L’exposition sur Dior mijote au musée McCord

C’est le 25 septembre prochain que s’ouvrira l’exposition consacrée à Christian Dior au musée McCord. L’équipe du musée est à l’œuvre afin de réaliser le montage de l’exposition. La Presse a pu avoir un aperçu unique de son travail en coulisse, jeudi.

Cette exposition est consacrée à l’époque où le célèbre couturier a régné sur la maison de couture qui porte son nom, entre 1947 et 1958. On y retrouve une cinquantaine de robes et divers objets et accessoires d’époque, issus principalement de la collection permanente du Musée royal de l’Ontario, mais aussi de celle du musée McCord, explique Cynthia Cooper, conservatrice de la collection Costume, mode et textiles du musée McCord. « La zone où l’on se trouve est le clou de l’exposition, celle consacrée aux robes du soir. Derrière moi, se trouvent deux magnifiques robes de soirée qui ont été portées à Montréal à la fin des années 40 et au début des années 50 », détaille-t-elle.

C’est un travail très minutieux et précis qui doit être effectué pour installer les robes sur des mannequins, une étape qui peut prendre plusieurs heures pour une seule robe. L’équipe, sur place depuis deux semaines et appuyée par celle du Musée royal de l’Ontario, en a encore pour une bonne semaine d’installation, estime la conservatrice. « Le Musée royal de l’Ontario a mis les robes en caisse et actuellement, nous sommes en train de les installer sur des mannequins, en utilisant plusieurs méthodes de restauration pour ne pas les endommager. Comme l’exposition a été présentée ailleurs, nous avons des images de référence. Le but est de faire correspondre les robes sur les mannequins à l’image », explique Mme Cooper.

Le Musée a dévoilé pour les médias présents deux modèles de robe qui seront exposés, donc celui nommé Palmyre, une magnifique robe à bustier enjolivée de pierres et d’ornements. Il faudra ensuite la mettre sur un mannequin. Dior, rappelle Mme Cooper, a marqué la mode lors de cette période d’après-guerre en réintroduisant des silhouettes à taille fine avec ses célèbres jupes Corolle très amples, le fameux « New Look ». Il est donc primordial de bien connaître la silhouette de chaque robe afin de pouvoir la recréer le plus fidèlement possible sur un mannequin.

Une des étapes de l’installation est le défroissage, une tâche qu’exécute avec minutie Sonia Kata, restauratrice pour le musée McCord. Cela permet d’enlever tout pli indésirable. Pour ce faire, elle utilise une machine à vapeur dont le réservoir est rempli d’eau déionisée (déminéralisée). Pourquoi ? « Dans l’eau du robinet, il peut y avoir des minéraux qui peuvent créer des taches ou endommager le tissu, on utilise donc l’eau la plus pure possible », explique-t-elle.

Ces robes d’époque doivent être manipulées avec soin. « Elles sont fragiles parce qu’elles ont l’âge qu’elles ont, même si les tissus utilisés sont de grande qualité. Les robes que nous avons au McCord qui ont été portées par des Montréalaises, on sent qu’elles ont été beaucoup portées, elles ont l’usure de l’époque. De plus, Dior faisait des jupes très larges avec beaucoup de plis à la taille, il y a tellement de poids que ça tire et il y a parfois de l’usure à ces endroits-là. » Le défi ? Que ces petites marques d’usure soient invisibles à l’œil.

Christian Dior, du 25 septembre 2020 au 3 janvier 2021

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