à 16 h : Challenge Ferrari 1re course incluant tour de formation

De 16 h 35 à 17 h :  Challenge Coupe Porsche GT3 1re course incluant tour de formation

De 17 h 35 à 18 h 05 : Formula Tour 1600 1re course incluant tour de formation

DEMAIN

7 h 30 : Ouverture du site au public

De 9 h 15 à 9 h 45 : Formula Tour 1600 2e course incluant tour de formation

De 10 h 15 à 10 h 45 :  Challenge Coupe Porsche GT3 2e course incluant tour de formation

De 11 h 15 à 11 h 45 : Challenge Ferrari 2e course incluant tour de formation

12 h 30 : Formule 1 Défilé des pilotes

13 h : Formule 1 Présentation de la grille de départ

14 h 10 : Formule 1 Grand Prix du Canada 2019 70 tours ou 120 minutes

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