À peine sorti de prison, un jeune Lavallois aurait tué un homme de 87 ans

Un jeune homme a été accusé vendredi d’avoir poignardé à mort un Montréalais de 87 ans la fin de semaine dernière dans l’arrondissement d’Anjou. Yoan Pauzé se serait faussement présenté comme un policier pour commettre son crime. Il venait d’être remis en liberté malgré de graves accusations reliées aux armes à feu.

Le Lavallois de 19 ans a comparu par visioconférence vendredi matin au palais de justice de Montréal pour faire face à une accusation de meurtre au second degré. Plusieurs proches de la victime ont assisté à la brève audience, mais ont refusé de s’adresser aux médias.

Vendredi soir dernier, Yoan Pauzé serait entré par effraction dans le domicile de Normand Paradis sur le boulevard Joseph-Renaud. Dans des circonstances toujours inconnues, il aurait poignardé l’homme de 87 ans. Ce dernier est mort le lendemain à l’hôpital.

Le jeune homme a été arrêté près du lieu de l’agression et a été accusé dimanche d’introduction par effraction, de s’être présenté faussement comme un agent de la paix et de méfait à l’égard d’un véhicule.

une dizaine de dossiers criminels en 2020

Malgré son jeune âge, Yoan Pauzé a déjà accumulé une dizaine de dossiers criminels en 2020. Il a écopé de cinq mois et vingt jours de prison et d’une probation de trois ans en mai dernier à Sorel-Tracy pour une affaire d’introduction par effraction.

Puis, le 9 septembre dernier, il a été accusé à Laval de port d’arme dans un dessein dangereux et de port d’une arme dissimulée. Même s’il faisait alors l’objet d’une probation, il a réussi à obtenir sa remise en liberté grâce à un engagement sans dépôt de 500 $, selon le plumitif.

Compte tenu de la gravité de l’accusation, Yoan Pauzé demeure détenu pour le reste du processus judiciaire, à moins qu’il dépose une requête pour obtenir sa remise en liberté. Il risque la prison à vie pour le meurtre de M. Paradis.

MAnne-André Charrette représente le ministère public dans ce dossier, alors que l’accusé est défendu par MMarie-Lyne Tremblay.

— Avec Daniel Renaud, La Presse

Application Alerte COVID 

Premiers résultats « encourageants » pour le Québec

Québec — En 10 jours seulement, 418 Québécois déclarés positifs à la COVID-19 ont saisi leur « clé à usage unique » dans l’application Alerte COVID, générant ainsi des notifications à leurs contacts étroits. En comparaison, ce nombre atteint 1696 pour tout le Canada, où l’on enregistre désormais près de 4,6 millions de téléchargements.

« C’est un chiffre très encourageant », estime le ministre délégué à la Transformation numérique, Éric Caire.

Du 5 au 15 octobre derniers, 10 535 personnes ont reçu un diagnostic positif à la COVID-19 au Québec. De ce nombre, 442 ont demandé à la Santé publique de leur fournir une « clé à usage unique » pour l’entrer dans l’application fédérale de traçage. En tout, ce sont 418 d’entre elles qui l’ont officiellement enregistré dans leur téléphone cellulaire.

« C’est intéressant parce que pour avoir ta clé, il faut que tu communiques avec la Santé publique après avoir été déclaré positif. C’est volontaire », souligne M. Caire. Le quart des « clés à usage unique » au pays a donc été généré au Québec, ce qui est de bon augure, estime le ministre.

En revanche, il est impossible de savoir combien de notifications ces codes ont permis de générer ni combien de personnes ont choisi de subir un test de dépistage après avoir reçu une alerte leur suggérant de le faire. En ce sens, M. Caire admet que l’efficacité de l’application sera « très difficile » à démontrer.

« L’application a été élaborée pour être totalement anonyme […] alors il n’y a aucune autre information qui est colligée », illustre-t-il.

Le gouvernement Legault est d’ailleurs incapable d’obtenir le nombre total de téléchargements en territoire québécois, puisqu’Ottawa ne ventile pas les données par provinces. « On voulait une appli qui nous garantisse l’anonymat. Bien, ça ne nous permet pas d’avoir toute l’information qu’on aurait pu vouloir », précise M. Caire.

En raison des paramètres de sécurité de l’application, il « est impossible pour le serveur d’identifier la province où elle a été téléchargée », a confirmé Santé Canada à La Presse.

« Avant que le Québec embarque, il y avait environ 3,3 millions de téléchargements au pays. Il y en a maintenant 1,2 million de plus. On ne peut pas présumer que la totalité de ces téléchargements est chez nous, mais on peut présumer qu’on en a ramassé une bonne partie », évalue le ministre.

Sept provinces canadiennes ont emboîté le pas à l’Ontario, qui a été la première à l’autoriser sur son territoire, en juillet dernier. Vendredi, Justin Trudeau a affirmé que le nombre de téléchargements au pays atteignait près de 4,6 millions. Il assure vouloir maintenant convaincre la Colombie-Britannique et l’Alberta de monter dans le train.

Québec a donné le feu vert au déploiement de l’application Alerte COVID le 5 octobre dernier dans l’objectif d’offrir « un outil supplémentaire » pour lutter contre la deuxième vague de la pandémie. Grâce à la technologie Bluetooth, l’application permet à son utilisateur de recevoir une notification s’il a été en contact étroit et prolongé (à moins de deux mètres pendant plus de 15 minutes) avec une personne atteinte du virus.

Normes nationales en CHSLD

Trudeau persiste et signe

Ottawa — Les frontières des champs de compétence s’effacent lorsqu’il est question de vie ou de mort et de dignité humaine, a plaidé Justin Trudeau dans l’espoir de faire accepter son idée d’imposer des normes nationales pour les centres d’hébergement et de soins de longue durée.

Le premier ministre a fait valoir cet argument vendredi, au lendemain de sa 20conférence téléphonique avec ses homologues des provinces et territoires. Lors de cette conversation, il a notamment discuté de cette idée qui déplaît fortement à certains, dont François Legault, jaloux de son champ de compétence en santé.

Mais aux yeux de Justin Trudeau, les questions de compétence deviennent accessoires quand on parle des soins aux aînés. « Je respecte tout à fait les champs de compétence des provinces, mais quand on parle de dignité, de santé, et surtout de la vie des gens, il n’y a pas de champ de compétence », a-t-il lancé.

Le fédéral n’a certes ni l’autorité ni « le bagage d’expérience » pour gérer des centres de soins de longue durée, mais il a cependant la « responsabilité » de « s’assurer que d’une province à l’autre, on est en train de protéger nos aînés », a souligné le premier ministre en conférence de presse à Ottawa.

« On a vu que les résultats sont différents à travers le pays […] et c’est un des bienfaits du fédéralisme : on peut voir ce qui fonctionne dans d’autres régions et l’amener dans notre région, s’est-il enthousiasmé. C’est ça que le gouvernement fédéral va encourager, parce que la protection des Canadiens, c’est la job de nous tous. »

M. Trudeau n’a pas précisé si les normes souhaitées par Ottawa seraient exclusivement liées à la pandémie de COVID-19, donc ponctuelles. En revanche, il a souligné qu’il lui semblait approprié de « saisir l’occasion » pour agir, la crise ayant mis en relief les « vulnérabilités qui existaient déjà dans nos systèmes ».

L’objectif est néanmoins de « travailler immédiatement pour protéger les gens », alors que sévit la deuxième vague, a insisté Justin Trudeau, brandissant les 19 milliards de dollars transférés aux provinces et territoires en guise de preuve de l’action fédérale.

Selon nos informations, l’interdiction pour les membres du personnel d’un établissement de soins de longue durée de travailler dans un deuxième établissement pourrait être hissée au rang de norme nationale par le gouvernement Trudeau.

Le cadre fédéral s’appuierait en grande partie sur les lignes directrices provisoires émises au mois d’avril par l’Agence de la santé publique du Canada à l’intention des provinces au moment où la pandémie de COVID-19 frappait de plein fouet les centres de soins de longue durée québécois et ontariens.

Au bureau du premier ministre François Legault, on n’a pas souhaité commenter les récents échos en provenance de la capitale fédérale. Son attaché de presse Ewan Sauves a pointé vers les réactions émises plus tôt cette semaine par le dirigeant québécois au sujet de cette pomme de discorde.

« Moi, je pense que M. Trudeau joue avec le feu, a lâché le dirigeant québécois mardi dernier. Je pense que M. Trudeau fait une erreur [en proposant] des mesures centralisatrices. Je pense qu’il y a consensus entre autres dans les provinces comme le Québec et l’Ontario pour avoir plus d’autonomie. »

Il y a aussi consensus au sein du Conseil de la fédération en ce qui a trait à la nécessité d’augmenter les transferts en santé, une demande dont le gouvernement Trudeau n’a fait aucune mention dans le discours du Trône prononcé à la fin septembre.

Centre-ville de Montréal

L’avenue McGill College deviendra piétonne

L’avenue McGill College, en plein centre-ville de Montréal, sera méconnaissable d’ici cinq ans, selon les modélisations dévoilées hier à l’issue d’un concours architectural. La courte artère, qui relie la Place Ville Marie et l’Université McGill, ne sera plus accessible aux automobiles, qui devront céder la place à une station du Réseau électrique métropolitain (REM) et aux piétons. C’est le concept proposé par les firmes Civiliti et SNC-Lavalin qui a été retenu par le jury du concours. Il prévoit l’aménagement d’une zone végétale et d’un parvis minéral. « Je suis éblouie par la qualité du projet retenu et je suis convaincue que les Montréalais·es vont se l’approprier », a écrit la mairesse Valérie Plante sur les réseaux sociaux. La fin des travaux est prévue en 2026. — Philippe Teisceira-Lessard, La Presse

Meurtre sur fond de trafic de stupéfiants à Sainte-Adèle

Un homme a été tué par balle jeudi soir à Sainte-Adèle, dans les Laurentides, lors d’un crime qui a toutes les apparences d’un règlement de comptes dans le milieu des stupéfiants. Yoan Lauzon, 44 ans, sortait d’un établissement de la rue Morin, vers 20 h 30, en compagnie d’une femme. Le couple venait vraisemblablement de monter à bord de sa camionnette lorsqu’un suspect se serait approché et aurait ouvert le feu vers l’homme à plus d’une reprise, avant de prendre la fuite. La compagne de l’homme, qui a été blessée lors du crime, est hors de danger. Entre 2004 et 2009, Yoan Lauzon a été condamné à des peines de deux et de trois ans pour des affaires de trafic et de production de stupéfiants. Les enquêtes avaient été menées par les détachements de la Gendarmerie royale du Canada de Saint-Jérôme et du Nouveau-Brunswick. Ce sont les enquêteurs des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec qui devront maintenant faire la lumière sur le meurtre de Yoan Lauzon.

— Daniel Renaud, La Presse

Prison de Trois-Rivières

Deux employés et un détenu atteints de la COVID-19

Trois personnes, soit deux employés et un détenu, ont récemment contracté la COVID-19 au centre de détention de Trois-Rivières. Le ministère de la Sécurité publique (MSP) a confirmé vendredi des cas positifs chez un employé et un détenu. Mais selon le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, un deuxième employé aurait aussi contracté la COVID-19. Dix employés ont dû être retirés de manière préventive de ce milieu de travail, toujours selon le syndicat. De son côté, le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec indique que puisque la transmission ne s’est pas faite à l’intérieur des murs de la prison, du moins pas pour chacun des deux cas, il ne s’agit pas d’une éclosion. Les enquêtes épidémiologiques sur ces deux cas sont toujours en cours, afin de retrouver et d’avertir les personnes avec lesquelles elles ont eu un contact qui aurait pu favoriser la transmission de la COVID-19. Le MSP assure pour sa part que les mesures en place sont adéquates pour limiter la propagation de la COVID-19 à l’intérieur des établissements de détention.

— Le Nouvelliste

Racisme systémique

Les ordres professionnels doivent agir, dit le ministre Miller

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, dit miser sur la bonne foi et la bonne volonté des provinces et des ordres professionnels médicaux pour enrayer durablement le racisme systémique dans les soins de santé donnés aux autochtones au Canada. Vendredi, le ministre avait convoqué quelque 200 personnes pour une réunion virtuelle visant à cerner des actions pour combattre le racisme dans les soins de santé, et ce sont finalement plus de 400 intervenants qui ont participé à l’exercice, a-t-il affirmé en conférence de presse. Les discussions ont notamment porté sur la responsabilité des ordres professionnels du milieu de la santé ainsi que sur les changements à apporter en matière de formation du personnel. Le ministre a parlé du « principe de Joyce » comme d’une nouvelle approche visant à permettre aux peuples autochtones de recevoir les « soins de santé de première classe auxquels ils ont droit ». Le « principe de Joyce » fait référence à Joyce Echaquan, cette femme morte à l’hôpital de Joliette, le 28 septembre, qui avait diffusé en direct les insultes que deux employées de l’hôpital lui avaient lancées alors qu’elle avait besoin de soins médicaux.

— La Presse Canadienne

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