Actualités économiques

Le PDG de Morgan Stanley s’inquiète d’un ralentissement mondial

Une guerre commerciale totale entre la Chine et les États-Unis serait désastreuse et provoquerait un ralentissement de la croissance économique mondiale, estime le grand patron de Morgan Stanley.

« Ça ne fait aucun doute que ça ralentirait la croissance économique mondiale », a soutenu hier James Gorman, qui participait à la Conférence de Montréal.

Selon lui, une guerre commerciale impliquerait directement les principales économies comme les États-Unis, la Chine, l’Allemagne et le Japon, qui représentent 40 % de la production mondiale, mais le reste du monde en souffrirait aussi, que ce soit le Mexique, le Brésil, l’Australie ou le Canada.

Le PDG d’un des géants de Wall Street revient tout juste d’un séjour en Chine, où il a observé que les tarifs américains commencent à avoir un impact. « C’est encore gérable, mais il y a bel et bien un impact », a-t-il indiqué.

Tant du côté américain que chinois, il note un durcissement inquiétant des positions. « Du point de vue américain, le citoyen moyen n’a pas l’impression d’avoir profité de la croissance économique, même si elle est réelle. Alors on blâme les immigrants ou on blâme les pays étrangers qui travaillent et produisent à moins cher. C’est ce qui mène au nationalisme, au protectionnisme et à l’antimondialisation. »

Du côté positif, James Gorman observe une ouverture de la part des dirigeants chinois pour discuter du nouvel ordre mondial. La Chine est la deuxième économie au monde, explique-t-il, elle ne peut plus être considérée comme un pays en développement.

Morgan Stanley pourra tester elle-même la bonne volonté des Chinois. En Chine, elle est obligée de s’associer avec une entreprise chinoise et ne peut pas posséder plus que 49 % de la propriété de cette coentreprise. La banque new-yorkaise veut que ça change. « La Chine est le seul pays au monde où on ne peut pas contrôler nos affaires. C’est inacceptable. »

Inégalités croissantes

James Gorman est à la tête de Morgan Stanley depuis 2010. Il a reçu l’an dernier 29 millions US en rémunération. Australien d’origine, issu d’une famille de 10 enfants, il croit que les inégalités croissantes seront au cœur des élections américaines de 2020.

C’est un défi pour les politiciens, mais aussi pour les banques comme Morgan Stanley, qui doit être consciente des besoins de la société dans laquelle elle vit.

« Nous ne pouvons pas nous séparer du milieu dans lequel nous sommes, sinon le milieu va nous rejeter », a-t-il dit.

Emploi  Secteur privé

Record des taux de postes vacants au Canada

Le taux de postes vacants dans le secteur privé au Canada a encore augmenté au premier trimestre de 2019, à 3,3 %.

Selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), ce taux a progressé de 0,1 % par rapport au trimestre précédent.

Simon Gaudreault, directeur principal de la recherche nationale à la FCEI, a observé que le taux national a été en constante augmentation depuis deux ans et qu’il a atteint un record au plus récent premier trimestre.

Le Québec a continué de vivre la pénurie de main-d’œuvre la plus grave au Canada avec un taux de postes vacants de 4,1 %, en hausse de 0,1 % par rapport au dernier trimestre. Il y avait environ 120 800 postes vacants au Québec au premier trimestre, comparativement à 314 200 dans l’ensemble des autres provinces.

Le taux de postes vacants était également élevé en Colombie-Britannique (3,6 %) et en Ontario (3,3 %). Le taux a augmenté à 1,8 % à l’Île-du-Prince-Édouard, mais il est resté inchangé au Nouveau-Brunswick (2,8 %) alors qu’il a reculé à 2,3 % en Nouvelle-Écosse.

Au Canada, le taux de postes vacants a le plus augmenté dans les secteurs de la construction (4,9 %) et des services personnels (4,7 %) où il a dépassé la moyenne nationale. Les secteurs de l’agriculture (3,8 %), de la restauration/hébergement (3,7 %), des services professionnels (3,6 %) et des transports (3,6 %) font aussi face à un resserrement du marché du travail.

La FCEI a constaté que la plupart des secteurs ont connu une hausse, à l’exception de ceux de la fabrication, du pétrole et du gaz, des finances et de l’information qui sont au point mort.

Société québécoise du cannabis

Des ventes de 71 millions pour l’an 1

Au terme de son premier exercice financier, qui n’a pas été complet, la Société québécoise du cannabis (SQDC) a généré des ventes de 71 millions de dollars, mais a affiché une perte de 4,9 millions qui sera épongée par Québec. Entre le 12 juin 2018 et le 30 mars dernier, la société d’État a indiqué que les revenus gouvernementaux découlant des taxes à la consommation et des droits d’accise avaient été de 21,7 millions. La SQDC a affirmé que les charges nettes ont atteint 18,1 millions au cours de l’exercice, une somme qui tient compte des frais de démarrage « non récurrents » de 4,9 millions. En excluant cette charge, on aurait terminé à « l’équilibre financier », souligne la SQDC. Elle prévoit atteindre la rentabilité au cours du prochain exercice. — La Presse canadienne

Société des alcools du Québec

Un hiver froid pour la SAQ

La Société des alcools du Québec a affiché hier un bénéfice net en baisse de 5,4 % pour son quatrième trimestre, alors que ses revenus ont diminué de 6,2 % au cours de cette période. Le profit net s’est établi à 191,5 millions pour la période close le 30 mars, alors qu’il avait été de 202,5 millions pour la même période un an plus tôt. Les revenus trimestriels sont passés de 674,2 millions l’an dernier à 632,2 millions au plus récent trimestre. Exprimées en volume, les ventes de vins et de spiritueux ont diminué par rapport à l’an dernier, pendant que celles de bières, cidres et boissons panachées ont avancé. Pour l’ensemble de l’exercice, la SAQ a affiché un bénéfice net de 1,146 milliard, en hausse de 2,9 % par rapport à celui de l’exercice précédent. Les volumes de ventes pour l’ensemble des catégories de produits ont diminué de 0,8 %, pour se situer à 208,7 millions de litres. — La Presse canadienne

Industrie automobile

Renault consolidera son alliance avec Nissan

Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, a confirmé hier la priorité donnée au partenariat avec les constructeurs automobiles japonais Nissan et Mitsubishi, devant les actionnaires du groupe français réunis en assemblée générale.

« Il n’y aura pas de réussite du groupe Renault sans réussite de l’Alliance » avec Nissan et Mitsubishi, a affirmé M. Senard, qui a récemment échoué à mener à bien un projet de mariage avec Fiat Chrysler (FCA) en raison des réticences de Nissan et de l’État français, premier actionnaire de Renault.

« Aujourd’hui, l’alliance prend un nouveau départ et elle est et doit rester plus que jamais à la fois un pilier et un moteur du développement de chacun de ses membres », a martelé M. Senard.

Il s’exprimait pour la première fois devant l’assemblée générale, au Palais des congrès à Paris. Signe de l’intérêt des actionnaires, la direction du groupe au losange a estimé l’affluence en hausse de 50 % par rapport à l’an dernier, soit environ 900 personnes.

M. Senard a fait l’objet d’un vote de confiance : près de 91 % des voix de l’assemblée générale ont approuvé sa nomination pour quatre ans au conseil d’administration de Renault.

L’après-Ghosn

Il s’agissait de la première assemblée générale depuis la chute de Carlos Ghosn, embourbé dans une affaire de malversations présumées au Japon. L’affaire, qui a démarré par son arrestation au Japon en novembre, a miné la confiance au sein du partenariat franco-japonais.

L’affaire Ghosn aura aussi coûté cher aux actionnaires de Renault. Depuis l’arrestation de l’homme d’affaires, architecte de l’alliance avec Nissan et Mitsubishi qu’il a hissée au premier rang automobile mondial, l’action du constructeur français évolue à ses plus bas niveaux, aux alentours de 55 euros. En un an, le titre Renault a perdu le tiers de sa valeur.

Certes, le groupe au losange souffre, comme l’ensemble du secteur, d’une conjoncture internationale morose et des bouleversements technologiques qui imposent de lourds investissements dans les motorisations électriques, sans garantie de rentabilité.

Mais certains actionnaires reprochent aux administrateurs de Renault de ne pas avoir suffisamment exercé leur vigilance à l’égard de la gestion de Carlos Ghosn. La réunion d’hier est pourtant restée très calme, et M. Senard a été applaudi à plusieurs reprises par le public.

Renault a annoncé récemment qu’il envisageait des poursuites contre M. Ghosn pour avoir engagé 11 millions d’euros de dépenses suspectes au sein d’une filiale commune avec Nissan, établie aux Pays-Bas.

Hier, les actionnaires ont massivement voté contre l’attribution à l’ancien PDG de sa rémunération variable pour 2018, comme le demandait le conseil d’administration, ce qui réduit son seul salaire fixe d’une somme brute de 1 million d’euros.

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