Chronique

Merci, mesdames !

Constat dur, mais inéluctable : les hommes n’ont pas été à la hauteur des femmes dans cette troisième mouture d’Occupation double sur la chaîne V.

Depuis l’arrivée des célibataires en Afrique du Sud, à la mi-septembre, les femmes ont démontré 100 % plus de force de caractère, d’intelligence émotive et de maturité que leurs collègues masculins. C’en était presque gênant.

Pensez à Rym, Camille, Jennifer, Claudie, Trudy ou Alex-Anne. Elles ont fait le show pratiquement seules. Les gars n’ont hérité que de rôles secondaires dans leur téléroman à multiples rebondissements.

Prenons la trajectoire du couple gagnant, formé par Math Robi et Trudy, les deux bouées supposément à la dérive. Sans le charisme magnétique et la personnalité pétillante de Trudy, Math Robi, le « fuckboy » autoproclamé, n’aurait jamais progressé jusqu’en finale. Cette victoire éclatante, Math Robi la doit à Trudy, une participante discrète, que les fans ont automatiquement fait entrer dans la première maison.

Kiari n’a fait qu’attacher son wagon au TGV conduit par Alex-Anne et il a filé jusqu’à l’île Maurice en n’apportant rien à l’émission. C’est la patineuse artistique Alex-Anne qui a été couronnée reine du bal (et des neiges) dès le début et Kiari a hérité du titre de prince consort par défaut.

Si le vote avait été individuel, la youtubeuse Claudie aurait eu plus de chances de l’emporter. Cette candidate a été intense (fois mille), authentique, inquiète, explosive, à l’écoute des autres et n’a jamais manigancé pour expulser une rivale.

Et contrairement à Camille, Claudie a été frappée par un vrai coup de foudre et elle n’a pas feint son amour pour le barman Mathieu. 

Si oui, donnez-lui de suite un Gémeaux, c’est une performance du calibre de Céline Bonnier.

C’est Mathieu de Drummondville qui a coulé Claudie en déversant des insultes sur Kevin et en complotant avec Karl pour contrôler le jeu. Les deux dernières semaines ont montré un Mathieu plus vulnérable, émotif et attachant. Mais trop tard, sa cote de popularité avait plongé comme un sous-marin dans l’océan Indien.

En direct hier soir, personne n’a été étonné du triomphe de Math Robi et Trudy. Leur histoire à OD, ce fut un vrai scénario de comédie romantique.

La chanteuse et mannequin Trudy a entrepris l’aventure seule, car son Math Robi n’a pas été sélectionné sur le tapis rouge. Oups. Math Robi a obtenu une deuxième chance de charmer les candidates, mais c’est le moustachu Kevin qui a été choisi à sa place. Re-oups.

Tenace, Math Robi n’a pas abandonné, s’est présenté à une ultime audition à Montréal et son retour au Cap, à la mi-parcours, a été hyper payant : il a enfin retrouvé sa Trudy et ne l’a pas lâchée depuis.

Les deux « âmes perdues » ont remporté des prix d’une valeur d’un demi-million de dollars. En espérant que la circulation de Montréal ne gâche pas trop leur complicité naissante, hein Math Robi ?

Douce revanche pour le barman Kevin, qui est reparti hier avec le prix coup de cœur du public, assorti d’une bourse de 5000 $. Mathieu s’est excusé d’avoir tiré des roches sur Kevin « comme un vaurien ». « Je me sens comme une vraie marde », a même dit Mathieu, l’air contrit.

La semaine dernière, Jay Du Temple a comparé Mathieu à un bébé golden retriever, très mignon et tout, mais qui avait besoin de se faire mettre le nez dans son caca pour comprendre les choses. 

L’analogie était exacte sur tous les plans.

Donnons cependant à Claudie et à Mathieu ce qui leur revient : ils ont déstigmatisé le fait d’avoir des relations sexuelles à Occupation double. La façon dont les deux tourtereaux ont parlé de leurs rapprochements intimes était belle, respectueuse et saine. Ça faisait changement du « slut-shaming » des chapitres précédents.

Comme prévu, Jay Du Temple a confirmé le retour d’OD pour une quatrième édition en septembre 2020. Capitaine Rebondissement renfilera également sa cape pour l’occasion, lui qui prévoyait tirer sa révérence après l’Afrique du Sud.

Comme animateur, Jay Du Temple s’améliore de saison en saison. Ç’aurait été dommage de le perdre. Une partie du succès d’OD revient à son animation décontractée et assumée. J’ai bien aimé qu’il serre la vis aux concurrents lors des soupers d’élimination, notamment quand le disque de Karl sautait et que plus personne ne l’endurait à la table. Jay a bien fait de ne pas cacher son exaspération, similaire à la nôtre.

La finale d’hier, plombée par des problèmes de son et de confusion, méritait plus d’amour. Elle tranchait avec tous les autres épisodes montés avec une précision chirurgicale.

Maintenant, place à L’heure de vérité dimanche prochain, où ça risque d’exploser comme une bouteille de Bulles de nuit oubliée au congélateur – ou comme une Claudie envoyée de force à Londres sans son Mathieu.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.