Tourisme

Le Festival de jazz, champion des retombées devant la F1

Le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) passe devant le Grand Prix du Canada de F1 comme l’événement touristique québécois qui génère le plus de retombées économiques.

Le FIJM a généré des retombées économiques de 48,5 millions de dollars (valeur ajoutée au PIB du Québec) pour son édition 2017 en vertu de la méthode de calcul utilisée par Tourisme Québec, comparativement à des retombées économiques de 42,4 millions pour le Grand Prix du Canada de F1 en 2015 (la plus récente étude disponible dans le cas du Grand Prix).

Le FIJM, qui rendra officiellement publique ce matin sa dernière étude de retombées économiques, devance aussi le Grand Prix du Canada en matière de retombées fiscales pour les gouvernements du Québec et du Canada.

Le FIJM génère 10,3 millions de recettes fiscales, comparativement à 8,1 millions pour le Grand Prix de F1. Le FIJM a reçu des subventions de 5 millions l’an dernier, ce qui donne un surplus fiscal net de 5,3 millions. La F1 reçoit une subvention d’environ 18,7 millions, ce qui donne un déficit fiscal net de 10,6 millions. Les gouvernements touchent toutefois environ 4 millions par an en redevances sur les billets de F1 – en comptant ces redevances, le déficit fiscal net du Grand Prix passe donc à environ 6,6 millions.

En matière de retombées économiques liées aux touristes hors Québec, le Grand Prix de F1 conserve son premier rang. Environ 85 % des retombées économiques totales du Grand Prix proviennent des touristes hors Québec, soit 36,0 millions. Pour le FIJM, 60 % des retombées économiques sont l’œuvre de touristes hors Québec, soit 29,1 millions.

Grâce la gratuité, dit le festival

Le PDG du FIJM, Jacques-André Dupont, attribue le succès économique de son événement à la popularité de ses spectacles gratuits. 

« Notre fierté vient du fait qu’on fait ça [des retombées économiques] avec un événement à 80 % gratuit », dit M. Dupont en entrevue avec La Presse. La richesse est créée par de la gratuité. C’est comme si on donnait 2 millions de billets à la communauté pour une programmation comparable à ce qu’on fait dans les salles. Les gens découvrent de nouvelles musiques, de nouvelles cultures. Les retombées culturelles et sociales sont tout aussi importantes [que les retombées économiques]. »

Le FIJM accueille avec philosophie son premier rang en matière de retombées économiques selon la méthode de Tourisme Québec. « Nous sommes très fiers d’être dans le peloton de tête et Montréal est une position extraordinaire avec une trame événementielle, dit Jacques-André Dupont. Le Grand Prix performe bien, Osheaga performe bien, nous avons plusieurs événements reconnus mondialement qui font l’envie de bien des métropoles. » Le Grand Prix du Canada doit normalement actualiser son étude de retombées économiques à la suite de l’édition de 2019.

Hausse de 24 % en un an

Le FIJM a connu une hausse de 24 % de ses retombées économiques en 2017, par rapport aux retombées de 39,1 millions en 2016.

Cette hausse s’explique par quatre raisons, selon le FIJM. Premièrement, l’événement a duré exceptionnellement 11 jours l’an dernier, plutôt que 10 jours. Deuxièmement, le FIJM a bénéficié d’une subvention supplémentaire de 1 million l’an dernier en raison du 375e anniversaire de Montréal et du 150e anniversaire du Canada.

« Nous avons mis ces nouveaux dollars dans notre programmation. Dès que nous investissons dans le produit, nous voyons directement l’impact sur nos chiffres touristiques. »

— Jacques-André Dupont, PDG du FIJM

Le nombre de touristes a ainsi augmenté de 25 % pour atteindre 207 136 participants en 2017. Le nombre de touristes venus principalement pour le FIJM – les touristes « centrés », les seuls qui sont comptabilisés dans les retombées économiques selon la méthode de Tourisme Québec – a augmenté de 32 % pour s’établir à 83 258 touristes « centrés ». 

Ces touristes venus principalement pour le FIJM ont généré 46,5 millions de dollars en dépenses touristiques et 48,5 millions en retombées économiques (valeur ajoutée au PIB). L’écart de 2 millions s’explique par l’ajout d’une partie des dépenses d’organisation de l’événement, conformément à la méthode de Tourisme Québec.

Une méthode uniformisée au Québec

Depuis 2015, le ministère du Tourisme du Québec a imposé une méthode uniforme pour calculer les retombées économiques des festivals et événements.

« On voit que parmi la vingtaine d’études depuis 2015, c’est le FIJM qui a les retombées économiques les plus importantes. La force du Festival de jazz, c’est l’attractivité auprès de la clientèle hors Québec », dit Martin Roy, PDG du Regroupement des événements majeurs internationaux (REMI), un organisme réunissant la plupart des événements touristiques au Québec, dont le FIJM (mais pas le Grand Prix de F1).

Tourisme Montréal estime que le FIJM est l’un des « événements phares » de Montréal. « Sa programmation de grande qualité et son animation urbaine unique participent à la réputation de Montréal à titre de grande ville culturelle et touristique », a indiqué Yves Lalumière, PDG de Tourisme Montréal, dans une déclaration écrite.

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