Petit lexique du slow

Dans un monde qui encourage la productivité et la performance, la philosophie du slow – et la prolifération du terme anglais – se taille lentement une place de choix. On met le temps qui file au service de l’authenticité et au profit d’une meilleure qualité de vie. Petit lexique des différents mouvements.

Le slow food

Pionnier du mouvement slow, le slow food est né à Rome au milieu des années 1980 en protestation contre l’ouverture d’un McDonald’s sur la Piazza di Spagna. Trente ans plus tard, l’organisation – devenue internationale – combat toujours la restauration rapide, et plus précisément la standardisation du goût et des cultures. Elle s’attaque aux puissances de l’industrie agroalimentaire et prône un retour vers l’identité locale, un mode de production respectueux de la faune et de l’environnement ainsi qu’une redistribution équitable des profits.

Le slow sex

Les ébats sexuels dureraient en moyenne moins de 20 minutes (incluant les préliminaires !), mais le slow sex arrive en force pour contrer cette gangrène relationnelle et briser cette façon de faire. L’orgasme n’est plus l’objectif ultime, et la performance est mise de côté au profit du romantisme. On se concentre sur chaque caresse et on ne va nulle part ailleurs que là où l’on est, dans le moment présent.

Le slow parenting

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’idée derrière le slow parenting n’est pas de se désengager comme parent, mais bien de simplement alléger l’horaire familial, entre autres en diminuant le nombre d’activités organisées qu’on impose aux enfants. On remet en question le rythme de vie effréné, les obligations, les cours et les rendez-vous ; on diminue la cadence. En épurant ainsi l’agenda familial, on laisse plus de place aux jeux libres et on aide les enfants à découvrir le monde par eux-mêmes, à leur vitesse.

Le slow working

Travailler avec intelligence plutôt qu’avec excès. Conférer à son travail sa pleine valeur, lui donner de la signification. Voilà les principes du slow working. On s’attarde à ce qui nous passionne tout en accordant peu d’importance au salaire. On s’assure ainsi de ne pas devenir esclave de tâches qui nous minent. Le slow working fait le pari que les gens heureux au travail peuvent devenir d’une redoutable efficacité.

Le slow tourisme

Profiter pleinement de ses vacances. Éviter les itinéraires réglés au quart de tour. On remet à l’agenda le goût d’en faire moins dans une journée et on laisse de la place à l’imprévu. Les balades s’organisent à pied ou à vélo, les nuits se réservent chez l’habitant, on s’intéresse au savoir-faire ancestral, on encourage la gastronomie locale et on bannit les souvenirs de voyage « made in China ». Parce que le slow tourisme va au-delà de la lenteur ; il prône le respect de l’environnement et le développement durable.

Le slow financement

Ramener les grands capitaux vers la collectivité et redonner le pouvoir financier aux citoyens qui entreprennent de cultiver leurs terres locales. Le modèle du slow financement (ou Slow Money), né aux États-Unis il y a près de 10 ans, consiste à financer des initiatives locales pour encourager la pratique d’une agriculture durable, productrice d’une nourriture de qualité. Plus près de chez nous, le projet Récolte vise à mettre sur pied le premier réseau du genre au Québec.

La slow déco

Pour contrer la surconsommation, le mouvement slow déco s’attarde à un décor épuré, pensé selon les règles du développement durable. Pour réduire son empreinte écologique, on privilégie la réutilisation, la transformation et le recyclage d’objets. À l’achat, on opte pour des meubles et des articles choisis, qui sont porteurs de sens et qu’on conservera longtemps, de préférence créés par un artisan local. Les matières naturelles sont de mise, tout comme les plantes, qu’on invite à l’intérieur en abondance.

Œuvre marquante du mouvement slow, le succès de librairie Éloge de la lenteur a été publié en 2005 par le journaliste canadien Carl Honoré. L’auteur a montré au monde qu’à vouloir faire trop de choses rapidement, on passait à côté de sensations et d’expériences de vie riches. Treize ans plus tard, son bouquin est encore criant d’actualité.

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