Moyen-Orient

La guerre civile au Yémen

2011

L’origine du conflit remonte à 2011, alors que le président Ali Abdallah Saleh quitte son poste, dans la foulée des printemps arabes qui ont fait contagion au Yémen.

2014

En 2014, les rebelles houthis (minorité chiite au Yémen qui s’oppose à la majorité sunnite) entrent à Sanaa, la capitale, après avoir refusé un projet de fédération. Originaires du Nord, les houthis, issus de la minorité zaïdite (une branche du chiisme), sont appuyés par l’Iran, qui nie toute aide militaire.

Janvier 2015

En janvier 2015, les houthis forcent le président Rabbo Mansour Haddi à quitter le palais présidentiel et à se réfugier à Aden, avant de fuir en Arabie saoudite. 

Mars 2015

En mars 2015, une coalition dirigée par l’Arabie saoudite bombarde le palais présidentiel à Sanaa. C’est le début de la guerre civile. Le conflit a fait depuis plus de 10 000 morts et plus de 55 000 blessés, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Juillet 2015

Plus tard, en juillet 2015, le gouvernement annonce la « libération » de la province d’Aden, premier succès des forces loyalistes appuyées par la coalition. Il fait d’Aden (Sud) la capitale « provisoire » du pays.

Août 2017

En août 2017, la direction des houthis qualifie de « traître » l’ex-président Saleh pour les avoir présentés comme des « miliciens ». Fin novembre, la crise dégénère à Sanaa, de violents combats éclatent entre alliés. Ali Abdallah Saleh est tué début décembre par les rebelles qui en profitent pour renforcer leur emprise sur la capitale.

Mars 2018

Le 25 mars 2018, les houthis tirent sept missiles sur le territoire saoudien, dont trois en direction de Riyad. Les insurgés ont intensifié depuis novembre 2017 les attaques de missiles contre l’Arabie saoudite qui accuse Téhéran de leur fournir ce type d’équipements. Le 9 juin, trois civils sont tués à Jazane (sud du royaume) par un projectile rebelle. Selon la coalition, les rebelles houthis ont tiré au total 165 missiles balistiques.

La Presse, avec l’Agence France-Presse

Yémen

Raid meurtrier de l’Arabie saoudite contre un bus scolaire

Au moins 29 enfants ont été tués dans une attaque ayant frappé leur bus dans un marché dans le nord du Yémen, hier, a annoncé le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la coalition sous commandement saoudien affirmant avoir mené une opération militaire « légitime » dans ce secteur rebelle.

Frappes aériennes

Un hôpital de la province de Saada soutenu par le CICR « a reçu les corps de 29 enfants âgés de moins de 15 ans et 48 blessés, dont 30 enfants », a annoncé l’organisation sur son compte Twitter, sans donner de détails sur la nature de l’attaque ayant touché le marché de Dahyan. La coalition a reconnu avoir mené une frappe aérienne qui avait touché un bus, mais soutient que celui-ci ne transportait pas des enfants, mais des « combattants houthis », a déclaré à l’AFP son porte-parole, Turki al-Maliki.

« L’attaque qui s’est produite [hier] dans la province de Saada est une opération militaire légitime contre des éléments qui ont […] tiré la nuit dernière un missile contre la ville [saoudienne] de Jizane, faisant un mort et des blessés parmi les civils », a indiqué la coalition dans un communiqué.

Fief des rebelles houthis

La région de Saada est le fief des rebelles houthis, combattus par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite en soutien aux forces du président Abd Rabbo Mansour Hadi. Un porte-parole du CICR dans la capitale Sanaa, également sous contrôle des houthis, a averti que le bilan n’était pas définitif puisque les victimes ont été transportées dans des hôpitaux différents. Les médias des rebelles houthis ont pour leur part annoncé un bilan de 50 morts et 77 blessés, qui n’a pas pu être confirmé de source indépendante hier.

« Enfants innocents tués »

Selon l’ONG Save the Children, qui a condamné une « horrible attaque » et appelé à une enquête indépendante, les enfants ont été touchés alors qu’ils se trouvaient dans l’autobus les ramenant à l’école après un pique-nique. « De nouveau, de nombreux enfants auraient été tués ou blessés lorsqu’un autobus scolaire a été attaqué dans le nord du Yémen. […] Est-ce que le monde a vraiment besoin de voir davantage d’enfants innocents tués pour arrêter la guerre cruelle au Yémen ? », a réagi le directeur du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) pour le Moyen-Orient, Geert Cappelaere. Sur Twitter, Médecins sans frontières s’est dit « profondément attristé » par l’attaque d’hier, soulignant que cette zone, où il fournit un soutien médical, est inaccessible depuis un mois pour des raisons de sécurité.

Famine et maladies

Selon l’ONU, le Yémen est aujourd’hui touché par la pire crise humanitaire au monde. Les deux tiers de la population dépendent de l’aide alimentaire. Huit des 29 millions de Yéménites sont au bord de la famine. Environ 130 enfants meurent chaque jour de faim et de maladie. Le choléra a infecté 1,1 million de personnes depuis 2017.

Hier, le secrétaire général de l’ONU António Guterres a demandé une enquête « indépendante » sur la mort des 29 enfants. M. Guterres « appelle à une enquête rapide et indépendante » et exhorte toutes les parties à s’efforcer « d’épargner les civils […] lors de la conduite d’opérations militaires », a indiqué Farhan Haq, un porte-parole onusien, dans un communiqué.

Réaction des États-Unis

Les États-Unis ont quant à eux demandé une enquête « approfondie » après la mort des 29 enfants dans l’attaque ayant frappé leur autobus. « Nous sommes très préoccupés par les informations […] sur une attaque ayant causé la mort de civils », a déclaré Heather Nauert, porte-parole du département d’État. « Nous appelons la coalition dirigée par l’Arabie saoudite à mener une enquête approfondie et transparente sur cet incident », a-t-elle ajouté. « Nous appelons toutes les parties à prendre les mesures adéquates pour protéger les civils. » Dans ce conflit, les États-Unis fournissent depuis 2015 à leur allié saoudien un « soutien non combattant », sous la forme d’armes, de renseignement et de ravitaillement aérien.

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