La petite vie, l’exposition

Les Paré entrent au musée

Le musée Pointe-à-Callière souligne les 25 ans de la comédie télévisuelle de Claude Meunier La petite vie, avec une exposition riche et ludique qui nous fait traverser l’écran du plus grand succès télévisuel au pays. La populaire émission détient toujours le record de la plus forte cote d’écoute au Québec. Un phénomène de culture et de société inégalé qui a marqué notre imaginaire.

Pourquoi une exposition sur La petite vie ?

« Parce que Pointe-à-Callière est le musée de la ville de Montréal, de son histoire et de ses quartiers. Et que la famille Paré fait partie du patrimoine culturel montréalais et québécois », répond la directrice générale du musée, Francine Lelièvre. Elle ajoute que depuis la création d’une première exposition sur La petite vie, il y a cinq ans au musée POP de Trois-Rivières, on lui a souvent demandé d’accueillir l’univers des Paré dans ses murs. « On ne pouvait pas le faire à ce moment-là, on a entendu le 25e pour organiser une expo en bonifiant le contenu. »

Hommage à l’équipe d’artisans

L’exposition actuelle est donc différente de celle du musée POP ; en plus des décors et des accessoires, Pointe-à-Callière a ajouté plusieurs éléments visuels, extraits vidéo et jeux interactifs. Claude Meunier a lui-même écrit des textes pour expliquer la genèse et le processus de création de son succès. La petite vie remonte à Ding et Dong et Paul et Paul, et même avant. Claude Meunier est aussi catégorique : même s’il est sans nouvelles de Serge Thériault, qui s’est retiré de la vie publique, La petite vie n’aurait tout simplement pas existé sans l’interprète de Moman. L’expo rend hommage à tous les artisans et concepteurs, comme la talentueuse conceptrice Suzanne Harel, dont les costumes occupent une salle entière du musée.

La clé du succès 

En entrevue avec La Presse, Claude Meunier a dit qu’il rêvait de faire une comédie à la télé depuis son enfance, alors qu’il regardait avec son père des sitcoms comme The Mary Tyler Moore Show, Moi et l’autre ou encore Monty Python. « Le clan Paré est une extension des Plouffe, avec un peu de burlesque et d’absurde. Il y a un peu des Belles-sœurs, parce que La petite vie, c’est du théâtre avant tout. Mais c’est aussi la preuve par l’absurde que le Québec est profondément différent du reste de l’Amérique du Nord », résume l’auteur des Voisins.

De l’origine des personnages

Pourquoi Thérèse est-elle obsédée par son pâté chinois ? Et Moman par sa dinde ? Et Lison par ses tenues monochromes ? L’exposition nous permet d’en savoir plus sur la psychologie tordue des personnages du clan Paré. On apprend entre autres que Meunier a d’abord écrit une bible des personnages avec Louis Saïa. Or, ce dernier, trop occupé, s’est retiré du projet. Meunier s’est alors enfermé durant deux ans à la campagne pour écrire et développer sa série, sur les conseils de Josée Fortier, qui a signé la mise en scène de La petite vie, avec Pierre Séguin à la réalisation.

L’exposition La petite vie est présentée jusqu’au 7 avril. 

La petite vie en chiffres

4 saisons (de 1993 à 1998)

59 épisodes + 3 émissions spéciales

10 rediffusions

25 trophées (21 Gémeaux, 3 Félix et 1 Olivier)

138 interprètes (14 personnages réguliers et 124 invités spéciaux)

4 098 000 téléspectateurs ont regardé, le 20 mars 1995, l’épisode Réjean reçoit. Un record inégalé à ce jour à la télévision québécoise.

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