Mario Roberge

« J’étais au bon endroit au bon moment »

Durant le mois de janvier dernier, l’ancien attaquant des Canadiens Mario Roberge a pris une décision en une fraction de seconde qui lui a permis de sauver des vies.

Tout juste après 6 h, le matin du lundi 21 janvier, Roberge faisait chauffer sa voiture à l’extérieur de sa maison de Montmorency tandis qu’il s’apprêtait à partir travailler.

Il alors senti une odeur de fumée, puis il a jeté un regard autour pour apercevoir que cette fumée sortait d’un complexe d’appartements situé de l’autre côté de la rue.

Rapidement, l’homme de 55 ans originaire de Québec est passé à l’action, se dirigeant vers le bâtiment en question.

« Je n’ai pas perdu de temps », raconte Roberge. « Je me suis mis à courir pour voir ce qui se passait. »

Roberge, qui travaille maintenant dans le domaine de la réfrigération, a été accueilli par une épaisse fumée noire en entrant dans l’appartement pour voir si quelqu’un avait besoin d’aide.

Il ne lui a pas fallu longtemps pour découvrir deux femmes en détresse.

« Il y avait beaucoup de fumée qui provenait de l’appartement d’au-dessus. Deux femmes âgées vivaient là. Elles ne savaient pas quoi faire », explique Roberge. « C’était une dame de plus de 80 ans et sa fille dans la soixantaine et quand elles m’ont vu, elles m’ont demandé ce qui se passait. Je leur ai dit qu’il y avait un feu et qu’elle devaient sortir. Elles étaient affectées par la fumée. Elles n’avaient pas le temps de ramasser quoi que ce soit. On avait seulement quelques secondes pour bouger. »

Il a rapidement escorté ces femmes à l’extérieur et les a amené chez lui pour qu’elles attendent l’aide médicale qui était en route.

« Il faisait très froid, mais elles étaient capables de marcher. Je les ai fait entrer chez moi et ma copine s’est occupée d’elles », explique Roberge. « J’étais au bon endroit au bon moment. C’est aussi simple que cela. »

Roberge évalue qu’une dizaine de camions de pompiers sont arrivés sur les lieux pour combattre l’incendie, mais l’édifice a été complètement détruit par les flammes.

« Tout a brûlé », confirme Roberge. « Il ne restait plus rien. »

Heureusement, deux vies ont été sauvées et c’est ce qui compte le plus.

« J’étais heureux que le feu venait juste de commencer. Quinze minutes de plus et je serais arrivé trop tard », mentionne Roberge. « Dieu merci, j’étais là. Tu ne réfléchis pas parfois, tu vois quelque chose se produire et tu réagis. J’ai eu le bon réflexe d’agir. J’ai fait ce que j’étais supposé faire. »

Roberge a reçu la visite de la moins âgée des deux dames à qui il était venu en aide ce jour-là. Elle avait une livraison spéciale pour lui.

« Elles étaient nus pieds quand je les ai fait sortir donc nous leur avions donné des bas. Elle est venue pour me redonner mes bas », explique Roberge en riant.

À l’occasion du match du 9 février contre les Maple Leafs, les Canadiens ont reconnu Roberge pour ses efforts. Il a également été nommé « Héros du match ».

C’est un honneur bien mérité pour le champion de la Coupe Stanley en 1993 dont la vivacité d’esprit mérite certainement ces belles louanges.

Un texte de Matt Cudzinowski, traduit par Philippe Germain

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