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André Jacques remporte le prix Saint-Pacôme du roman policier

L’auteur André Jacques s’est vu décerner samedi le prix Saint-Pacôme du roman policier pour son polar Ces femmes aux yeux cernés, publié aux Éditions Druide. La Société du roman policier de Saint-Pacôme récompense chaque année depuis 2001 le meilleur polar québécois. Le jury, présidé par Richard Migneault, dit avoir été séduit notamment par « les qualités littéraires de l’ouvrage, par la complexité de l’enquête et par la profondeur des personnages ». André Jacques avait déjà obtenu le prix en 2016 pour son roman La bataille de Pavie. Les deux autres finalistes cette année étaient François Lévesque pour Neiges rouges (Alire) et Johanne Seymour pour Rinzen : la beauté intérieure (Libre Expression). Le tribunal de la rue Quirion de Guillaume Morrissette (Guy Saint-Jean Éditeur) et Terminal Grand Nord d’Isabelle Lafortune (XYZ) ont quant à eux remporté respectivement le prix Coup de cœur du public et le prix Jacques-Mayer du premier roman policier. — Laila Maalouf, La Presse

Tout le monde en parle

Soirée avec une légende vivante

Serge Savard a été un invité en or, hier, à Tout le monde en parle, une émission marquée entre autres par les envolées colériques de Denise Bombardier, inquiète pour la survie de la langue française, et la visite de Justin Trudeau, fier de ses quatre ans au pouvoir même s’il est loin d’« être parfait », a-t-il reconnu.

On ne peut qu’éprouver de l’admiration pour Serge Savard, qui dirigeait le Canadien quand l’équipe a remporté sa dernière Coupe Stanley, en 1993. Et pourtant, « sur papier, les Nordiques étaient meilleurs que nous autres », a affirmé celui qui s’est raconté au collègue Philippe Cantin dans une biographie intitulée Serge Savard : Canadien jusqu’au bout. L’ex-joueur et directeur général envoyait quatre ou cinq dépisteurs sur le terrain pour trouver les meilleurs joueurs francophones, ce qui n’existe plus aujourd’hui. Celui qu’on surnomme encore le « Sénateur » garde un goût amer de son congédiement, convaincu qu’il aurait gagné la Coupe Stanley avec l’équipe qu’il avait formée cette année-là. « En l’espace de 15 minutes, tu deviens une persona non grata », a-t-il déploré, après avoir été tenu à l’écart de l’équipe une bonne dizaine d’années par la suite. Cet amoureux de la politique a été un grand partisan de Brian Mulroney, qu’il considère encore comme « le meilleur premier ministre qu’on a eu au Canada ».

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, s’est montrée très solide en début d’émission, tenant un discours limpide et cohérent, notamment au sujet des ratés de l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Elle espère qu’un nouveau commissaire sera nommé dès cette semaine.

L’entrevue a peut-être dissipé une partie des rumeurs sur ses sautes d’humeur et sur le fait qu’elle entretienne une haine viscérale des péquistes. Elle a ri quand l’animateur lui a parlé de son aversion pour les Montréalais, ce qu’elle nie. « Je suis assez chauvine par rapport à Québec, mais ça fait un peu partie de mes fonctions », a-t-elle rétorqué. Puis, au sujet de la compétence des employés qu’elle a remerciés : « J’ai eu un langage peut-être un petit peu fleuri. » Elle nie aussi que des conflits l’opposent à certains de ses collègues. « Ça se pourrait à un moment donné qu’il y ait des frictions », a-t-elle reconnu, ajoutant que « le Jell-O a vraiment pogné » dans l’équipe caquiste depuis les élections d’il y a un an.

Énergique Bombardier

Entrevue explosive avec Denise Bombardier – on se serait cru sur un plateau français –, qui a dû en sortir ravie, parce qu’on sait qu’elle adore se coller à la controverse. Comme à sa dernière visite, qui avait scandalisé les communautés francophones hors Québec, qu’elle disait pratiquement éteintes. Le tournage du documentaire Denise au pays des francos l’a en quelque sorte confortée dans cette idée. « Je ne suis pas jovialiste par rapport à la survie du français en dehors du Québec », dit-elle aujourd’hui. Son voyage au Manitoba lui a rappelé un épisode douloureux vécu 40 ans plus tôt. « La première fois que j’ai entendu un anglophone au Canada me dire “Speak white !”, c’était à Winnipeg. […] L’émotion m’est revenue comme si c’était hier. »

Denise Bombardier donnait un show, frappant à coups de poing sur la table, quand Dany Turcotte l’a soupçonnée d’avoir renié le milieu ouvrier d’où elle vient. Beaucoup de rires aussi dans cette entrevue, où il a été question de la qualité de la langue. « Dans l’avion, on m’a dit : “Bonjour, Hi”. J’ai dit : “A-I-L ?” Mais elle a pas compris, évidemment », a raconté Mme Bombardier. « Je voudrais que tous les francophones des autres provinces aient les mêmes droits et les mêmes protections que les anglophones du Québec », a-t-elle tout de même conclu.

Trudeau ni gagnant ni perdant

Accueilli sur l’air de La main haute, la bonne version cette fois, Justin Trudeau n’est sorti ni gagnant ni perdant de cette entrevue. Il considère que son gouvernement a fait « plus pour l’environnement que n’importe quel autre ». Quand l’animateur lui a demandé s’il resterait à la tête du Parti libéral s’il perdait le 21 octobre, il a répondu qu’il ne pouvait imaginer « qu’on va se réveiller le 22 octobre avec un gouvernement qui n’aura pas de plan pour lutter contre les changements climatiques » et « peut-être reculer sur les droits des femmes et des communautés LGBT ».

Denise Bombardier croit qu’il n’aurait pas dû s’excuser pour sa photo du blackface, mais le premier ministre considère que le geste a pu blesser des gens, et qu’il fallait s’excuser. « La question qui tue » a fait crouler de rire l’assistance : « En quoi allez-vous vous déguiser pour l’Halloween cette année ? » Comme en 2012, M. Trudeau a embrassé volontiers Dany Turcotte, qui lui lançait ce défi sur sa carte.

Christian Tétreault communique avec sa fille, morte à 2 ans dans ses bras, en 1985. Il en parle dans Conversations avec Marie, un second livre qui lui est consacré. « Un enfant, ça meurt pas. […] Ma fille vit pour le vrai à l’intérieur de moi », a-t-il dit, se défendant bien d’être fou ou illuminé. Il ne boit plus depuis 530 jours, après avoir été arrêté pour ivresse au volant en avril 2018. « J’étais pas à point zéro huit, j’étais à point beaucoup », a-t-il précisé. Il pouvait dissimuler son alcoolisme même à sa femme, en privilégiant la vodka et le rince-bouche. « Le bonheur total », a-t-il dit à propos de sa sobriété, dont il savoure chaque instant.

En bonne position pour remporter le Félix de la révélation de l’année – il est nommé neuf fois –, Vincent Roberge, alias Les Louanges, a avoué être nerveux d’aller sur ce plateau. Manifestement, Denise Bombardier n’éprouvait pas le même plaisir que nous à voir l’artiste, qu’on a somme toute peu vu à la télévision depuis sa fulgurante ascension, avec des chansons comme Pitou et La nuit est une panthère. Une renommée qui lui a inspiré la chanson Attends-moi pas. Il ne comprend pas pourquoi il devrait chanter en anglais alors qu’il se lève le matin, qu’il rit, qu’il pleure en français, comme le lui avait fait remarquer un ami. Et c’est tant mieux.

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