Société

Tatoueurs superstars

Leurs œuvres sont prisées par les collectionneurs, l’emploi du temps des tatoueurs les plus demandés est géré par un agent, ils sont victimes de plagiat et rayonnent dans tous les nouveaux médias. Zoom sur une réalité haute en couleur.

La collection

Au même titre que les collectionneurs de toiles ou d’art autochtone ajoutent une à une des pièces à leur collection, les amateurs de tatouages accumulent les… tatouages. Ils n’exposent pas leurs œuvres sur les murs ou dans des présentoirs de verre, mais bien sur leur corps. Certains collectionneurs voyagent expressément pour rencontrer un artiste ; d’autres rapportent une pièce d’encre en souvenir de leur périple, à l’image d’un passeport.

« Notre domaine a tellement grossi que les gens vont collectionner les tatouages comme si c’était une peinture. Ça n’a pas de valeur de revente, mais ça a une grosse valeur émotive. Et plus le tatoueur est populaire, plus il a de notoriété. Le tatouage prend de la valeur et son travail gagne en valeur aussi. »

Appelez mon agente

« C’est ma fiancée/agente qui s’occupe de mon agenda », a répondu Luka Lajoie – outre les formalités – lors de notre première demande d’entrevue. Comme un nombre grandissant de tatoueurs prisés, et à l’instar de la majorité des artistes au sens large, Luka a une agente. Quand Ariane Roberts l’a rencontré, elle étudiait en gestion et travaillait en restauration. Voyant que son chum n’avait pas la bosse des affaires, elle a mis la main à la pâte. « Au début, je ne faisais que gérer ses rendez-vous. Puis on a déménagé le studio de Repentigny à Montréal. J’ai pris de plus en plus de place. Et là, ça fait trois, quatre ans que je fais ça à temps plein. » « Elle est là et je dépends d’elle, admet Luka. Au début, c’était plus un luxe ; maintenant, je suis rendu son esclave [rires]. Elle s’occupe de tout ! Je me concentre sur mes tatouages, et s’il y a trop de choses autour, ça ne fonctionne pas. » Ariane s’occupe de son horaire, de ses listes d’attente, de ses finances, des commanditaires, mais aussi de toute la logistique des voyages pour les congrès. Elle l’aide avec la gestion des médias sociaux et elle est de plus en plus sollicitée par les autres tatoueurs de leur studio.

Plagiat inévitable

L’art du tatouage n’échappe pas au plagiat. Des artistes voient régulièrement des reproductions de leurs œuvres immortalisées sur des corps qu’ils n’ont jamais tatoués. David Peyote fait presque uniquement du sur-mesure ; il dessine un tatouage pour la personne qui est devant lui selon les demandes spéciales de son client et son interprétation artistique. Sa démarche est réfléchie et personnelle.

« Le plagiat dans le tatouage, je le vois comme un manque de respect. Pas nécessairement envers moi, mais envers le client, parce que je fais quelque chose qui est basé sur mon feeling quand j’ai rencontré cette personne-là. C’est une appropriation directe. »

— David Peyote, tatoueur

De tatoueur à youtubeur

Il y a environ un an, Luka Lajoie a décidé d’élargir ses horizons et de se lancer dans la production vidéo. Un filon qu’il compte exploiter de plus en plus. « Je me suis mis à être fan de différents youtubeurs. Jusqu’à ce que j’allume qu’il n’y avait à peu près aucun contenu dans le tatouage. J’ai un grand intérêt pour la photo et le cinéma, alors ça avait du sens que je m’en aille là-dedans. Je commence ça, on va voir ce que ça donne… Je souhaite travailler le plus longtemps possible, peaufiner mon tatouage et avoir une audience qui va me suivre. »

Des tatoueurs québécois à découvrir

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