Confidences de voyageurs

L’aventure avec des tout-petits

Pour Claudine Trudel et Pascal Isabelle, le voyage est un mode de vie. Les deux complices de 32 ans de Shawinigan parcourent le monde ensemble depuis 2004. Ainsi, la venue de Florence, aujourd’hui âgée de deux ans et demi, et de son petit frère Vincent, 7 mois, n’allait pas freiner leurs envies de découverte, au contraire. Ils reviennent tout juste d’un voyage en famille de six semaines en France, en Suisse et en Italie. Ils nous présentent leurs trucs, astuces et anecdotes.

Est-ce qu’il y a un mode d’emploi pour voyager avec des tout-petits ?

Claudine : On essaie de voyager le plus léger possible – avec deux poussettes et deux sièges d’enfant, on en a déjà plein les bras ! On a donc une seule valise pour la famille et on achète ce dont on a besoin sur la route. En Écosse, on a apporté 90 couches dans nos valises, mais on s’est bien rendu compte qu’il y en a aussi sur place. On avait aussi apporté un sac de jouets pour Florence, mais elle s’est finalement amusée avec des roches et des ustensiles en plastique !

Pascal : Et partout, il y avait des gens autour de nous qui étaient bien heureux de nous donner un coup de main ! Quand on est arrivés aux Cinque Terre, en Italie, il y avait une véritable délégation qui nous accompagnait. Les gens venaient au-devant de nous pour nous aider !

De quelle façon doit-on envisager le déroulement d’un voyage avec de très jeunes enfants ?

Claudine : On n’a pas visité beaucoup de régions, on a essayé de bouger le moins possible pour ne pas tanner les enfants. On faisait de 30 minutes à 1 heure de route dans un sens, rarement plus. Et on essaie de faire coïncider le chemin du retour avec les siestes des petits. Il faut être à l’écoute. À notre premier voyage avec Florence, en Écosse, elle a pété de solides crises : elle était trop éveillée et notre rythme était trop rapide. Mais cela dit, il ne faut surtout pas avoir peur de partir.

On doit certainement faire quelques sacrifices ?

Pascal : Ce n’est pas complètement rose, car il faut s’ajuster au rythme des enfants – il faut se lever tôt le matin ! À notre premier voyage, on y allait pour visiter ; aujourd’hui, on a moins d’attentes, et on y va pour vivre des expériences avec nos enfants.

Claudine : Se lever tôt n’est toutefois pas toujours un inconvénient. Quand on a visité les Cinque Terre, en Italie, on était sur place à 7 h. On a fait faire les siestes aux enfants à 10 h, justement quand les hordes de touristes arrivaient. À Rome, on n’a pas visité de musée et on n’a pas fait de visite guidée, mais on a découvert la ville autrement.

Au contraire, est-ce que voyager avec des enfants a ses avantages ?

Claudine : Les gens vont plus vers nous, et vice-versa. En couple, on était davantage dans notre bulle. On fait plus de rencontres quand on a des enfants. Ça finit que tu jases beaucoup plus avec des gens de la place. Aussi, en Suisse, on s’est fait inviter par des amis du couple avec qui on a échangé nos maisons. On a mangé une vraie raclette, on a bu du vin suisse et ils nous ont donné de bons conseils sur les choses à voir dans le coin.

Pascal : J’ai vraiment adoré la proximité que ça permet d’avoir avec les gens. On se faisait toujours aborder avec de beaux sourires, le contact avec les gens était précieux, surtout en Italie. Une dame a même ouvert ses volets exprès pour voir le bébé !

Est-ce que le décalage horaire peut être difficile pour les petits ?

Claudine : Florence se réveillait en pleine nuit dans les premiers jours… Ça prend plus de temps pour trouver le rythme de la place, mais il ne faut pas forcer les choses, quitte à vivre sur un horaire atypique. Il ne faut pas s’épuiser si on veut en profiter.

Pascal : À notre retour, quand je suis retourné au travail, Florence se levait à 2 h du matin… Ça a duré 10 bons jours avant que je puisse avoir une nuit de sommeil normale, d’autant plus qu’on a un petit gars qui se réveille toujours la nuit.

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Claudine : C’est certain ! Tu décroches tout de suite avec les enfants. À l’aéroport, tu es déjà en voyage ! Le but n’est pas qu’ils se souviennent de ce qu’ils ont vu, mais on a vécu une belle expérience avec eux dans un cadre différent. Aussi, on essaie de rapporter ici ce qu’on a goûté là-bas. Prendre le temps de se poser, de s’imposer moins de choses à faire. Et, pourquoi pas, laisser la maison un peu plus bordélique !

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.