Chronique

Une chronique qui passe par un transistor

Premier sujet de cette chronique entièrement consacrée au monde de la radio : le mariage entre la Guignolée du DGilles Julien et l’émission Samedi et rien d’autre. Vous avez sans doute pris connaissance, en début de semaine, de l’enquête de ma collègue Isabelle Hachey sur le climat de travail toxique qui a régné au sein de l’organisme de pédiatrie sociale que dirige le DJulien.

Depuis 13 ans, l’équipe de Joël Le Bigot offre une fois par année, toujours en décembre, ses quatre heures de temps d’antenne à la cause de la Guignolée du DJulien. L’opération a permis de récolter environ un million de dollars lors de la dernière édition.

Je me suis souvent demandé pourquoi cette émission était si fidèle à cette cause. Pourquoi ne choisissait-on pas d’offrir ce précieux temps d’antenne à d’autres causes ? Je me suis aussi déjà demandé pourquoi une émission de Radio-Canada pouvait elle seule avoir le droit d’appuyer une cause sans que le reste de la station soit impliqué.

On entend régulièrement des émissions de Radio-Canada diffusées en direct d’événements culturels ou communautaires (Salon du livre, Nuit blanche, etc.). Ces ententes sont parfois établies avec la direction de Radio-Canada, parfois directement avec l’équipe de l’émission. C’est le cas du lien qui unit Samedi et rien d’autre et la cause du DJulien. Il s’agit d’une « activité-programme », m’a-t-on précisé.

Cette association vient d’Ève Christian, la chroniqueuse météo de l’équipe. Elle est, avec le comédien et animateur Christian Bégin, marraine de la Guignolée du DJulien. Selon Marc Pichette, directeur des relations publiques à Radio-Canada, c’est Ève Christian qui a « intéressé Joël Le Bigot à cette initiative ».

J’ai aussi demandé à Marc Pichette si l’équipe de Samedi et rien d’autre était au courant de la situation que vivaient des membres du personnel de l’organisme du DJulien. On m’a répondu que « Joël Le Bigot avait entendu parler de la lettre à l’automne » et avait abordé le sujet avec le DJulien « lors des réunions préparatoires en octobre ».

La lettre en question est un document anonyme envoyé aux membres du conseil d’administration de la Fondation du DJulien en avril 2018 dans lequel des employés se disaient victimes d’intimidation de la part de la direction générale.

À la suite des explications de Gilles Julien, l’équipe de Samedi et rien d’autre a décidé de maintenir son association avec la Guignolée et de tenir l’édition qui a eu lieu le 15 décembre dernier.

« Considérant que les fonds recueillis dans cette guignolée sont avant tout destinés aux enfants malades et dans le besoin, Joël et l’équipe de l’émission ont jugé bon de ne pas s’en dissocier pour des problèmes d’administration interne. »

— Marc Pichette, directeur des relations publiques à Radio-Canada

Maintenant que nous disposons d’un plus grand nombre d’éléments, que va faire l’équipe de Samedi et rien d’autre ? Après avoir déclaré qu’il n’y avait pas « urgence » d’agir en début de semaine, Marc Pichette m’a dit jeudi que « l’équipe de l’émission et la direction de la Radio avaient pris connaissance comme tout le monde de l’ampleur de la crise révélée dans les médias » et que l’on surveillait « l’évolution de la situation ».

« Nous déciderons en temps et lieu s’il est pertinent de maintenir l’implication de Samedi et rien d’autre avec cette œuvre », a dit en conclusion Marc Pichette.

Le Dr Julien n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Combien d’auditeurs écoutent QUB radio ?

Beaucoup de gens, dont moi, aimeraient savoir si, cinq mois après son lancement, QUB radio a beaucoup d’auditeurs. Il faut savoir que cette radio, uniquement offerte sur le web, n’est pas « tapée » par Numeris.

Cette radio numérique, qui a remporté récemment trois prix aux Canadian Podcast Awards, a annoncé en grande pompe quelques jours après son lancement qu’elle avait atteint 100 000 téléchargements. Mais ça ne nous dit pas combien de gens prennent la peine d’ouvrir l’application chaque jour pour écouter les diverses émissions.

Chez Québecor, on a refusé de me dire combien de gens écoutent au quotidien les différentes émissions. « Comme vous savez, QUB radio est en ligne depuis seulement cinq mois. Bien que nous ayons accès à plusieurs statistiques d’écoute et de téléchargements, plusieurs choses restent à peaufiner dans le but de perfectionner nos unités de mesure », m’a dit Annie Martineau, attachée de presse pour Québecor.

Des cotes d’écoute du XXIe siècle

Parlant d’écoute radio sur le web, il faut savoir que les résultats des sondages qui sont publiés proviennent uniquement de l’écoute qui est faite en direct par le truchement des moyens traditionnels. Bref, l’écoute sur le web ou par les balados n’est toujours pas comptabilisée.

Chez Numeris, organisme chargé de comptabiliser ces données, on me dit qu’on travaille à faire avancer les choses, mais que cette méthode n’est pas pour demain. « On reconnaît l’importance de cette réalité, m’a dit Sarah McDonald, chargée d’affaires chez Numeris. Pour le moment, on met nos efforts sur la vidéo. On va ensuite s’occuper de l’audio. »

En attendant, les radios doivent s’en remettre à leur propre équipe numérique pour connaître les résultats de l’écoute en balado ou sur le web. Drôle de système alors que les balados connaissent une explosion et que l’écoute en différé devient une pratique courante.

La balado de Fred Savard

Fred Savard a lancé cette semaine le troisième épisode de sa balado. Enregistrée tous les jeudis à Ma brasserie, l’émission a rapidement pris son erre d’aller. Je sais, certains d’entre vous ont du mal avec sa voix et son débit. Mais après trois émissions, je dois dire qu’il a modéré ses ardeurs.

De plus en plus à l’aise, plus chaleureux, plus rond, mais toujours aussi pertinent et caustique, Fred Savard présente une émission à laquelle je suis devenu accro. Elle s’écoute aussi bien à la maison que dans le métro.

Bien entouré, Savard aborde des sujets costauds avec des gens costauds. Et vous savez quoi ? Ça ne fait pas mal du tout !

Lacombe au top 10

L’une des surprises des derniers sondages radiophoniques de Numeris est de voir l’émission Faut pas croire tout ce qu’on dit, animée par Michel Lacombe, faire son entrée au top 10 des émissions les plus écoutées à Montréal. Les grands entretiens, aussi diffusés le samedi sur ICI Première, font également partie de ce palmarès.

Est-ce que ces émissions, qui suivent À la semaine prochaine, bénéficient de l’énorme succès que remporte la populaire revue humoristique de la semaine (elle trône en première position) ? Peut-être, mais c’est aussi parce qu’elles sont bonnes. 

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