élections fédérales 2019

C’est parti

Le premier ministre Justin Trudeau donnera le coup d’envoi à la campagne électorale ce matin, lorsqu’il visitera la gouverneure générale pour lui demander de dissoudre le Parlement et de déclencher les élections du 21 octobre prochain. À quoi s’attendre des différents partis ? Quelles seront les luttes à suivre ? Nos journalistes dressent le portrait de la joute électorale qui s’amorce.

Analyse

Le Québec au cœur d’une campagne imprévisible

Ottawa — « La vie, c’est comme une boîte de chocolats. On ne sait jamais ce que l’on va y trouver », disait Forrest Gump dans le film culte qui porte son nom et qui a séduit les cinéphiles en 1994.

Cette boutade pourrait s’appliquer à la campagne électorale de 40 jours qui sera déclenchée aujourd’hui par le premier ministre Justin Trudeau. Des surprises, le scrutin du 21 octobre risque d’en produire son lot.

L’effondrement du Nouveau Parti démocratique (NPD) dans les intentions de vote, conjugué à la montée du Parti vert dans plusieurs régions du pays et à un certain regain de vie du Bloc québécois au Québec, fait en sorte que les jeux sont loin d’être faits. Les libéraux de Justin Trudeau le savent, même s’ils se montrent confiants d’obtenir un deuxième mandat des électeurs.

Quant à eux, les conservateurs d’Andrew Scheer sont conscients qu’une victoire est loin d’être acquise, même si les sondages les placent à égalité avec leurs éternels rivaux à l’échelle nationale, gracieuseté de l’affaire SNC-Lavalin qui montre toutefois des signes d’essoufflement.

Deux fois plus courte que celle de 2015, la présente campagne pour séduire les électeurs aura donc toute son importance. Dans une campagne écourtée qui comptera au moins trois débats des chefs, le droit à l’erreur est quasi inexistant. 

Le Québec, qui détient 78 des 338 sièges que compte la Chambre des communes, sera au cœur de la stratégie des partis.

Dans le passé, les électeurs du Québec ont démontré qu’il ne faut pas tenir leur loyauté pour acquise. En 2011, ils sont passés massivement du Bloc québécois au NPD pour provoquer la vague orange. En 2015, ils ont abandonné en grand nombre les néo-démocrates pour appuyer les candidats libéraux, ce qui a permis à Justin Trudeau et à son parti de passer de la troisième position à la première le jour des élections.

« L’électorat au Québec est le plus volatil au pays. On ne peut rien tenir pour acquis », a- t-on pris soin de souligner hier dans les rangs libéraux.

Un nouveau terrain de jeu

L’hémorragie des appuis du NPD au Québec ouvre un terrain de jeu aux autres partis. Le Parti libéral mise sur des gains au Québec pour compenser les pertes de sièges qu’il anticipe dans les provinces atlantiques et dans l’Ouest. Justin Trudeau entend participer à un grand rassemblement à Montréal dès les premiers jours de la campagne.

Le Parti conservateur, pour sa part, ambitionne de remporter au moins 20 sièges dans la Belle Province afin d’arracher le pouvoir aux libéraux. Andrew Scheer lancera sa campagne nationale à Trois-Rivières aujourd’hui, signe qu’un retour au pouvoir passe inexorablement par des gains au Québec.

Le NPD, qui compte 15 sièges au Québec, cherche à sauver les meubles dans la province pour ne pas sombrer à nouveau dans la marginalité après être passé près du pouvoir en 2015.

Enfin, le Bloc québécois reluque aussi une vingtaine de sièges pour clouer le bec à ceux qui s’amusent à écrire sa nécrologie depuis huit ans.

Dans les rangs libéraux, on souhaite articuler la campagne autour d’un thème. On plaidera pour la continuité à Ottawa afin de mener à bien les grands chantiers de changement lancés au cours des quatre dernières années : la réduction des inégalités sociales, la lutte contre les changements climatiques et la réconciliation avec les peuples autochtones, entre autres. Ils miseront sur les forces de leur chef, qui sait relever d’un cran son jeu quand la pression est forte et qui carbure aux bains de foule. Et ils espèrent que les milliards de dollars qu’ils ont fait pleuvoir dans plusieurs circonscriptions cruciales en août et au début de septembre rapporteront des dividendes le jour du vote.

Un référendum sur le bilan libéral

Chez les conservateurs, on tient à ce que cette campagne soit un référendum sur le bilan du gouvernement libéral. La question qu’ils poseront aux électeurs : « Voulez-vous quatre autres années de gouverne sous Justin Trudeau ? » Ils étofferont cette question en soulevant l’affaire SNC-Lavalin, les déficits qui s’accumulent, les promesses jetées aux orties et les conflits diplomatiques avec la Chine, l’Inde et l’Arabie saoudite, entre autres.

La bataille des idées s’annonce corsée. Les coups bas vont aussi fuser. Et les imprévus vont faire dérailler les stratégies politiques soigneusement élaborées depuis des mois. Car les rebondissements demeurent inhérents à toute campagne électorale.

L’issue de cette campagne déterminera l’avenir de certains des chefs en poste. En tête de liste, le chef du NPD, Jagmeet Singh, qui risque de se faire montrer la porte par ses troupes s’il ne parvient pas à relancer son parti. Le NPD se fait souffler dans le cou par le Parti vert d’Elizabeth May depuis quelques mois et il pourrait connaître son pire résultat électoral en un quart de siècle, soit depuis les élections de 1993, quand il n’avait remporté que neuf sièges sous la houlette d’Audrey McLaughlin. Déjà, des murmures d’insatisfaction se faisaient entendre dans les rangs néo-démocrates en février, alors qu’il tentait de se faire élire aux Communes dans Burnaby-Sud lors d’une élection partielle.

À la tête du NPD depuis octobre 2017, M. Singh jouit d’un avantage : les attentes sont peu élevées à son endroit. Ses adversaires pourraient quand même commettre une erreur en le sous-estimant.

Et Maxime Bernier, dans tout cela ?

Le chef du Parti populaire du Canada (PPC) se retrouve dans une situation tout aussi délicate alors qu’il risque d’être exclu de tous les débats des chefs. 

Sa carrière politique et la survie même de son parti, qu’il a créé il y a un an après avoir claqué la porte du Parti conservateur, sont en jeu durant cette campagne. Cela explique pourquoi les conservateurs mettent toute la gomme afin de l’envoyer au chômage politique dans sa circonscription de Beauce.

Une défaite de Maxime Bernier pourrait sonner le glas de son nouveau parti. Pour ajouter à l’intrigue de la bataille politique dans Beauce, le Parti Rhinocéros a confirmé l’identité de son candidat hier. Et il porte le même nom que le chef autoproclamé du Parti populaire.

Le Bloc retrouve ses repères

Pour ce qui est du Bloc québécois, son chef Yves-François Blanchet, qui n’a pas de siège à la Chambre des communes, est déjà en position de force avant même que Justin Trudeau ne donne le signal de départ. Sa formation politique, qui compte 10 sièges et qui était à l’agonie alors qu’elle était dirigée par Martine Ouellet, semble avoir retrouvé ses repères. Mieux encore, M. Blanchet a un sens de la réplique qui pourrait déstabiliser ses adversaires durant les débats. Signe de la confiance qu’il a en ses moyens, il a prédit une récolte d’au moins 20 sièges au Québec. Un tel résultat redonnerait au Bloc québécois une influence non négligeable si le verdict des électeurs devait se traduire par l’élection d’un gouvernement minoritaire le 21 octobre.

élections fédérales 2019

Recrutement des candidats

Nombre de candidats investis par parti au Québec et au Canada en date du 10 septembre 2019

Parti politique Québec Canada

Parti libéral du Canada 68 302

Parti conservateur du Canada 78 338

Nouveau Parti démocratique 37 204

Bloc québécois 56 s.o.

Parti vert du Canada 72 310

Parti populaire du Canada 73 315

Le Canada compte 338 circonscriptions fédérales, dont 78 au Québec.

— Fanny Lévesque, La Presse

Mot du directeur de l’information

Une couverture riche dans La Presse

Le signal de départ officiel de la campagne électorale fédérale sera donné à 10 h ce matin lors de la visite de Justin Trudeau à Rideau Hall. Pour La Presse, le moment marquera l’aboutissement de longs préparatifs qui nous permettront de vous offrir d’ici au 21 octobre une couverture exhaustive des élections, tant au Québec qu’ailleurs au Canada.

Cette couverture est déjà bien commencée, comme en témoignent par exemple nos récentes entrevues exclusives avec M. Trudeau et avec le chef du Parti conservateur Andrew Scheer, de même que les bilans des principales réalisations – et des échecs – du gouvernement libéral. Leur publication se poursuit jusqu’à vendredi.

Au cours des prochaines semaines, notre chef de bureau à Ottawa, Joël-Denis Bellavance, qui couvrira les élections fédérales pour la neuvième fois, mettra à profit sa vaste expérience pour débusquer des nouvelles exclusives et analyser les rebondissements de la campagne. Nos correspondantes parlementaires Mélanie Marquis et Fanny Lévesque seront sur le terrain pour décrire les luttes et les candidats les plus intéressants et témoigner des enjeux qui préoccupent les électeurs de Vancouver ou de Toronto autant que de Saguenay, Sept-Îles ou Gaspé.

Ce trio sera épaulé par plusieurs journalistes de notre salle de rédaction et par le chef de notre bureau à l’Assemblée nationale, Denis Lessard, qui traitera de l’actualité électorale dans la perspective des relations entre Québec et Ottawa.

Nos chroniqueurs ne seront pas en reste. Yves Boisvert, Isabelle Hachey, Marie-Claude Lortie, Rima Elkouri et Stéphanie Grammond vous présenteront des reportages qui vous feront découvrir différentes facettes de la réalité canadienne, des Territoires du Nord-Ouest à Terre-Neuve en passant par l’Alberta et l’Ontario. Pour sa part, notre chroniqueur économique Francis Vailles publiera samedi les résultats d’une analyse inédite qu’il a réalisée sur le sort de la classe moyenne au Canada.

Notre couverture se déclinera sur toutes nos plateformes – La Presse+, lapresse.ca et notre application mobile – et inclura également des portraits des chefs des six principaux partis et plusieurs dossiers thématiques.

DÉBATS DES CHEFS ET INFOLETTRE

À titre de membre du Partenariat canadien de production des débats, nous diffuserons sur lapresse.ca et sur notre page Facebook les débats des chefs du 7 octobre (en anglais) et du 10 octobre (en français), qui promettent de faire partie des moments phares de la campagne.

Finalement, pour recevoir un compte rendu quotidien de l’actualité électorale, abonnez-vous à notre infolettre Le courrier électoral, livrée à 19 h, sept jours sur sept, à compter d’aujourd’hui.

élections fédérales 2019

15 circonscriptions à suivre au Québec

Aperçu de circonscriptions où la joute électorale s’annonce intéressante 

Candidats vedettes, luttes serrées... Quelles seront les circonscriptions à suivre au Québec en vue du scrutin du 21 octobre ? Tour d’horizon.

Beauce

Maxime Bernier remportera-t-il son pari ? Celui qui a anéanti ses adversaires aux scrutins de 2006 à 2015 pour le Parti conservateur du Canada (PCC) pourrait devenir le premier – et peut-être le seul – député élu pour le Parti populaire du Canada, dont il est le chef et fondateur. Il avait récolté presque 60 % des voix en 2015. Forcés de dénicher une pointure de taille pour l’affronter dans un duel tout à droite, les conservateurs ont désigné Richard Lehoux, maire de Saint-Elzéar pendant 19 ans et ex-président de la Fédération québécoise des municipalités.

Belœil–Chambly

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, tente de faire son entrée à la Chambre des communes. Il devra toutefois se mesurer au néo-démocrate Matthew Dubé, qui brigue un troisième mandat et qui avait triomphé dans une lutte serrée avec le Bloc et le Parti libéral du Canada (PLC) en 2015. Le parti souverainiste a toutefois ses racines dans ce secteur de la Rive-Sud de Montréal : il a aligné de fortes majorités dans les années 2000 dans la défunte circonscription de Chambly–Borduas.

Berthier–Maskinongé

D’abord vue comme une députée quasi inconnue portée par la vague orange de 2011, Ruth Ellen Brosseau s’est affirmée au cours des années comme une figure incontournable au sein du caucus néo-démocrate comme dans sa circonscription. Réélue sans peine en 2015, elle tente désormais de décrocher un troisième mandat. Il s’agira d’un bon test pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) au Québec, dans une circonscription que le PLC a sur son écran radar.

Brome–Missisquoi

La circonscription estrienne a porté trois couleurs politiques depuis 2006. La course est donc ouverte, d’autant plus que le vétéran libéral Denis Paradis met un terme à sa carrière politique. L’ex-cycliste et olympienne Lyne Bessette tentera de garder Brome–Missisquoi en rouge. Elle trouvera sur sa route la syndicaliste Monique Allard, du Bloc, ainsi que Sylvie Jetté, du NPD, qui enseigne les sciences infirmières.

Jonquière

À l’évidence, les conservateurs misent gros sur le Saguenay–Lac-Saint-Jean, une région où ils ont fait plusieurs gains par le passé. Le dernier en date est le triomphe sans appel de l’entraîneur de hockey Richard Martel l’année dernière. Dans Jonquière, le PCC joue de nouveau la carte du sport en présentant l’ex-athlète paralympique Philippe Gagnon. Il affrontera la députée sortante, la néo-démocrate Karine Trudel, élue en 2015 au terme d’une lutte serrée avec le PLC. Le parti de Justin Trudeau n’a pas encore désigné de candidat pour le présent scrutin.

Laurentides–Labelle

Le libéral David Graham était sorti gagnant d’une lutte à trois en 2015 et souhaite se faire réélire. Or, le Bloc avait offert une bonne bataille et compte toujours sur une base solide dans les Laurentides. Le parti mise cette fois sur Marie-Hélène Gaudreault, bien connue pour son implication communautaire, afin de reconquérir une circonscription qu’il a détenue de sa création en 2004 jusqu’à ce qu’elle vire à l’orange en 2011.

Laurier–Sainte-Marie

Après avoir délogé Gilles Duceppe en 2011 et lui avoir résisté en 2015, la néo-démocrate Hélène Laverdière tire sa révérence. C’est la militante Nimâ Machouf qui tentera de lui succéder dans cette circonscription montréalaise favorable aux candidats progressistes. Ce n’est donc pas un hasard si le PLC y a investi Steven Guilbeault, fondateur d’Équiterre et figure médiatique importante de la lutte contre les changements climatiques. C’est le romancier Michel Duchesne qui tentera de reconquérir la circonscription pour le Bloc.

Longueuil–Saint-Hubert

Bien malin est celui qui saura prédire le dénouement dans cette circonscription de la Montérégie. Le député sortant Pierre Nantel brigue un troisième mandat, mais c’est cette fois pour les verts qu’il se présente, après avoir été expulsé du NPD au cours de l’été – le parti avait appris qu’il discutait avec d’autres partis. M. Nantel affrontera cette fois le libéral Réjean Hébert, ex-ministre péquiste sous Pauline Marois, ainsi que le comédien Denis Trudel, qui représentera de nouveau le Bloc après avoir tenté sa chance en 2015. Le NPD n’a pas encore désigné son candidat.

Louis-Hébert

Les conservateurs détiennent déjà la majorité des sièges dans la grande région de Québec, et ils veulent sans conteste accroître encore cette présence. Louis-Hébert a changé d’allégeance à chaque scrutin depuis 1997. Le libéral Joël Lightbound tente aujourd’hui de se faire confier un second mandat, après l’avoir emporté en 2015 par presque 5000 voix sur son poursuivant conservateur. Cette fois, le PCC lui oppose Marie-Josée Guérette, femme d’affaires issue du milieu de la finance et bien connue dans la Vieille Capitale.

Montmagny– L’Islet–Kamouraska– Rivière-du-Loup

Les matchs serrés ne sont plus une nouvelle dans cette circonscription du Bas-Saint-Laurent, où les deux dernières élections se sont soldées par un dépouillement judiciaire. Le conservateur Bernard Généreux y a perdu son siège par 9 voix aux mains du NPD en 2011, avant de le reconquérir par 272 votes devant son opposante libérale en 2015. Le vétéran conservateur sera de nouveau l’homme à battre, mais le NPD souhaite se réinviter dans la course en présentant le cinéaste Hugo Latulippe. Les libéraux sont pour leur part représentés par Aladin Legault-D’Auteuil, employé du ministère des Affaires étrangères, et le Bloc par Louis Gagnon, enseignant de littérature du cégep de Rivière-du-Loup.

Québec

Probablement le seul siège sûr dans la région de la Capitale-Nationale pour les libéraux. Jean-Yves Duclos, ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, défendra son siège remporté in extremis en 2015. Le Bloc espère toutefois y causer une surprise, alors que Christiane Gagnon, qui a été députée de la circonscription de 1993 à 2011, tente un retour en politique.

Rivière-du-Nord

Avec Sylvie Fréchette, les conservateurs tentent de frapper un grand coup dans cette circonscription où ils ne se sont jamais démarqués. La médaillée olympique en nage synchronisée est connue autant à l’échelle nationale que dans ce coin des Laurentides, où elle travaille comme entraîneuse. L’ex-athlète aura toutefois fort à faire pour déloger le bloquiste Rhéal Fortin, qui a reconquis en 2015 ce bastion bloquiste perdu au NPD le temps d’un mandat.

Rosemont– La Petite-Patrie

Chef adjoint du NPD et principal visage du parti au Québec, Alexandre Boulerice demeure en bonne posture pour obtenir un troisième mandat. Il n’a pas été inquiété en 2011 ni en 2015, raflant chaque fois la moitié des voix.

Sherbrooke

Fidèle à ses élus fédéraux, Sherbrooke n’a connu que quatre députés depuis 1972. Le néo-démocrate Pierre-Luc Dusseault pourrait profiter de cette fidélité en obtenant un troisième mandat (à 28 ans seulement), mais les libéraux et les conservateurs ont désigné des candidats influents. Justin Trudeau lui-même a assisté à l’investiture d’Élisabeth Brière, notaire bien connue des milieux communautaires. Et c’est l’entrepreneur Dany Sévigny qui sera le visage des conservateurs.

Trois-Rivières

Le NPD espère conserver ses assises en Mauricie, mais le défi est de taille à Trois-Rivières. Pour obtenir un troisième mandat, le député sortant Robert Aubin devra surclasser le candidat conservateur Yves Lévesque, élu maire de Trois-Rivières en 2001 et réélu systématiquement jusqu’en 2017. Il y a quatre ans, M. Aubin avait dû trimer dur pour l’emporter sur son rival libéral. Cette fois, le PLC a désigné la conseillère municipale Valérie Renaud-Martin.

élections fédérales 2019

Sur le radar hors Québec

Quels affrontements seront à suivre à l’extérieur du Québec ? Cinq endroits à garder à l’œil.

Markham–Stouffville (Ontario)

La solidarité de Jane Philpott avec sa collègue Jody Wilson-Raybould dans l’affaire SNC-Lavalin a valu à la présidente démissionnaire du Conseil du Trésor et ex-ministre fédérale de la Santé d’être expulsée du caucus libéral. Qu’à cela ne tienne, la députée et médecin tentera de conserver son siège comme indépendante dans Markham–Stouffville. Pour affronter Mme Philpott, le PLC envoie dans la mêlée Helena Jaczek, ex-ministre de la Santé de l’Ontario et elle aussi médecin. Les deux femmes devront toutefois se méfier des conservateurs, qui veulent reprendre cette circonscription de la banlieue de Toronto qu’ils détenaient avant 2015.

Milton (Ontario)

Bien installée dans la grappe bleue de la banlieue de Toronto, l’influente députée conservatrice Lisa Raitt subira un véritable test. L’ex-ministre sous Stephen Harper, élue trois fois par des marges appréciables, voit apparaître dans son viseur Adam van Koeverden, quadruple médaillé olympique en kayak et ancien porte-drapeau de la délégation canadienne. Le militant pour les droits des personnes LGBT est considéré comme l’un des candidats vedettes du PLC sur la scène nationale.

Provinces maritimes

Les libéraux ne peuvent que faire du surplace… ou reculer dans les provinces maritimes. La raison est bien simple : ils y ont raflé les 32 circonscriptions en 2015. Le PCC compte bien s’y réinstaller, lui qui détenait 14 sièges de 2011 à 2015. Le NPD, présent dans l’Est depuis deux décennies, tentera de retrouver ses repères, mais il peine lourdement à dénicher des candidats. Le Parti vert devrait être lui aussi très visible, tout particulièrement à l’Île-du-Prince-Édouard, où les verts forment l’opposition officielle à l’échelle provinciale.

Regina–Wascana (Saskatchewan)

Prévoyant un véritable raz-de-marée dans l’ouest, le PCC rêve de repeindre entièrement en bleu l’Alberta et la Saskatchewan. Mais pour ce faire, il devra conquérir Regina–Wascana, village gaulois libéral de la Saskatchewan défendu par Ralph Goodale depuis un quart de siècle. Le ministre de la Sécurité publique n’avait eu aucun mal à vaincre son rival conservateur Michael Kram en 2015, récoltant 55 % des votes. Le même duel se répète cette année.

Vancouver–Granville (Colombie-Britannique)

Jody Wilson-Raybould se passe désormais de présentations. Ce sont ses révélations et ses sorties musclées contre le bureau de Justin Trudeau qui ont jeté le premier ministre dans la tourmente de l’affaire SNC-Lavalin. Expulsée du caucus libéral le printemps dernier, la députée a conservé son siège comme indépendante et sollicite de nouveau les suffrages. Rien n’est encore joué dans cette région où libéraux et néo-démocrates fondent beaucoup d’espoirs. Pour affronter Mme Wilson-Raybould, le PLC a désigné l’homme d’affaires Taleeb Noormohamed, et le NPD, la militante environnementaliste Yvonne Hanson.

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