Science

À petites doses

Quelques milligrammes de toute l'actualité scientifique de la semaine

En image

Jouer avec la génétique

Les scientifiques n’ont pas fini de s’amuser avec CRISPR/Cas9, véritable outil de copier-coller génétique qui permet de couper et remplacer des bouts d’ADN avec une précision inégalée. Ici, des chercheurs de Singapour sont parvenus à faire passer du brun au jaune le papillon africain Bicyclus anynana en modifiant quelques gènes liés à la pigmentation. On sait que la couleur des papillons provient à la fois de leurs pigments et de la structure fine de leurs ailes. Or, dans ce cas, les chercheurs ont noté que modifier les gènes de pigmentation modifiait automatiquement la structure des ailes, ce qui montre que les mêmes gènes gouvernent ces deux propriétés.

— Philippe Mercure, La Presse

Quiz science

Jusqu’à quel âge peut vivre un être humain?

Il n’y a peut-être pas de limite. En 2016, des chercheurs avaient avancé que la limite naturelle de la vie humaine était de 115 ans, mais leurs travaux avaient été contestés. Une nouvelle étude publiée dans la prestigieuse revue Science suggère qu’une telle limite n’existe pas – ou, en tout cas, qu’elle n’a pas été atteinte. En étudiant 4000 Italiens de 105 ans ou plus, les chercheurs ont observé que la probabilité de mourir, qui augmente normalement en vieillissant, atteignait un plateau à 105 ans. À partir de cet âge, on a une chance sur deux de vivre un an de plus. Un aîné pourrait donc théoriquement déjouer les statistiques et vivre bien au-delà de cet âge.

Psychologie

La testostérone donne le goût du luxe

La testostérone pousse les hommes à choisir les marques prestigieuses. C’est ce que montre une étude menée sur 243 hommes, dont la moitié avaient reçu une dose de l’hormone mâle alors que l’autre recevait un placebo. Lorsqu’on leur demande de choisir entre différentes marques (Levi’s ou Calvin Klein ? Giorgio Armani ou North Face ?), les participants qui surfent sur la testostérone choisissent des marques avec un niveau de prestige plus élevé (ce niveau avait été validé au préalable auprès de 600 hommes). L’effet, notent les chercheurs de l’Université de Pennsylvanie, est « faible, mais persistant ». Les scientifiques font une analogie avec la queue du paon ou la couleur rouge vif du cardinal mâle. Ces attributs sont contre-productifs du point de vue de la survie, mais attirent l’attention des femelles. Ils montrent que les individus peuvent se permettre de « gaspiller » des ressources. Selon le chercheur principal Gideon Nave, une montre de luxe ou une Ferrari visent exactement le même but.

Sismologie

Une nouvelle façon de détecter les tremblements de terre

Les fibres optiques quadrillent la planète, acheminant les données que nous échangeons sur le web. Or, des chercheurs estiment qu’on pourrait utiliser ce réseau pour détecter les tremblements de terre. Des chercheurs du GFZ (centre de recherche en géosciences, en Allemagne) ont réussi à mesurer l’activité sismique en Islande en envoyant des impulsions laser dans une fibre optique du réseau de télécommunications local. Selon le chercheur Philippe Jousset, la résolution obtenue « est plus dense que n’importe quel réseau séismologique du monde ». L’un des avantages est que les fibres optiques sont déjà déployées sous de grandes villes menacées par les tremblements de terre, dont San Francisco, Mexico, Tokyo et Istanbul. La technique nécessite toutefois des instruments onéreux pour analyser les signaux qui sortent des fibres optiques, et il faudrait que les entreprises de télécommunications collaborent avec les chercheurs si on veut déployer un jour un réseau de détection qui repose sur leur utilisation.

Espèces menacées

La fécondation in vitro pour sauver les rhinos

Cette année, Sudan, le tout dernier mâle rhinocéros blanc du Nord, est mort. Avec seulement deux femelles en vie, Najin et Fatu, l’espèce semblait condamnée. Mais des scientifiques tentent le tout pour le tout afin de sauver l’espèce. Ils ont prélevé des spermatozoïdes sur des mâles morts, puis les ont injectés dans des ovules d’une sous-espèce très proche, le rhinocéros blanc du Sud. Quatre embryons hybrides se sont développés. Une fois cette preuve de concept réalisée, les chercheurs souhaitent maintenant prélever des ovules sur Najin ou Fatu, recréer des embryons à 100 % rhinocéros blanc du Nord, puis les implanter dans une mère porteuse du Sud (pour épargner des manœuvres délicates à Najin et Fatu). Même si l’opération était un succès, la diversité génétique de tels bébés ne serait pas suffisante pour recréer une population. Les scientifiques rêvent donc de fabriquer de nouveaux spermatozoïdes et ovules à partir des cellules souches de rhinocéros blancs du Nord.

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