Sciences

À petites doses

Quelques milligrammes de toute l’actualité scientifique de la semaine

Le gras comme cheval de Troie

Un médicament de chimiothérapie déguisé en gras pourrait duper les cellules cancéreuses. Des chercheurs de l’Université Northwestern ont présenté ce nouveau système d’administration de médicaments dans une étude publiée dans le Journal of the American Chemical Society. La tumeur voit le médicament comme du bon gras et l’ingère. Les cellules cancéreuses sont beaucoup plus gourmandes que les cellules normales. Une fois à l’intérieur de la tumeur, le médicament va s’activer pour arrêter la croissance des cellules cancéreuses. Le médicament utilisé serait moins toxique que les médicaments de chimiothérapie actuels. Les chercheurs ont testé leur méthode sur une souris. Le médicament est entré dans l’animal et a éliminé les tumeurs dans trois types de cancers : les cancers des os, du pancréas et du côlon.

Quiz

Quel produit les bâtisseurs de Stonehenge auraient-ils utilisé pour transporter les pierres qui forment le monument ?  

Du gras de cochon. Dans un article publié en ligne par Cambridge University Press, des archéologues suggèrent que le gras aurait servi à lubrifier un traîneau pour transporter les pierres sur plusieurs kilomètres. La graisse aurait permis de réduire la friction sur un chemin en billots de bois. Leur hypothèse s’appuie sur des résidus de gras de porc dans des poteries. Ces contenants auraient servi à récupérer le gras pour un usage autre qu’alimentaire.

8850 km

C’est la taille d’une colonne d’algues qui va de l’Afrique de l’Ouest jusqu’au golfe du Mexique. Depuis 2011, cette colonne prend de l’expansion. Pour suivre son évolution, des chercheurs ont utilisé les satellites de la NASA. Dans leur article publié dans le journal Science, ils tentent d’expliquer la croissance inhabituelle de cette formation d’algues. Une augmentation des nutriments avec la déforestation et la fertilisation accrue serait en cause.

Une souche d’arbre encore vivante

Lors d’une randonnée en forêt, des chercheurs néo-zélandais ont découvert une souche d’arbre gardée en vie par les arbres qui l’entourent. Dans leur étude, publiée dans le journal iScience de Cell Press, ils proposent une explication pour la survie inhabituelle de la souche. Les racines de l’arbre se seraient greffées à celles des autres arbres avant qu’il ne devienne une souche. Ce type de liaison est assez commun parmi les arbres d’une même espèce pour assurer un partage des ressources en eau. Après être devenu une souche, l’arbre aurait continué d’utiliser ce réseau pour survivre. Ce phénomène pousse les chercheurs à voir la forêt comme un super-organisme plutôt qu’en fonction des arbres individuels.

Un mini-soleil au Wisconsin

Des chercheurs de l’Université du Wisconsin-Madison ont fabriqué un soleil miniature dans leur laboratoire. Ils ont publié une étude de leur modèle dans le journal Nature Physics. Leur imitation servira à étudier les vents solaires en trois dimensions. Les vents solaires sont responsables de la formation des aurores. Les rafales de vent solaire ont aussi un impact sur le fonctionnement des sondes spatiales et des satellites. Les chercheurs ont reproduit ce phénomène grâce à une sphère creuse de 3 m de diamètre avec un aimant très puissant en son centre. La sphère, baptisée Big Red Ball, sera accessible pour la recherche et permettra de comprendre comment les vents solaires sont générés et de comprendre leur évolution en chemin vers la Terre.

Créer des chimères au Japon

Fabriquer des organes humains dans des animaux : c’est l’objectif du chercheur Hiromitsu Nakauchi, généticien de l’Université de Stanford. Son équipe a reçu l’autorisation du gouvernement japonais pour sa recherche assez controversée. Les scientifiques japonais souhaitent créer des embryons d’animaux comme la souris ou le porc, pour lesquels un organe serait manquant. Ils implanteraient ensuite des cellules souches humaines qui peuvent engendrer n’importe quel type de cellules, selon l’endroit où elles sont implantées. Ces cellules souches serviraient de base à l’organe absent. Auparavant, les embryons dans lesquels les cellules étaient introduites devaient être détruits après 14 jours. Le Japon interdisait aussi l’implantation de ces embryons chez des animaux pour leur croissance. Désormais, les chercheurs pourront introduire les embryons dans l’utérus d’un animal. En théorie, les embryons se développeraient jusqu’à générer un organe humain. Ce type de recherche soulève toutefois plusieurs questions éthiques dans la communauté.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.