Le Canadien

Dans l’univers de Max Domi

Max Domi a fait parler de lui pour les mauvaises raisons au camp avec son coup de poing sournois asséné au visage d’Aaron Ekblad. Sur la glace, on constate rapidement qu’il est un joueur nettement plus complet que son célèbre paternel. Et à l’extérieur des patinoires, on a affaire à un jeune homme aux intérêts multiples, bien de sa génération. La Presse l’a rencontré au début du camp, avant sa suspension.

Réglons une chose d’emblée. On aura 1001 occasions de parler de Max Domi, le joueur, au cours de la saison. Max Domi, la personne ? Un peu moins. Pourtant, c’est un jeune homme fascinant que le Canadien a obtenu en juin dernier, en échangeant Alex Galchenyuk aux Coyotes de l’Arizona.

Nul besoin d’une grande enquête pour constater qu’on n’a pas affaire à un joueur de hockey comme un autre. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les réseaux sociaux.

Commençons par Instagram. Le premier élément qui frappe, c’est son nom d’utilisateur : @max, tout simplement. Connaissez-vous quelqu’un dans votre entourage dont le nom d’utilisateur est également son prénom, sans chiffre, barre de soulignement ou autre caractère superflu ?

« J’ai simplement fait une demande au gars qui possédait déjà ce nom d’utilisateur, raconte Domi, rencontré après un entraînement cette semaine. La première fois, il ne m’a pas répondu. La deuxième fois, ça a pris environ une semaine. En fait, il ne m’a jamais répondu, mais j’ai remarqué qu’il avait changé son nom pour @max.done. Donc j’ai sauté sur le nom @max ! »

« Je n’ai même pas pu parler au gars ni même le remercier. C’était étrange comme échange. Mais je l’apprécie vraiment, parce qu’il aurait pu me demander de l’argent, et beaucoup d’argent ! Je devine que c’est un nom très recherché. »

Diabète, fierté…

Chaque joueur utilise les réseaux sociaux à sa façon. Domi, lui, s’en sert pour promouvoir les causes qui lui tiennent à cœur, du diabète (dont il souffre) à la lutte contre les distractions au volant en passant par les initiatives de LeBron James.

« Pour les partisans du Canadien, c’est une façon de savoir ce qu’on fait à l’extérieur de la patinoire. On joue dans la LNH, mais les gens ne voient qu’une partie très limitée sur la patinoire, rappelle le numéro 13. Les réseaux sociaux leur permettent de voir qu’on est des personnes bien ordinaires. Si les gens souffrent de quelque chose, c’est une façon d’en parler, de s’impliquer. Pour moi, la communauté du diabète est importante. »

Le 24 juin dernier, il a aussi fait une publication sur Twitter et une autre sur Instagram pour saluer le défilé de la fierté gaie à Toronto. L’initiative mérite d’être soulignée, car les couleurs de l’arc-en-ciel ne sont pas les plus populaires dans l’univers ultrabeige de la LNH. « L’amour, c’est l’amour », a-t-il tweeté.

« Ma copine a plusieurs amis qui sont impliqués dans la cause et j’ai moi-même plusieurs amis gais. Il faut souligner l’apport de tous, et c’est une communauté qui n’obtient pas assez de mérite. Leur célébration est remarquable et, pour ma part, simplement porter un chandail et leur montrer du respect et du soutien, ça peut accomplir beaucoup. »

« Comme le dit la LNH : si tu peux jouer, tu joues, peu importe la couleur de ta peau ou ton orientation sexuelle. Je crois fermement que si tu as un rêve, tu peux l’accomplir, peu importe les circonstances. De mon côté, j’y suis parvenu malgré le diabète. »

Et Drake !

Le 5 septembre dernier, Drake s’est produit au Centre Bell pour le deuxième soir de suite. Domi était au nombre des quelque 15 000 spectateurs. Après le concert, le joueur a eu accès aux coulisses, où il a rencontré Drake… et lui a remis un chandail numéro 13 du Canadien. Les deux ont posé ensemble. Domi a publié le cliché. Aucun doute, il a « gagné » Instagram ce soir-là.

Et puis, dans les commentaires, un certain Mark Wahlberg a écrit : « Deux de mes gars préférés de Toronto. » Vérification faite, c’est bel et bien le frère de Donnie Wahlberg qui le complimente de la sorte.

« Drake vient lui aussi de Toronto, donc on s’est croisés à quelques reprises, explique Domi. Un bon gars, très humble. Je l’admire. Je l’ai vu cet été avec mon père. Il était content que je sois échangé à Montréal et m’a demandé un chandail. Je l’ai rencontré après le spectacle et il a été assez gentil pour passer un peu de temps avec moi.

« Mark, lui, est un bon ami de mon père et de la famille. Il est formidable. C’est un travaillant, un des meilleurs de son métier. Quand tu t’entoures de personnes comme lui, ça t’amène à travailler plus fort. »

Évidemment, les joueurs de hockey vont rencontrer ici et là des personnalités jet-set. Ils bénéficieront d’un accès que le commun des mortels n’aura jamais. N’empêche, Domi a des fréquentations qui ne sont pas banales, même pour un athlète de la LNH.

« Je suis assez chanceux que mon père soit bien branché, répond-il humblement. Il a des contacts avec beaucoup de monde, il est connu et il fait un effort supplémentaire pour s’assurer que je sois inclus dans ses relations. J’en suis très reconnaissant. »

Pas de « marque »

Ces publications valent à Domi le titre de roi d’Instagram du Tricolore, avec 247 000 abonnés. C’est encore loin des 1,3 million d’abonnés d’Alexander Ovechkin, mais Domi n’a évidemment pas encore la longévité ni le succès du Russe. Sans oublier qu’il a joué les trois premières saisons de sa carrière dans un marché où le hockey rivalise avec les courses d’autruches en matière de popularité.

Sur Twitter, avec 78 000 abonnés, il n’est toutefois pas dans la même classe que les Andrew Shaw, Carey Price, Brendan Gallagher ou Tomas Tatar du CH. On devine toutefois que l’exposition au marché montréalais lui permettra d’augmenter son rayonnement.

On additionne tous les éléments et on a l’impression d’avoir affaire à un joueur qui tente de développer son image de marque, comme le font par exemple Henrik Lundqvist ou un certain P.K. Subban, avec ce que ça a entraîné comme conséquences. Le nom de domaine MaxDomi.com est utilisé, mais le lien avec le Canadien est fort, de la photo du chandail à l’accueil aux différents articles et vidéos tirés du site internet de l’équipe.

Domi se défend bien de tenter de créer son image de marque, un réflexe compréhensible quand on sait comment le feuilleton Subban a dégénéré à Montréal…

« Je ne veux pas être une distraction pour l’équipe, dira-t-il deux fois plutôt qu’une. La marque que je représente, c’est une marque d’équipe. Oui, il y a d’autres initiatives, mais je veux simplement représenter le Canadien de Montréal de mon mieux. »

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