Être clown thérapeutique, c’est drôlement sérieux.

Qu’ont-en commun les docteures Jello, Ayayaï, Peanut et Pois-Chiche ? Elles ont des noms complètement farfelus et un talent fou pour injecter une dose de bonne humeur aux enfants hospitalisés. Depuis près de 17 ans, les clowns thérapeutiques de la Fondation Dr Clown offrent leurs services dans les hôpitaux pédiatriques et les écoles spécialisées. Petite incursion dans un monde rempli de lumière et de bienveillance.

Une présence apaisante

Le petit Mathieu, 5 ans, est atteint d’un cancer des yeux. L’administration des gouttes ophtalmologiques est toujours un douloureux moment à passer, autant pour lui que pour ses parents. Un jour, Dr Frog entre dans sa chambre d’hôpital. Avec son approche ludique, il parvient à distraire Mathieu et à détendre l’atmosphère. Pour la première fois, le traitement se fait en douceur et dans la bonne humeur. Des moments précieux comme celui-là, les clowns thérapeutiques en vivent au quotidien. Leur présence permet aux enfants de demeurer des enfants et d’exprimer leurs émotions dans un milieu où on leur demande souvent d’agir comme des grands.

« À notre prochaine visite, c’est sûr qu’on va demander si Dr Frog est dans les parages. Merci encore ! »

— Le père de Mathieu

« Le clown ne voit pas la maladie. Il voit un ami avec qui il peut s’amuser et rire. »

— Melissa Holland, cofondatrice de la Fondation Dr Clown

C’est du sérieux

Attention ! Le sens de l’humour est loin d’être le seul prérequis pour faire partie de l’équipe de Dr Clown. Théâtre, arts du cirque, musique : tous les artistes sont des professionnels issus de divers milieux artistiques et formés en jeu clownesque. Les clowns thérapeutiques sont rémunérés, conservent toujours le même personnage, travaillent en équipe de deux et portent le nez rouge. Aucune perruque ni aucun maquillage susceptibles d’effrayer les enfants ne sont permis.

En plus de leur expertise professionnelle, les artistes reçoivent une formation spécialisée s’échelonnant sur six mois. Ils y apprennent notamment à développer une approche personnalisée, à connaître les effets secondaires de certains traitements et à respecter les règles d’hygiène reliées à la santé. « Devenir clown thérapeutique, ce n’est pas s’offrir en spectacle et faire rire à tout prix. Ça demande une grande qualité de présence, une intelligence émotionnelle développée et beaucoup d’écoute. Quand on entre dans une chambre, on n’a pas un plan de match établi. On fait une lecture de ce qui se passe et on compose avec l’énergie du moment », explique la directrice de création Marie-Chantal Renaud, alias Dre Flash.

Résultats tangibles

On trouve des clowns thérapeutiques aux quatre coins du monde. L’impact positif est visible sur le terrain. Plusieurs études scientifiques se sont d’ailleurs intéressées au rôle bénéfique des clowns thérapeutiques en milieu hospitalier. La plupart démontrent clairement que la présence de ces derniers contribue à réduire l’anxiété et à apaiser les tensions liées à l’hospitalisation et aux traitements.

« Le personnel soignant fait appel à nous pour accompagner M à ses séances d’hydrothérapie. C’est une procédure très douloureuse pour lui mais nous réussissons quand même à retenir son attention avec nos chansons et nos histoires. Il nous écoute, et notre présence le calme et lui fait du bien. » — Dre Sanguine

« J’aimerais vous témoigner tout le bien que vous nous avez apporté lors de l’hospitalisation de mon garçon. Ce sourire que vous lui avez donné a été le début de l’espoir et un moment de bien-être pour moi aussi. Merci pour votre beau travail ! Vous êtes précieux, Dr Jean Bond et Dre Pécadille ! »

— Mère de Thomas

Drôle de défi

Afin d’offrir de nouveaux programmes, de maintenir ceux en place et d’élargir le territoire desservi, la Fondation Dr Clown compte sur l’appui des gens. Dans le cadre de sa campagne de financement la Drôle de levée de fonds, l’organisme lance un sympathique défi en ligne : regarder une courte vidéo sans rire. Des personnalités publiques, notamment Mario Tessier, Martin Petit et Alain Choquette, se sont prêtées au jeu et ont été filmées pendant qu’elles relevaient le Drôle de défi. Imbattable au jeu de la barbichette ? À votre tour de mettre votre sérieux à l’épreuve. Surveillez la page Facebook de la Fondation ou visitez leur site Web pour en savoir plus.

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