Jeux vidéo

Sony met la main sur le leader montréalais Audiokinetic

Un des joyaux montréalais les plus discrets, Audiokinetic, spécialisé dans la conception sonore des jeux vidéo, sera racheté par Sony.

La transaction, annoncée hier par les deux entreprises à un prix qui n’a pas été dévoilé, devrait être bouclée le 31 janvier prochain. Audiokinetic sera alors entièrement propriété de Sony Interactive Entertainement (SIE), la filiale du géant japonais consacrée aux jeux vidéo qui commercialise la PlayStation.

« On reste indépendant et neutre, une entité canadienne qui continue d’être exploitée ici, précise en entrevue le PDG et fondateur d’Audiokinetic, Martin H. Klein. Notre grande force, c’est qu’on travaille avec tous les manufacturiers et que l’on compte sur une communauté de développeurs à travers le monde dont on est très proches. Les gens de Sony sont très sensibles à ça. »

Né d’une « frustration »

Audiokinetic, fondé en 2000 par M. Klein, un ancien d’Ubisoft Montréal, commercialise la suite de logiciels Wave Works Interactive Sound Engine (Wwise), la plus populaire du monde avec sa communauté de 60 000 développeurs. Elle est compatible avec 21 plateformes, notamment les trois grandes consoles, Android, iOS et Windows. 

Chaque année, selon l’entreprise, elle est utilisée pour la conception sonore de plus d’un demi-millier de jeux, des indépendants jusqu’aux mégaproductions des grands studios. Konami, Ubisoft, Insomniac et WB, notamment, y recourent. 

L’audio de certains jeux de franchises comme Assassin’s Creed, Batman : Arkham, Bayonetta, Hitman, Starlink, Destiny, Resident Evil et Deus Ex a été conçu sur Wwise.

La suite de logiciels Wwise est née de ce que le fondateur d’Audiokinetic identifiait à l’époque comme une « frustration », le fait de devoir recommencer la partie audio des jeux pratiquement à zéro pour chaque projet. À l’image de ce que proposent des plateformes comme Unity et Unreal pour la vidéo, Wwise offre des modules, du traitement sonore, de la synchronisation, des banques de sons et des effets qui raccourcissent considérablement le temps de programmation.

Partenaire recherché

Outre le jeu vidéo, Audiokinetic investit dans la recherche pour la sécurité et l’ambiance sonore dans les automobiles, en collaboration avec des fabricants. Depuis deux ans, l’entreprise montréalaise était en quête d’un partenaire pour assurer sa croissance à plus long terme, explique son PDG.

« À un moment donné, on a besoin d’un partenaire solide pour grandir, on avait établi des critères très précis, et Sony est un très beau “fit”. Eux aussi sont partis de l’audio – Sony veut dire “son” à l’origine –, on aime leur culture et leur vision. »

Il s’agit d’une première présence montréalaise importante pour Sony, note M. Klein, une bonne nouvelle pour l’industrie du jeu vidéo de la métropole.

La plafetorme Wwise est offerte gratuitement pour un usage non commercial ou les petits développeurs. Pour les plus gros projets, les studios doivent payer une licence Pro, à 995 $, ou Premium, à 23 900 $. L’entreprise compte une soixantaine d’employés à ses bureaux rue Saint-Jacques, dans le Vieux-Montréal, une dizaine dans ses filiales au Japon, en Chine et en Europe.

Renault/Nissan

Carlos Ghosn se dit « faussement accusé »

Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, s’est dit « faussement accusé et détenu de manière injuste », lors de sa première comparution devant un juge, près de deux mois après son arrestation surprise à Tokyo.

Le magnat de l’automobile de 64 ans, qui a subi une chute brutale après être devenu un personnage tout-puissant, s’est défendu d’une voix claire et forte, sans montrer d’émotion, au cours d’une audience qui a attiré les médias du monde et de nombreux curieux.

Vêtu d’un costume sombre, sans cravate, sandales vertes en plastique aux pieds, il est apparu amaigri, les joues creuses, menotté, avec une corde autour de la taille avant le début de la séance qui a duré quasiment deux heures.

S’exprimant en anglais, il a rappelé avoir consacré « deux décennies de sa vie à relever Nissan et bâtir l’alliance », une entreprise qu’il dit aimer.

Le dirigeant franco-libano-brésilien affirme « avoir agi avec honneur, légalement et avec la connaissance et l’approbation des dirigeants de la compagnie », selon une déclaration écrite qu’il a lue.

Risque de fuite

Le juge a justifié de son côté son maintien en détention par un risque de fuite à l’étranger « où il a des bases » et d’altération de preuves.

Dès les premières heures de la matinée, une longue queue s’était formée devant le tribunal. Plus d’un millier de personnes, parmi lesquelles de nombreux journalistes étrangers, ont patienté dans le froid pour tenter de décrocher une des rares places dans la salle : seulement 14 tickets ont été alloués par tirage au sort à des membres du public, pour assister à la comparution du célèbre accusé.

L’ambassadeur de France au Japon, Laurent Pic, était présent « dans le cadre de la protection consulaire », tout comme son homologue du Liban.

La procédure de comparution de ce type est rare, seulement 0,6 % des détenus ont fait une telle requête l’an dernier. Elle n’a quasiment aucune chance de changer le cours des choses mais la portée symbolique est forte pour M. Ghosn, qui a pu rompre le silence médiatique dans lequel il était muré depuis plusieurs semaines.

« Même si ça n’est que dix minutes, pour lui c’est très important de pouvoir dire au monde sa vérité à lui », a réagi Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile situé à Paris.

En prison jusqu’au procès ?

Son équipe d’avocats, menée par un ancien procureur, Motonari Otsuru, va déposer une demande de fin de détention pour son client qui est actuellement en garde à vue jusqu’à vendredi sur les soupçons d’abus de confiance.

Il risque cependant une nouvelle inculpation sur ces faits, a confié M. Otsuru à la presse. Le cas échéant, cela déclencherait le début d’une nouvelle période de détention provisoire, venant se superposer à celle déjà en cours à la suite de sa première mise en examen le 10 décembre pour dissimulation de revenus.

Après des espoirs déçus en décembre, peut-il malgré tout être relâché sous caution ? « De manière générale, dans les cas de déni total des accusations d’abus de bien confiance, la libération sous caution n’est le plus souvent pas approuvée jusqu’à l’ouverture du procès », qui ne devrait pas intervenir avant six mois au moins, a déclaré l’avocat.

La longueur de sa détention étonne à l’étranger où certains s’offusquent de la dureté du système judiciaire japonais.

Ses proches aussi se sont indignés. Deux de ses filles, interviewées par le New York Times, s’interrogeant sur une cabale de Nissan afin de contrer un éventuel projet de fusion avec Renault.

Secteur pharmaceutique

Shoppers vend du cannabis en ligne en Ontario

La plateforme de commerce électronique de Shoppers Drug Mart destinée à la vente de cannabis médicinal a été lancée hier, un mois après que Santé Canada eut autorisé le détaillant à vendre ce produit en ligne. L’information sur les produits est diffusée à l’échelle nationale, mais Shoppers Drug Mart, connue au Québec sous l’enseigne Pharmaprix, ne peut initialement vendre du cannabis médicinal qu’à des patients en Ontario. Les patients seront tenus de présenter un document médical semblable à une ordonnance à une pharmacie ontarienne pour lancer le processus. Des conseillers spécialisés contacteront ensuite les patients, vérifieront leurs antécédents médicaux et fourniront du soutien pour l’enregistrement en ligne et la sélection de produits. Shoppers Drug Mart indique avoir signé des accords d’approvisionnement avec 10 producteurs autorisés de cannabis séché et d’huile de cannabis. Elle fournira en outre des produits et des accessoires médicaux. — La Presse canadienne

Commerce international

Trump optimiste sur les discussions avec Pékin

Les discussions entre des hauts fonctionnaires chinois et américains à Pékin pour régler le différend commercial entre les deux pays « se passent très bien », a affirmé Donald Trump hier sur Twitter. Un optimisme qui a rasséréné les marchés. Le président américain n’a donné aucun autre détail, alors que les négociateurs ont planché pour le deuxième jour consécutif dans la capitale chinoise et ont indiqué qu’ils se retrouveraient une nouvelle fois aujourd’hui. Cette troisième journée de négociations n’était pas prévue initialement, car les autorités chinoises avaient parlé de seulement deux jours de rencontre. La délégation américaine conduite par l’adjoint au représentant américain au Commerce, Jeffrey Gerrish, n’a fait aucun commentaire. — Agence France-Presse

Commerce

Les tensions commerciales pèsent sur la planète

Le conflit commercial entre les deux premières puissances économiques mondiales, les États-Unis et la Chine, inflige déjà des dommages collatéraux, et menace de nuire davantage à l’économie mondiale, a averti hier la Banque mondiale. Selon les projections semestrielles de l’institution, la croissance mondiale va ralentir à 2,9 % cette année (- 0,1 point par rapport aux prévisions de juin) et 2,8 % en 2020. Celle de l’économie américaine, au centre du conflit sur les échanges, va atteindre 2,5 % cette année, soit 0,1 point de moins que prévu en juin, et tomber à 1,7 % en 2020 (- 0,3 point). — Agence France-Presse

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