Edgar Arceneaux au MAC

edgar arceneaux au mac : Montrer le racisme

Sans la COVID-19, le Musée d’art contemporain de Montréal (MAC) aurait présenté une exposition consacrée aux œuvres d’Edgar Arceneaux. Plutôt que d’abandonner l’idée de montrer le travail de cet artiste afro-américain, le MAC présente le film de sa performance Until, Until, Until… dans le cadre de sa programmation numérique gratuite. Edgar Arceneaux revient dans cette œuvre sur la prestation de l’acteur Ben Vereen lors du gala inaugural de la présidence de Ronald Reagan, en 1981. Vereen avait rendu hommage à un autre comédien afro-américain, Bert Williams, en jouant avec les codes du blackface et en critiquant le racisme institutionnalisé. La portion critique de son spectacle avait toutefois été retirée de la version télévisée du gala… Arceneaux rejoue aussi avec le blackface dans une espèce de farce au revirement tragique qui, au final, plonge le spectateur dans un silence douloureux et une réflexion essentielle qui s’inscrit dans le présent.

— Alexandre Vigneault, La Presse

Jusqu’au 31 août, sur le site du MAC

En Bref

Wajdi Mouawad, Hannah Claus et Rosalie Vaillancourt

Tour d’horizon des nouvelles d’ici qui animeront les conversations

Un prix européen pour Wajdi Mouawad

La section théâtrale du Théâtre national de Stuttgart, en Allemagne, décernera son premier Prix européen de dramaturgie à Wajdi Mouawad. Cette distinction, dotée d’une somme de 75 000 euros (près de 120 000 $), récompense un ou une dramaturge « pour le caractère exceptionnel de l’ensemble de son œuvre dramatique et pour son rayonnement en Europe ». Traduite dans plus de 20 langues, l’œuvre du dramaturge franco-libano-canadien comprend des pièces acclamées dans le monde entier, comme Incendies, Littoral et Tous des oiseaux. Rappelons que Mouawad a dirigé le Centre national des Arts à Ottawa et le Théâtre de Quat’Sous à Montréal. Depuis 2016, il est le directeur artistique du Théâtre national de la Colline, à Paris.

Wajdi Mouawad est un des dramaturges vivants les plus joués de notre époque. Selon le président du jury allemand, Peter Michalzik, dans ses pièces, belles et violentes, « les blessures du passé récent, en particulier au Moyen-Orient, sont soulignées et revécues. Son écriture est une dramaturgie de guérison qui fonctionne avec de grandes histoires et des moments chocs. Et des scènes d’une puissance dramatique écrasante ».

Le prix lui sera remis officiellement à Stuttgart, le 20 septembre, où l’artiste présentera également son solo, Seuls. Ses textes sont publiés aux éditions Leméac-Actes Sud-Papiers.

— Luc Boulanger, La Presse

Hannah Claus reçoit le prix Giverny Capital

L’artiste interdisciplinaire Hannah Clauss fait aussi les honneurs en remportant le 8e prix Giverny Capital. Ce prix est accompagné d’une bourse 10 000 $. Il vise à encourager « l’excellence, l’originalité et la force créatrice de l’art contemporain au Québec ». Habituellement décerné tous les deux ans, le prix devait être remis en 2021. Or, la pandémie ayant frappé de plein fouet « l’écosystème artistique », Giverny Capital tenait à offrir son soutien financier cet été. « Avec la crise actuelle, le milieu des arts visuels est fortement fragilisé, et nous tenions à montrer notre solidarité en épaulant une créatrice du Québec, et ainsi l’aider à poursuivre son travail artistique en cette période difficile », a déclaré François Rochon, président de la firme de gestion, par communiqué.

— Luc Boulanger, La Presse

Affaire Julien Lacroix : Rosalie Vaillancourt dit avoir agi selon ses valeurs

L’humoriste Rosalie Vaillancourt est revenue mercredi sur les allégations d’inconduites sexuelles qui pèsent sur Julien Lacroix. Dans un reportage publié lundi dans Le Devoir, plusieurs femmes alléguaient avoir été victimes d’inconduites sexuelles de la part de Julien Lacroix. Parmi elles, une ancienne conjointe, qui s’était confiée à l’époque à Rosalie Vaillancourt.

« Je refusais de travailler avec Julien depuis plusieurs mois déjà, a écrit Rosalie Vaillancourt sur son compte Instagram, mercredi. J’avais peur de le croiser. J’ai essayé de parler à des gens, mais j’ai été tellement déçue. Des personnes que j’aimais profondément me disaient de me taire ou n’écoutaient pas. »

L’humoriste de 27 ans dit aussi souhaiter que « Julien va pour de vrai chercher de l’aide » et que les victimes d’agressions ne restent pas silencieuses. « Et j’espère réellement que mes collègues masculins m’épauleront et épauleront les prochain.e.s qui dénoncent. En refusant de travailler avec des gens problématiques. »

« Il y a vraiment un tournant qui est en train de s’opérer. Et on voit le laid de notre société. À quel point elle est sexiste. »

« Je n’imagine pas comment ça doit être difficile pour les filles/gars de parler d’une agression sexuelle. Publiquement ou en privé. J’ai seulement appuyé la version de mon amie. J’ai seulement dit : c’est vrai, elle me l’a dit et je la crois parce qu’il a eu des actions parfois déplacées devant moi. C’est presque rien. J’ai même pas avoué un viol ou un attouchement ! Et je me fais ramasser sur mon humour, ma voix et mon intégrité. »

— Jean Siag, La Presse

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