Manifesation contre la brutalité policière

Grabuge au centre-ville

La 23e manifestation annuelle contre la brutalité policière dans le centre-ville de Montréal s’est tenue hier. Après plus d’une heure de protestations sans violence, les manifestants ont défilé dans les rues, où des casseurs s’en sont pris aux policiers et à diverses fenêtres sur leur chemin. — Janie Gosselin, La Presse

ÉTUDE

Les liens entre œufs et santé du cœur réexaminés

Une nouvelle étude publiée hier établit une association entre consommation d’œufs et risque de souffrir d’un incident cardiovasculaire. Mais attendez avant de balancer votre omelette au bac brun. Le risque découvert, s’il doit être pris au sérieux, reste faible et devra être confirmé.

C’est l’éminente revue JAMA qui a publié une méta-analyse regroupant près de 30 000 personnes suivies pendant une moyenne de 17 ans. L’étude conclut que chaque demi-œuf consommé quotidiennement est associé à une augmentation de 6 % du risque de souffrir d’un accident cardiovasculaire et de 8 % du risque de mourir prématurément, relançant une controverse scientifique qui dure depuis des décennies.

« Cette étude va faire beaucoup de bruit parce que chaque fois qu’on parle des œufs, c’est la fin du monde. Mais les risques mentionnés ne sont pas très impressionnants », commente d’emblée Martin Juneau, directeur de la prévention à l’Institut de cardiologie de Montréal, qui s’intéresse à l’impact des œufs sur le cœur depuis des années.

Les pourcentages relayés par la nouvelle étude peuvent sembler élevés, mais il faut les mettre en perspective. Pendant la durée de l’étude, l’incidence des incidents cardiovasculaires (qui comprennent tant les infarctus mortels que les maladies coronariennes et l’insuffisance cardiaque) a été de 10,9 cas par 1000 personnes, soit 1,09 %. Si ce risque augmente de 6 %, il passe à 1,16 %.

« Si vous fumez 20 cigarettes par jour, vous multipliez votre risque de maladies cardiovasculaires par quatre, cinq ou six. On parle de 400 à 600 %, pas 6 %. Ce n’est même pas comparable », dit le Dr Martin Juneau.

La Dre Norrina Allen, professeure à l’Université Northwestern à Chicago, qui fait partie des auteurs de l’étude, convient que le risque découvert est « modeste ».

« Cela dit, on parle de conséquences graves comme des accidents cardiovasculaires potentiellement mortels. Alors même un faible risque excédentaire doit être pris au sérieux », a-t-elle dit à La Presse.

L’étude montre que plus on mange d’œufs, plus le risque augmente. La consommation alimentaire des participants n’a toutefois été évaluée qu’une seule fois pendant toute la durée de l’étude, un point faible de la méthodologie.

Avertissements aux personnes à risque

Contrairement aux gras saturés, le cholestérol des œufs augmente peu le cholestérol dans le sang. Certains spécialistes en ont conclu que les œufs étaient inoffensifs. Le Dr Juneau prévient toutefois que le cholestérol des œufs oxyde le cholestérol LDL, appelé « mauvais cholestérol », ce qui le rend plus toxique pour les artères. Il favorise aussi l’inflammation.

« Il ne faut pas paniquer avec cette étude, dit le Dr Juneau. Mais si vous êtes très à risque de maladies cardiaques – si votre père a fait un infarctus à 50 ans, si vous faites du diabète, si vous êtes hypertendu –, vous devriez limiter la consommation d’œufs. Et si vous avez fait un infarctus et subi des pontages, c’est sûr qu’il faut limiter les œufs. Pour monsieur et madame Tout-le-Monde, qui n’a pas de facteur de risque, qui n’a pas de surpoids, qui a une belle pression et qui est non-fumeur, on peut être beaucoup plus libéral. »

« Je dirais aux gens de consommer les œufs, en particulier les jaunes où se trouve le cholestérol, avec modération », dit quant à elle la Dre Norrina Allen, qui convient que d’autres études seront nécessaires pour clore la vieille controverse sur l’impact des œufs sur la santé du cœur.

Cigarettes électroniques

Un fabricant réclame l’interdiction du vapotage aux moins de 21 ans 

Dans un geste qui fait sourciller tant le lobby antitabac que l’Association québécoise des vapoteries, le fabricant de cigarettes électroniques JUUL Labs exhorte Québec à interdire aux moins de 21 ans la vente de produits de vapotage. 

L’entreprise, qui détient 70 % des parts du marché des cigarettes électroniques à cartouches échangeables, fait cette demande dans le cadre du projet de loi 2 du gouvernement Legault visant à interdire la vente de cannabis aux moins de 21 ans. 

Alors qu’elle est elle-même dans la ligne de mire de la Food and Drug Administration aux États-Unis pour des pratiques alléguées de marketing agressif visant les jeunes, JUUL dit vouloir par cette démarche « limiter la possibilité pour les jeunes d’essayer les produits de vapotage ». 

JUUL a embauché un lobbyiste pour la représenter sur la colline Parlementaire à Québec dans le cadre de ce projet de loi, mais refuse de nous accorder une entrevue au téléphone à ce sujet, se contentant d’une déclaration envoyée par courriel : « JUUL Labs ne fait pas partie de l’industrie du cannabis et n’a aucune intention d’en faire partie, mais nous trouvons que les discussions concernant le projet de loi 2 […] offrent une excellente opportunité pour que le gouvernement instaure les mêmes exigences pour les produits de vapotage. »

Juul s’est donné pour mission de « fournir au milliard de fumeurs adultes dans le monde une véritable alternative aux cigarettes combustibles ». Elle tente notamment de convaincre Ottawa de la reconnaître dans le cadre du programme de cessation du tabagisme fédéral jetelaisse.ca, révèle une entrée récente dans le registre du Commissariat au lobbying du Canada. 

Mais en même temps, JUUL est aussi vivement critiquée pour avoir développé, breveté et popularisé des produits à base de « sels de nicotine », formulés pour être plus doux pour la gorge. Les chercheurs Robert K. Jackler et Divya Ramamurthi, de l’Université Stanford, soutiennent que l’apparition des sels de nicotine de JUUL a déclenché une « course aux armements » (nicotine arms race) dans l’industrie du vapotage, faisant passer les concentrations de nicotine des e-liquides à 5 %, 6 %, voire 7 %, alors que ce taux était de 1 à 2 % avant l’apparition de JUUL. 

« Avoir l’air d’un ange protecteur »

« JUUL veut maintenant se donner bonne conscience. Après avoir autant poussé sur des produits fortement nicotinés qu’elle distribue dans les dépanneurs sans donner la moindre formation aux caissiers, elle veut avoir l’air d’un ange protecteur. Il y a un non-sens dans son approche », affirme Vincent Gagnon, propriétaire d’un commerce de vapotage au Saguenay et membre fondateur de l’Association québécoise des vapoteries. 

Cette association, qui conteste en cour les dispositions de la loi québécoise interdisant le marketing entourant les produits de vapotage, s’oppose à ce que l’âge légal pour vapoter soit repoussé à 21 ans. « On permettrait aux jeunes de 18 ans de fumer la cigarette, mais on leur interdirait l’accès à un produit qui pourrait les aider à arrêter. Ça ne tient pas la route », dit M. Gagnon. 

La sortie de JUUL a aussi été accueillie avec perplexité par la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, qui y voit une tentative d’« amadouer le législateur québécois » pour éviter l’adoption de mesures encore plus sévères encadrant le vapotage.

Office national de l’énergie

Les oléoducs canadiens ne pourraient transporter plus

L’Office national de l’énergie (ONE) conclut que les oléoducs d’exportation existants ont atteint leur efficacité maximale et que le seul moyen réaliste d’expédier plus de pétrole sur les marchés par pipeline consiste à en construire davantage. L’Office a répondu hier aux questions posées l’automne dernier par le ministre fédéral des Ressources naturelles. Amarjeet Sohi souhaitait savoir s’il était possible d’améliorer l’efficacité des oléoducs existants, alors que le Canada se demande s’il doit augmenter leur capacité ou en construire de nouveaux. Dans un communiqué, le ministre Sohi a affirmé que l’organisme fédéral confirmait qu’il fallait construire de nouveaux oléoducs. — La Presse canadienne

Affaire SNC-Lavalin

Nouveau remaniement lundi à Ottawa

Le premier ministre Justin Trudeau procédera lundi à un troisième remaniement en trois mois à la suite de la démission, le 4 mars dernier, de la présidente du Conseil du Trésor, Jane Philpott. Selon les informations de la CBC, Carla Qualtrough, ministre des Services publics et de l’Approvisionnement et de l’Accessibilité, serait pressentie pour remplacer la ministre senior, qui a claqué la porte du cabinet Trudeau dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin. La démission de Mme Philpott est survenue moins d’une semaine après le témoignage-choc de l’ancienne ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, qui a affirmé avoir subi quatre mois de pressions politiques pour qu’elle intervienne en faveur de la négociation d’un accord de réparation avec SNC-Lavalin afin d’éviter à la firme un procès criminel. — La Presse

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