Portrait

De passion à profession

Il y a deux ans, dans une section consacrée au café comme celle-ci, nous vous parlions de Yorick Caron, un cycliste amateur d’expresso. En octobre dernier, celui qui travaillait dans le domaine des vêtements et accessoires de sport a fait le saut. Il a ouvert son premier café, le Yo & Co.

« Après l’article dans La Presse, je suis devenu une référence café pour mon cercle d’amis et de connaissances », raconte Yorick, qui était déjà le barista de service au sein de sa communauté de « cyclophiles ».

De fil en aiguille, il a eu une première offre pour ouvrir un café en Montérégie, qu’il a déclinée. Puis une deuxième offre s’est manifestée. C’était la bonne. Elle venait d’un ami, qui souhaitait transformer une petite buanderie du quartier Côte-Saint-Paul en lieu plus convivial. Exit les laveuses, les sécheuses, bienvenue la machine à expresso Simonelli !

Dans la transition, le barista amateur a suivi une formation à l’Académie de café de Montréal. Il a ensuite travaillé bénévolement au café Différance, rue Viger, pour poursuivre son apprentissage.

Puis est arrivé le moment fatidique de choisir une maison de torréfaction pour lui fournir ses grains. Pendant longtemps, Yorick n’a juré que par l’expresso italien. La torréfaction parfois trop légère générée par l’essor des cafés de spécialité artisanaux lui décapait le palais. Mais son passage à l’Académie l’a sensibilisé à l’importance d’un produit équitable et de grande qualité.

C’est dans le mélange Dandy, du microtorréfacteur torontois De Mello Palheta, qu’il a finalement trouvé l’équilibre parfait. Un grain cuit à son goût, dont on extrait une liqueur dans le registre chocolat-caramel s’apparentant à son expresso italien chéri. Les cortado, latté et autres boissons caféinées du Yo & Co sont faites avec le Dandy.

Pour accompagner leur petit remontant, les clients peuvent plier devant une des douceurs de la fabrique Arhoma – danoises, muffins, brownies, etc. – disposées à côté de la caisse. Dans la catégorie du « salé », Yorick a opté pour la simplicité, façon Caffè Italia : un seul sandwich, aux charcuteries italiennes, et une soupe du jour. C’est à prendre ou à laisser. Mais on vous conseille de prendre !

Aménagé avec trois fois rien, le local doit son joli décor au partenaire d’affaires de Yorick. Californien à temps partiel, il a rapporté de lumineuses inspirations du Golden State. Le blanc domine, avec quelques accents roses et du bois blond. L’été, on ouvrira la grande porte de garage qui fait office de façade. Ce sera comme si on était dehors.

Avec un lieu aussi accueillant, où le barista semble connaître chaque client par son prénom, on peut dire que le Yo & Co rend un beau service à la communauté. Côte-Saint-Paul a enfin son petit espace de réunion.

5590, rue Laurendeau, Montréal

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