ESSAIS ROUTIERS POUR NON-INITIÉES

VUS recherché pour bobo aventurière

Planche de surf, vélos, planche à neige, skis de fond… Non seulement le coffre doit être spacieux pour contenir mes équipements sportifs qui dépassent le maillot de bain et le pince-nez, mais je veux aussi pouvoir y dormir en inclinant la banquette, question de satisfaire ma nature bohème. Plus encore ? Je cherche un véhicule à traction intégrale, pas trop gourmand à la pompe et de taille convenable pour la vie urbaine quotidienne. Des besoins précis, vous dites ?

Dans ce deuxième volet de notre série, Audrey Ruel-Manseau teste trois modèles de VUS. 

Découverte, anecdotes et constats

Je fuis la ville, le béton et le bitume le plus souvent possible. Mon besoin d’évasion se comblant à petite échelle par des escapades de surf sur la côte Est, des randonnées en forêt ou du bon temps au repaire familial hors de la ville.

Sans adhérer complètement à la « vanlife », j’aime aussi être libre de dormir là où ça me chante. Et au-delà de tous ces moments de bonheur qu’il peut me permettre de vivre, mon véhicule doit également être compatible avec mon milieu de vie : le Plateau Mont-Royal.

Pour toutes ces raisons, le choix logique est de me tourner vers les véhicules utilitaires sport ; les voitures étant trop petites pour mes besoins, les minifourgonnettes étant trop grosses – et moins dans mes goûts – pour mon quotidien urbain.

Au cours de la saison estivale riche en aventures, j’ai mis à l’essai trois VUS 2019 considérablement différents : le Chevrolet Blazer, le Nissan Rogue et le Toyota RAV4 hybride.

Le Chevrolet Blazer

Mis à l’essai au cours d’une traversée en Gaspésie, le Chevrolet Blazer a fait tourner des têtes partout sur son passage. Dans une station-service de Donnacona, un jeune homme s’est approché : « Wow ! C’est quoi ce modèle-là ? Un Blazer ! Il est vraiment beau ! » La jeune trentenaire que je suis ne pouvait qu’acquiescer. Le look propre au Blazer des années 70-80 est mythique. Et même si son profil actuel n’a plus rien à y voir, le modèle rafraîchi a de la gueule ! Oui, il consomme passablement d’essence, mais pas plus que les autres VUS de sa catégorie. Côté confort, c’est un 10/10. Après une journée de route de près de 1000 km, mon conjoint, qui a des problèmes de genoux et de dos, ne ressentait aucune douleur. Ça tient du miracle ! Les espaces de rangement sont aussi très appréciables, nombreux et vastes. Il est même possible d’égarer une paire de sandales dans le compartiment d’une porte… !

Le Nissan Rogue

L’expérience a drôlement commencé avec le Rogue. N’ayant pas d’escapade prévue durant la période d’essai, j’ai testé son confort au ciné-parc. Stationnés avec les autres VUS hayons ouverts, bien assis dans la partie arrière avec les bancs parfaitement inclinés à 45 degrés, tout se déroulait à merveille… jusqu’à ce que la radio s’éteigne après 15 minutes. Comme le démarrage se fait sans contact, il n’était pas possible de laisser la clé tournée pour les accessoires. Après quelques tentatives, la lecture du manuel d’instructions et des recherches sur Google, impossible de trouver comment laisser la radio – et le son du film – fonctionner. Ça reste anecdotique et ce détail n’a pas influencé mon appréciation globale du véhicule. De façon générale, ce véhicule me convenait moins. L’ajustement du siège était inconfortable pour ma taille et ma vision était considérablement obstruée par le cadre des portes lorsque je vérifiais mes angles morts du côté conducteur. Autre point négatif : l’habitacle pour les passagers arrière n’est pas très haut, comme l’a constaté mon frère, un moyen gaillard de 5 pieds 10 pouces, qui s’y est cogné la tête à la traverse d’un simple dos d’âne. Bon à savoir si vous êtes le taxi de vos grands ados. 

Points positifs : la consommation d’essence n’est pas démesurée pour un VUS. Les bancs de cuir beige dans le modèle essayé lui donnent une touche chic et très jolie. Le toit ouvrant panoramique est réellement impressionnant et rend l’environnement très lumineux. Le Rogue demeure un véhicule tout usage très bien, pratique quand vient le temps de se stationner en ville.

Le RAV4 hybride

Agréable à conduire, spacieux et, évidemment, économe, le RAV4 hybride m’a agréablement surprise. En arrivant chez le concessionnaire, j’éprouvais une crainte au sujet de l’espace intérieur, puisque j’avais ma plus longue planche avec moi (7 pieds) et que le toit n’était pas équipé de barres transversales. Mais, surprise, ma planche s’insérait à la perfection dans l’habitacle arrière. Une première qui, dans mon cas, venait de donner beaucoup de points à ce modèle, puisque j’aime aller surfer dans les rapides de Montréal entre deux obligations. Alors de pouvoir laisser les planches dans la voiture plutôt que sur le toit du véhicule est un énorme plus pour moi. J’ai d’ailleurs testé ses limites en transportant trois planches en plus des bagages de deux adultes pour un périple d’un week-end, et ce fut un succès. Le silence de la conduite est fort appréciable, sans parler de l’économie d’essence : un seul plein pour aller au Vermont, aller-retour depuis Montréal. À ma grande surprise, le véhicule avait tout de même une bonne puissance d’accélération et le système de conduite assistée était impressionnant.

Espace de rangement

Concernant l’espace intérieur – un critère majeur pour moi –, aucun des trois n’était parfait. Le Chevrolet Blazer était très spacieux. La planche, le vélo, même les cannes à pêche, tout entrait sans problème. On y a dormi à deux et il nous a donné droit à un réveil magnifique au bord du fleuve Saint-Laurent. Le hic, c’était la hauteur de l’habitacle arrière. Impossible de s’asseoir sans se courber le dos. Mais bon, à part les beach bums, surfeurs et bohèmes, qui veut être confortablement assis dans le coffre arrière de sa voiture ? Le Nissan Rogue était plus haut une fois les bancs complètement baissés. Par contre, il était trop court pour qu’une petite personne de 161 cm puisse s’allonger complètement et moins logeable de façon générale ; mon vélo entrait de justesse en tournant la roue vers le haut. Le Toyota RAV4 était assurément le plus spacieux des trois, sans que le véhicule soit tellement plus long et encombrant à stationner. Son point négatif, c’est que les dossiers de la banquette ne se penchent pas complètement et laissent une petite inclinaison agaçante pour le camping.

Des pommes et des oranges

Il faut dire que la gamme diffère d’un modèle à l’autre avec, entre le Rogue et le Blazer, une différence de 15 000 $ (voir autre onglet). Évidemment, ce dernier était équipé d’une foule de gadgets fort intéressants qui influencent positivement l’expérience générale. La connexion 4G LGE (frais mensuels) permettant l’utilisation du système de navigation connecté à l’internet et le hotspot WiFi intégré nous ont été particulièrement utiles pour la longue route. Sans parler des bancs ventilés et de la base de recharge automatique pour le cellulaire, que le RAV4 possède également. Les bancs ventilés sont aussi offerts en option pour le Rogue. Il s’agit d’une fonctionnalité fort agréable, surtout avec des bancs en cuir lorsque le mercure monte.

Comparatif
Chevrolet Blazer AWD, Nissan SL Platine Rogue et Toyota RAV4 Hybride

Chevrolet Blazer AWD 2019

Prix de base : 46 300 $

Prix du modèle essayé : 55 635 $

Consommation en ville : 12,7 L/100 km

Consommation sur l’autoroute : 9,5 L/100 km

Moteur : essence, V6, 3,6 L

On aime : Le confort des sièges. Les nombreux et vastes espaces de rangement. Le toit ouvrant panoramique. La conduite assistée. Les prises USB de type A et de type C, et la prise 120 V à l’arrière de la console avant. L’écran central, le système de navigation couplé à la connexion internet, le système audio, la recharge sans fil pour le téléphone. La vision panoramique des caméras. Le look.

On aime moins : Le fait que la majorité des « on aime » soient inclus dans un achat forfaitaire à 4395 $. La consommation d’essence. L’habitacle intérieur trop bas pour s’asseoir si on y dort. La taille des fenêtres, principalement la lunette arrière.

Verdict : Le Blazer a été une découverte surprenante. Son confort est un point très positif, tout comme l’assistance à la conduite. Le prix et la consommation d’essence sont un pensez-y-bien, par contre.

Nissan SL Platine Rogue Ti 2019

Prix de base : 37 498 $

Prix du modèle essayé : 40 313 $

Consommation en ville : 9,60 L/100 km

Consommation sur l’autoroute : 7,50 L/100 km

Consommation combinée : 8,7 L/100 km

Moteur : essence, 4 cylindres, 2,4 L

On aime : Le toit ouvrant panoramique. Le format pour le stationnement, la tenue de route et la traction intégrale intelligente. Les barres transversales pour attacher de l’équipement sur le toit.

On aime moins : L’espace intérieur insuffisamment profond pour y transporter des planches ou des skis de fond, et serré pour un vélo. L’inclinaison des rétroviseurs lorsque le véhicule est en marche arrière : intéressante pour mieux voir les lignes au sol, mais dangereuse pour vérifier l’arrivée possible de cyclistes, fréquente à Montréal.

Verdict : Le Rogue donne l’impression d’être un VUS « entre deux ». Il porte mal son « S » dès qu’on tombe dans de l’équipement sportif plus volumineux. À considérer si vos besoins sont moindres. Le prix est intéressant et la conduite est simple.

Toyota RAV4 Hybride Limited 2019

Prix de base : 42 090 $

Prix du modèle essayé : 44 291 $

Consommation en ville : 5,8 L/100 km

Consommation sur l’autoroute : 6,3 L/100 km

Consommation combinée : 6 L/100 km

Moteur : système hybride synergétique, essence, 4 cylindres, 2,5 L

On aime : Le format hybride, pour son aspect écologique, économique et sa conduite silencieuse. L’habitacle est spacieux et le coffre est très logeable. La conduite est agréable et confortable. Les caméras, qui offrent une vision 360 degrés pour les stationnements parfois difficiles en milieu urbain.

On aime moins : La lunette arrière, qui pourrait être plus grande et assurer une meilleure vision. Le toit ouvrant, aussi de petite dimension. Le tableau de bord, avec ses grosses roulettes de plastique au look un peu ancien.

Verdict : Si je devais me départir de mon véhicule actuel (un Subaru Forester 2011), je considérerais sérieusement l’achat d’un RAV4. Ses atouts couplés à un prix concurrentiel en font mon premier choix pour cette expérience.

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.