Tournage de Timescape

Un vaisseau spatial à Montréal

Un extraterrestre est entré dans un vaisseau spatial vers 12 h 20 mercredi dernier, rue Fullum à Montréal. La Presse en a été témoin. C’était sur le plateau du film pour enfants Timescape, du réalisateur Aristomenis Tsirbas (Battle for Terra), dont le tournage prend fin demain.

Voyage dans le temps

Tourné en anglais, ce film raconte les aventures de Jason, un garçon qui trouve un vaisseau spatial dans la forêt. À bord se trouve Lara, une jeune fille. « Par inadvertance, ces deux enfants qui ne se connaissent pas remontent le temps », explique Aristomenis (dit Meni) Tsirbas, connu pour avoir collaboré aux effets spéciaux de Titanic, de My Favorite Martian et de Star Trek : Deep Space Nine. Ils se retrouvent… à l’ère des dinosaures. Oups. Il leur faut évidemment trouver un moyen de retourner dans le futur. « Le film parle de confiance, dit le réalisateur. De construire une relation avec une autre personne et de collaborer, pour sauver sa peau. »

Hommage aux années 80

Le clin d’œil au film Retour vers le futur, sorti en 1985, est évident. « C’est un peu une lettre d’amour aux films avec lesquels j’ai grandi, dit Meni Tsirbas, qui vit à Los Angeles, mais qui est originaire de Montréal. On peut citer Back to the Future, E.T. et d’autres films comme The Goonies et Explorers. J’ai pensé qu’il serait amusant de faire un film pour enfants avec cette saveur, cette innocence et cet optimisme. » Dans Timescape, les enfants vivent dans un futur rayonnant, où les problèmes environnementaux, sociaux et économiques actuels ont été réglés. « En retournant dans le temps, ils risquent de changer notre avenir », explique le réalisateur. Re-oups.

Nouvelles stars

Convaincants dans les deux scènes vues par La Presse, ces enfants sont joués par Lola Rossignol-Arts (Lara) et Sofian Oleniuk (Jason). Lola, 12 ans, vit sur la Rive-Sud (Montréal), tandis que Sofian, 13 ans, habite Kanata, en Ontario. « Tourner ce film, c’est très amusant, dit Sofian, qui fréquente une école francophone. Je veux que ce soit mon travail, parce que j’ai une passion profonde pour ça. » Lola a été figurante dans X-Men : Dark Phoenix, mais tous deux en sont à leur première expérience comme acteurs dans un long métrage. Leur plus beau moment ? « Être avec Lola, répond Sofian avec un sourire de charmeur. Et voir le vaisseau spatial pour la première fois ! » Le retour en classe, mardi, s’annonce moins rigolo. « Je vais avoir beaucoup de devoirs et de rattrapage à faire », souligne l’adolescent, résigné.

Le défi de la diversité

Pourquoi ne pas avoir reflété davantage la diversité de la population dans la distribution ? « C’est très drôle, car dans toutes mes productions, j’ai privilégié la diversité, répond Meni Tsirbas. Mais nous cherchions des acteurs de 12 ou 13 ans et nous voulions une distribution canadienne. » À partir de 12 ans, un mineur peut légalement tourner 10 heures par jour, contre 8 heures pour les enfants de 7 à 11 ans – un net désavantage pour les plus jeunes. « Il s’est avéré que Lola et Sofian étaient de loin les meilleurs parmi tous ceux qu’on a rencontrés en casting, fait valoir le réalisateur. Je suis un peu frustré de ne pas avoir la diversité que je souhaitais, mais j’ai de grands acteurs. »

Longue postproduction

C’est le 13 septembre que le tournage s’est amorcé, dans Lanaudière. Un vaisseau spatial a été construit dans une forêt de Saint-Zénon, où une plage (heureusement peu fréquentée en cette saison) a aussi été investie par l’équipe. Quant aux dinosaures, que la population lanaudoise se rassure : ils seront ajoutés en postproduction. « Il y a environ une demi-heure de dinosaures dans le film », précise David-Alexandre Coiteux, de Fullum Films, producteur de Timescape. Le robot M.I.A., ordinateur de bord du vaisseau, doit aussi être créé par les spécialistes d’effets spéciaux. De 12 à 16 mois de travail de postproduction sont prévus, à Montréal et en Californie.

Sortie en 2020 ou 2021

N’achetez pas tout de suite votre maïs soufflé : Timescape prendra l’affiche à Noël 2020, à la relâche ou à l’été 2021. Le film sera présenté en anglais et en version française doublée. « Le bassin de consommateurs de films jeunesse est important, note Carole Labrie, directrice des ventes et acquisitions chez TVA films, distributeur de Timescape au Canada. Partout dans le monde, il se fait beaucoup de films pour la famille, mais pas assez. Même au Québec, il n’y en a pas eu beaucoup ces dernières années. Je pense que Timescape va avoir un attrait super important auprès de la nouvelle génération et des générations à venir. Ça ne vieillit pas, un film de ce type-là. »

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.