États-Unis

Le milliardaire Ross Perot, trublion de la politique, n’est plus

Washington — Magnat milliardaire de l’informatique qui avait secoué la politique américaine en se présentant deux fois à la Maison-Blanche en candidat indépendant, Ross Perot s’est éteint mardi à 89 ans.

« Dans ses affaires comme dans la vie, Ross était un homme d’action intègre », ont écrit ses proches, précisant que le Texan était mort tôt chez lui à Dallas, entouré de sa famille.

Ross Perot souffrait d’une leucémie, diagnostiquée en février, selon le journal Dallas Morning News.

Score remarqué

Silhouette fluette et voix nasillarde, ce petit homme – 1,65 mètre – pratiquait volontiers la bonhomie en public, mais n’en avait pas moins manifesté, tout au long de sa vie, une détermination farouche.

Au point de marquer l’histoire politique américaine en enregistrant, en 1992, le meilleur score depuis 1912 pour un candidat indépendant à la Maison-Blanche.

En s’attirant 18,9 % des voix, il avait précipité la défaite du républicain George Bush face au démocrate Bill Clinton.

George W. Bush, fils du candidat républicain malheureux, avait plus tard déclaré que M. Perot était en partie responsable de la défaite du patriarche qui briguait une réélection. Pas rancunier, celui qui est lui-même devenu président a salué mardi la mémoire d’« un grand patriote ».

« Ross Perot incarnait l’esprit d’entrepreneuriat et l’éthique américaine. »

— George W. Bush, dans un communiqué

En 1996, Ross Perot s’était présenté sous les couleurs de la formation qu’il avait fondée, le Parti de la réforme, mais n’avait remporté que 8 % des suffrages.

Chaque fois, il s’était présenté pour défendre «  une réforme des campagnes [électorales], la protection des travailleurs américains affectés par la sous-traitance et la réduction de la dette nationale  », souligne sa nécrologie, publiée sur son site officiel.

D’après son fils Ross Perot Jr., il ne s’était pas présenté pour obtenir «  un bénéfice personnel  ». «  C’était un homme d’affaires frustré par ce qu’il voyait et qui voulait aider à régler les problèmes du pays  », a-t-il confié au Dallas Morning News.

Self-made-man

Marié, Ross Perot était père de cinq enfants.

Né le 27 juin 1930 à Texarkana, pendant la Grande Dépression, ce self-made-man s’était décrit – en annonçant sa seconde candidature en 1996 – comme « un petit garçon du Texas qui a vécu le rêve américain ».

Rappelant l’image typique du cowboy texan, sa nécrologie signale qu’il « avait lancé sa carrière d’homme d’affaires en vendant des selles, puis en évoluant ensuite jusqu’à vendre les chevaux également ».

Mais c’est dans l’informatique qu’il a bâti sa fortune, récemment estimée à 4 milliards de dollars par le magazine Forbes.

Après des études à l’Académie navale, « son rêve depuis longtemps », l’ancien boy-scout avait quitté la marine pour se lancer dans la vente d’ordinateurs chez IBM.

En 1962, il avait créé sa propre entreprise, Electronic Data Systems (EDS), qu’il a dirigée d’une main de fer avant de la vendre pour 2,5 milliards de dollars à General Motors en 1984.

Il avait ensuite fondé une autre société informatique, baptisée Perot Systems, vendue en 2009 à Dell pour 3,9 milliards de dollars.

Verve et sens de la répartie

La candidature en 1992 de l’homme d’affaires avait provoqué une première dans l’histoire des présidentielles américaines : trois candidats de camps opposés avaient partagé le plateau des débats.

Le style de Ross Perot avait alors tranché avec le ton plus pompeux du président Bush.

Sa verve et son sens de la repartie avaient délecté les téléspectateurs, comme lorsqu’il n’avait pas hésité à tourner ses grandes oreilles en dérision en déclarant « Je suis tout ouïe », ou qu’il avait renvoyé dans les cordes le président Bush qui lui reprochait son manque d’expérience : « C’est vrai, je n’ai aucune expérience dans l’accumulation d’une dette de 4000 milliards de dollars […], mais j’ai beaucoup d’expérience lorsqu’il s’agit d’agir ».

Ross Perot et sa femme ont donné des millions de dollars à des œuvres caritatives. Et, en pleine Révolution islamique de 1979 en Iran, il avait « organisé et financé » une mission pour secourir deux employés d’EDS pris en otages à Téhéran, souligne son site.

Pour ses funérailles, dont la date n’a pas encore été fixée, la famille demande «  qu’au lieu de fleurs […] les contributions aillent aux œuvres caritatives de Ross  ».

États-Unis

Trump se déchaîne contre l’ambassadeur du Royaume-Uni

Le président des États-Unis a qualifié Kim Darroch d’« imbécile prétentieux »

WASHINGTON — Piqué au vif, Donald Trump s’est déchaîné hier contre l’ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, qualifié d’« imbécile prétentieux », alimentant une tempête diplomatique qui occupe désormais une place centrale dans la course à la succession de Theresa May.

Le président des États-Unis avait initialement réagi avec retenue à la publication samedi dans la presse de câbles diplomatiques qui auraient dû rester secrets et dans lesquels l’ambassadeur, Kim Darroch, dressait le portrait peu flatteur d’un président erratique à la tête d’une Maison-Blanche chaotique.

Mais le milliardaire américain a changé de ton. « L’étrange ambassadeur que le Royaume-Uni a refilé aux États-Unis n’est pas une personne qui nous emballe, un type très stupide », a-t-il tweeté, réitérant par ailleurs ses attaques contre la première ministre britannique au moment où le Royaume-Uni se prépare – dans la douleur – à l’après-Brexit.

« J’ai dit à Theresa May comment conclure un accord, mais elle a fait à sa façon ridicule – incapable d’y parvenir. Un désastre ! »

— Donald Trump

Les deux candidats à la succession de Mme May ont réagi très différemment aux propos vengeurs du président américain.

Le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a vivement dénoncé des propos « irrespectueux et faux ».

Boris Johnson, lui, a mis en avant ses « bonnes relations » avec Donald Trump. Interrogé sur les attaques de ce dernier visant Mme May, il s’est montré particulièrement conciliant vis-à-vis du locataire de la Maison-Blanche : « J’ai moi-même fait des déclarations très critiques sur la façon dont les négociations sur le Brexit ont été menées. »

Les deux rivaux ont été interrogés sur le sujet lors de leur débat d’hier soir sur la chaîne ITV.

À la question de savoir s’il maintiendrait l’ambassadeur Darroch en poste s’il devenait chef du gouvernement, M. Johnson a esquivé. « Je ne vais pas être assez présomptueux pour penser que je serai dans la position » de prendre une décision à ce sujet, a-t-il dit.

M. Johnson a relevé que M. Trump avait été entraîné dans une controverse politique britannique, et « je ne pense pas que c’était nécessairement une bonne chose à faire pour lui », a-t-il dit.

« Mais notre relation avec les États-Unis a une importance fantastique », a souligné l’ancien ministre des Affaires étrangères, qui a déclaré avoir « une très bonne relation avec la Maison-Blanche ».

Fin des relations ?

Lundi, M. Trump avait assuré que ses équipes n’auraient « plus de contacts » avec le diplomate britannique en poste dans la capitale fédérale américaine depuis janvier 2016.

Le département d’État a cependant affirmé hier n’avoir reçu aucun ordre de ne pas interagir avec l’ambassadeur du Royaume-Uni. « Nous continuerons à travailler avec tous les diplomates accrédités tant que nous n’aurons pas reçu d’autres instructions de la part de la Maison-Blanche », a déclaré Morgan Ortagus, porte-parole de la diplomatie américaine.

Pour Downing Street, qui a assuré que Kim Darroch avait toujours « le plein soutien de la première ministre », l’équation est délicate. Si la publication de ces notes confidentielles a placé Mme May dans l’embarras, rappeler immédiatement l’ambassadeur à Londres serait interprété comme un signe de faiblesse face aux coups de menton du tempétueux président américain.

Cette crise diplomatique tombe au plus mal pour le Royaume-Uni : le Brexit est pour l’heure programmé pour le 31 octobre, et Londres affiche haut et fort sa volonté de conclure rapidement un accord de libre-échange avec Washington pour compenser sa sortie de l’Union européenne.

États-Unis

28 %

Le nombre de migrants arrêtés aux États-Unis après avoir illégalement franchi la frontière avec le Mexique a baissé de 28 % en juin par rapport à mai, a annoncé hier le département américain de la Sécurité intérieure. Un peu plus de 104 000 arrestations ont eu lieu le mois dernier, soit 40 000 de moins qu’en mai. Une baisse que le Département attribue aux « efforts concertés » de l’administration Trump, à ses initiatives auprès du Salvador, du Guatemala et du Honduras, d’où viennent la plupart des migrants, et aux mesures prises par le Mexique. — Agence France-Presse

Course à l'investiture démocrate

Et le candidat le plus riche est...

L’ancien vice-président américain Joe Biden a dévoilé hier qu’il avait gagné près de 16 millions de dollars entre 2017 et 2018 après avoir quitté ses fonctions, ce qui en fait le candidat le plus riche des principaux prétendants à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine de 2020. Le candidat centriste a tiré ses revenus de conférences, de cours donnés à l’université et des recettes tirées de son émouvant livre autobiographique centré sur les derniers mois de son fils, Beau, emporté en 2015 par un cancer (Promise Me, Dad), précise son équipe de campagne dans un communiqué. Défenseur déclaré de la « classe moyenne », populaire chez les ouvriers, l’ancien vice-président de Barack Obama « a désormais publié ses déclarations de revenus des 21 dernières années, plus que tous les autres candidats qui se présentent à la présidentielle », selon le communiqué, qui souligne que le président républicain Donald Trump ne l’a toujours pas fait.

— Agence France-Presse

États-Unis

Pékin exige « l’annulation » d’une vente d’armes à Taïwan

Nouvelle colère de la Chine contre les États-Unis en pleine guerre commerciale : le gouvernement chinois a exigé hier de Washington « l’annulation immédiate » d’une vente d’armes de 2,2 milliards de dollars à Taïwan, une île revendiquée par Pékin. Cette vente annoncée lundi par le département américain de la Défense, qui comprend notamment 108 chars de combat et 250 lance-missiles sol-air, a été notifiée au Congrès. Ce dernier a 30 jours pour s’y opposer, une hypothèse peu probable. Ce n’est pas la première fois que les États-Unis autorisent une vente d’armes à Taïwan. Elles provoquent chaque fois une réaction ferme de Pékin – car l’île, peuplée d’environ 23 millions d’habitants, est considérée par la Chine comme faisant partie de son territoire. Le département d’État américain a affirmé hier que cette vente ne changeait rien à la position diplomatique de Washington, qui a rompu en 1979 ses relations avec Taipei afin de reconnaître Pékin comme le seul représentant de la Chine. — AFP

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