Course à l’investiture démocrate

Sanders remporte le New Hampshire

New York — À la tête d’un mouvement qui se propose de révolutionner la politique américaine, Bernie Sanders a pris une courte avance dans la course à l’investiture démocrate, mardi, en remportant de justesse la primaire du New Hampshire, deuxième étape du marathon électoral qui déterminera l’adversaire de Donald Trump en novembre prochain.

Si la victoire du sénateur du Vermont était attendue, la présence de Pete Buttigieg et d’Amy Klobuchar en deuxième et troisième positions l’était beaucoup moins. L’ancien maire de South Bend, en Indiana, et la sénatrice du Minnesota ont non seulement talonné le vainqueur, mais également devancé par de fortes marges deux candidats mieux connus qu’eux, en l’occurrence Elizabeth Warren et Joe Biden, dont les campagnes pourraient ne pas s’en remettre.

Gagnant de la primaire démocrate du New Hampshire en 2016 par 22 points de pourcentage face à Hillary Clinton, Bernie Sanders a été beaucoup moins dominant dans ce scrutin mettant aux prises plus de 10 candidats. Il menait avec 26 % des voix contre 24,4 % pour Pete Buttigieg et 19,7 % pour Amy Klobuchar après le dépouillement de 95 % des bulletins de vote, selon CNN.

Elizabeth Warren, sénatrice du Massachusetts, État voisin du New Hampshire, s’est contentée de 9,3 % des voix, alors que Joe Biden, ancien vice-président, n’a obtenu que 8,4 % des suffrages.

« Laissez-moi vous dire ce soir que cette victoire est le début de la fin pour Donald Trump », a déclaré Bernie Sanders devant ses partisans réunis à Manchester. « Avec des victoires en Iowa et au New Hampshire derrière nous, nous nous en allons au Nevada et en Caroline du Sud, et nous gagnerons également ces deux États. »

Buttigieg se démarque

Le scrutin du New Hampshire intervenait huit jours après les caucus de l’Iowa, où Pete Buttigieg et Bernie Sanders ont fini à égalité, en pratique, devant Elizabeth Warren, Joe Biden et Amy Klobuchar.

Fort de sa deuxième place au New Hampshire, Buttigieg mène la course aux délégués avec un total de 23, contre 21 pour Sanders. Mais le sénateur du Vermont peut revendiquer le statut de meneur en raison de sa victoire dans le Granite State et de meilleurs sondages nationaux.

N’empêche : Pete Buttigieg peut désormais se présenter comme une solution de rechange sérieuse à un meneur qui se définit comme un socialiste démocrate. Selon les sondages réalisés au New Hampshire à la sortie des urnes, 27 % des électeurs de cet État le considèrent comme étant le candidat le plus susceptible de vaincre Donald Trump, devant Amy Klobuchar (21 %), Bernie Sanders (19 %) et Joe Biden (13 %).

« Vous avez affirmé ce fameux caractère indépendant des gens du New Hampshire », a déclaré le candidat de 38 ans en s’adressant à ses partisans rassemblés à Nashua.

« Et grâce à vous, une campagne qui n’aurait même pas dû exister selon certains a démontré qu’elle va continuer. »

— Pete Buttigieg

L’ancien maire de South Bend fait cependant face à un défi de taille. Pour le moment, sa candidature ne semble susciter aucun enthousiasme chez les électeurs afro-américains, qui jouent un rôle crucial dans la sélection des candidats démocrates à la présidence. Il n’est pas plus populaire au sein de l’électorat hispanique.

Amy Klobuchar aura créé l’autre grande surprise au New Hampshire. À la traîne dans les sondages il y a une semaine, elle a fait des convertis de dernière heure grâce à une excellente performance lors de l’ultime débat avant le scrutin, vendredi soir dernier. Performance qui a semblé freiner l’ascension de l’ancien maire de South Bend, cible principale des attaques de sa rivale du Midwest.

Amy Klobuchar a également grugé des appuis à Elizabeth Warren.

« Je suis Amy Klobuchar et je vais battre Donald Trump. Mon cœur est comblé », a déclaré la sénatrice à ses partisans. « Nous avons déjoué les pronostics depuis le début. »

Biden en Caroline du Sud

Joe Biden n’est pas resté au New Hampshire pour attendre les résultats. Tôt dans la journée de mardi, il a pris la route de la Caroline du Sud, qui tiendra le 29 février une primaire. Ce scrutin sera précédé, une semaine plus tôt, par des caucus au Nevada.

« Nous avons entendu seulement deux États sur 50 », a déclaré l’ancien vice-président devant des partisans réunis à Columbia, capitale du Palmetto State. « Nous devons entendre la Caroline du Sud, le Nevada et les États du “super mardi”. Jusqu’à présent, nous n’avons pas entendu les électeurs les plus fidèles du Parti démocrate, les Afro-Américains, et le segment de la population qui croît le plus rapidement, la communauté hispanique. »

Le « super mardi » aura lieu le 3 mars. Ce jour-là, pas moins de 1357 des 1991 délégués nécessaires pour remporter l’investiture démocrate seront en jeu dans 14 États, dont la Californie et le Texas, et un territoire.

Après l’annonce de sa candidature, Joe Biden a longtemps joui d’une forte avance dans les sondages chez les Afro-Américains, qui composent 60 % de l’électorat de la Caroline du Sud. Un sondage publié lundi indique cependant une baisse de ses appuis au sein de cette communauté.

Deux candidats ont jeté l’éponge à l’issue de la primaire du New Hampshire. Il s’agit de l’entrepreneur new-yorkais Andrew Yang, qui est sorti de nulle part pour se tailler une place dans presque tous les débats, et du sénateur du Colorado Michael Bennett, qui n’a participé qu’aux premiers débats.

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