Élections fédérales 2019

Les hostilités lancées avec l’affaire SNC-Lavalin et la laïcité

OTTAWA et TROIS-RIVIÈRES — Dès les premières heures de la campagne électorale, Justin Trudeau a dû traverser un véritable terrain miné : le chef libéral a été forcé de se dépêtrer à nouveau de l’affaire SNC-Lavalin et de se mouiller sur la possibilité de contester devant les tribunaux la loi québécoise sur la laïcité de l’État (loi 21).

Celui qui sollicite la confiance des Canadiens pour la seconde fois est arrivé à Rideau Hall vers 10 h, calme et souriant, en compagnie de sa femme, Sophie Grégoire Trudeau, tout de rouge vêtue, pour demander à la gouverneure générale, Julie Payette, de dissoudre la 42e législature du Canada.

Une bonne trentaine de minutes plus tard, M. Trudeau était prêt à donner le coup d’envoi aux élections générales qui culmineront avec le scrutin du 21 octobre prochain.

« Il y a quelques instants, j’ai rencontré Son Excellence la gouverneure générale, qui a accédé à ma demande de dissoudre le Parlement », a lancé Justin Trudeau, avant de vanter les bons coups de son premier mandat comme la renégociation du nouvel accord de libre-échange nord-américain et la mise en place de l’Allocation canadienne pour enfants.

Mais, devant la horde de journalistes convoqués pour l’occasion, Justin Trudeau n’a pu éviter l’épineux sujet de l’affaire SNC-Lavalin. Hier matin, en une du Globe and Mail, on apprenait que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) s’était vu refuser l’accès à des documents confidentiels du cabinet par le Bureau du Conseil privé.

Selon les informations du quotidien, le corps policier examine l’affaire afin de déterminer s’il y a eu une forme d’entrave à la justice. « Nous avons suspendu le secret du cabinet de la façon la plus importante dans l’histoire du Canada », a expliqué M. Trudeau, interrogé sur la controverse dès les premiers instants de la période de questions.

Sans le préciser, le chef libéral faisait allusion au principe de confidentialité du cabinet qu’il a suspendu de façon exceptionnelle pour permettre le témoignage de l’ancienne ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould devant un comité parlementaire, en février dernier.

Cette dernière a d’ailleurs confié au Globe and Mail, dans un reportage diffusé en soirée hier, avoir été rencontrée par la GRC mardi au sujet d’ingérence politique dans l’affaire SNC-Lavalin.

Talonné par les journalistes, Justin Trudeau n’est pas allé beaucoup plus loin et a usé d’extrême prudence dans le choix de ses mots, assurant respecter les décisions prises par les fonctionnaires et le greffier du Conseil privé à propos de la transmission de documents. Comme il l’a fait à maintes reprises depuis l’éclatement de cette affaire, le chef a martelé que son « travail était de défendre les emplois ».

Loi sur la laïcité

Toujours debout devant l’imposant édifice historique du 1, promenade Sussex, Justin Trudeau a tenté de ménager la chèvre et le chou en laissant la porte ouverte à une éventuelle implication du fédéral pour contester la loi québécoise sur la laïcité, qui interdit aux personnes en position d’autorité, comme les enseignants, le port de signes religieux.

Le chef libéral a affirmé que « pour l’instant », il est d’avis qu’une contestation judiciaire menée par Ottawa serait « contreproducti[ve] » dans le débat actuel.

« Je suis tout à fait en désaccord avec la loi 21 et je ne trouve pas que dans une société libre, on doive légitimer ou permettre la discrimination envers quiconque. Je suis très content que des Québécois eux-mêmes soient en train de contester cette loi en cour, qu’ils soient en train de défendre la Charte canadienne des droits et libertés », a-t-il dit.

« Nous allons continuer de suivre le processus de près et allons évaluer nos positions. »

— Justin Trudeau, en anglais

La déclaration de Justin Trudeau n’a pas mis de temps à être entendue à l’Assemblée nationale, alors que le premier ministre du Québec, François Legault, a bien mis en garde les chefs des partis fédéraux de ne pas s’engager sur la voie de la contestation judiciaire, les invitant même à prendre l’engagement formel de ne pas le faire.

Andrew Scheer, qui a lancé sa campagne à Trois-Rivières, a rapidement évacué la question en assurant qu’un gouvernement conservateur n’avait pas l’intention d’intervenir de quelque manière que ce soit dans le débat et que, conséquemment, il ne contesterait pas la loi devant les tribunaux. « Les élus du Québec ont pris leur décision », a-t-il simplement dit.

Appel aux Québécois

Le chef conservateur n’allait par ailleurs pas rater l’occasion de remettre au premier plan l’affaire SNC-Lavalin à la lumière des nouvelles révélations du Globe and Mail.

« Justin Trudeau doit permettre à la GRC de faire son travail », a-t-il résumé, accusant le premier ministre d’entretenir « deux systèmes de justice : l’un pour lui et ses amis, et un autre pour les autres Canadiens ».

C’est devant quelque 200 militants que le chef conservateur a donné le coup d’envoi à sa campagne, dans une circonscription – Trois-Rivières – qu’il compte bien conquérir grâce à son candidat vedette, l’ex-maire Yves Lévesque.

L’importance accordée à la classe moyenne a été au cœur de son allocution, mais M. Scheer a surtout ouvert son jeu sur l’importance qu’il accorde à la province dans sa conquête du pouvoir. « J’ai besoin de la nation québécoise ! », a-t-il clamé, référence directe à la reconnaissance accordée au Québec par le gouvernement de Stephen Harper en 2006.

Il a plus tard mentionné que « ce n’est pas le Bloc québécois qui va remplacer Justin Trudeau », reconnaissance implicite de la renaissance de la formation souverainiste au Québec. Aucune mention du Nouveau Parti démocratique (NPD) ou de son chef, Jagmeet Singh, n’a toutefois ponctué son discours.

Bien lancé, M. Scheer a invité les Québécois à « remplacer le vieux fédéralisme paternaliste des libéraux par un fédéralisme d’ouverture fondé sur la collaboration et le respect avec les provinces ».

Cette affirmation a toutefois été mise à mal à peine quelques minutes plus tard lorsque le chef conservateur a été interrogé sur le potentiel refus du Québec concernant l’installation d’un oléoduc sur son territoire.

La mise en place d’un corridor énergétique pancanadien constitue en effet une pièce maîtresse du programme conservateur, et François Legault a déjà opposé une fin de non-recevoir aux nouveaux projets de transport de pétrole par oléoduc dans la province.

M. Scheer s’est refusé à commenter une situation « hypothétique », mais n’a pas écarté la possibilité d’imposer sa décision au Québec.

« Je vais toujours appuyer le secteur énergétique », a-t-il dit. À ses yeux, transporter d’ouest en est du pétrole canadien plutôt que du « vrai pétrole sale » d’Arabie saoudite ou du Venezuela est « mieux pour les Canadiens, pour nos économies ».

« Je suis convaincu que je peux travailler en collaboration avec M. Legault », a-t-il conclu.

Début des hostilités

Les chefs des partis politiques fédéraux ont lancé les hostilités électorales aux quatre coins du pays, hier. Le chef du NPD, Jagmeet Singh, que les sondages placent loin en troisième place, presque à égalité avec le Parti vert, a été le premier à jeter les gants, y allant de maintes attaques contre les libéraux.

« Il y a quatre ans, Justin Trudeau nous a charmés avec de jolis mots et des promesses creuses. Il a dit les bonnes choses, mais il ne les a pas faites », a déclaré sans détour le chef néo-démocrate devant une foule de partisans réunis à London, en Ontario. De passage dans la grande région de Québec, où il espère faire des gains, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, n’a pas été plus tendre. Il s’est présenté comme le meilleur allié des Québécois.

Elizabeth May, chef du Parti vert, qui a lancé sa campagne à Victoria, en Colombie-Britannique, a prié les électeurs de lui faire confiance, affirmant que cette élection était « la plus importante » de l’histoire du Canada.

Pour Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada, la campagne sera l’occasion de proposer un populisme intelligent, non fondé sur les émotions.

— Avec La Presse canadienne

Élections fédérales 2019

Les partis montrent leurs couleurs 

Nouveau Parti démocratique

Singh s’attaque au coût de la vie

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a lancé sa campagne dans le sud de l’Ontario, hier matin, en promettant de s’attaquer au coût des médicaments et des soins de santé, en plus de lutter contre les changements climatiques et de faire payer les grandes entreprises et les plus riches. « Nous vivons dans un pays où les riches sont de plus en plus riches. Un pays où la majorité de la population n’a pas accès aux mêmes avantages », a-t-il affirmé en français dans son discours. Le chef du NPD a formulé ses premières attaques de la campagne en dénonçant la croissance des coûts des médicaments, des forfaits de téléphonie cellulaire, des accès internet et du logement au pays. Il a mis en cause l’avarice des grandes entreprises et la complicité des gouvernements libéraux et conservateurs qui se sont succédé. Il a ensuite accusé Justin Trudeau et les libéraux d’avoir failli à leur promesse d’améliorer les conditions de vie de la classe moyenne. 

— La Presse canadienne et La Presse

Bloc québécois 

Le Bloc veut profiter de la vague caquiste

Le Bloc québécois a amorcé la campagne électorale en se positionnant comme le meilleur allié du gouvernement de François Legault à Ottawa, notamment pour défendre sa loi sur la laïcité. Entouré de sept candidats de la région de la capitale nationale, le chef Yves-François Blanchet a choisi Québec pour prononcer son discours de début de campagne, région où dominent les députés conservateurs. La formation souverainiste a en outre lancé un appel à tous les nationalistes au Québec, dont ceux qui ont voté pour la CAQ. « On a un gouvernement qui, pour la première fois depuis longtemps de manière majoritaire, affiche un nationalisme décomplexé, a dit M. Blanchet. Il faut le dire, ça fait du bien. » La relation de proximité entre le Bloc et le Parti québécois (PQ) existe bel et bien, a admis le chef bloquiste. Mais l’allégeance du Bloc est envers l’Assemblée nationale, pas envers le PQ. 

— Gabriel Béland, La Presse

Parti vert

May sur la défensive

Elizabeth May parlera à Pierre Nantel et, s’il maintient son appel à une indépendance du Québec au plus vite, il ne pourra pas être candidat du Parti vert. « Séparons-nous au plus vite ! », a déclaré M. Nantel à la radio mardi dernier. Le transfuge néo-démocrate brigue les suffrages dans Longueuil–Saint-Hubert. Mme May a en outre dû réitérer son appui indéfectible, et celui de son parti, au droit à l’avortement. Par ailleurs, dans son discours donnant le coup d’envoi de sa campagne, à Victoria, elle a décrit l’élection générale du 21 octobre comme la plus importante de l’histoire du Canada en raison de l’urgence climatique. « Il n’y a aucune raison d’avoir peur. Nous sommes les plus brillants, les mieux équipés et les plus bénis de la planète parce que nous sommes Canadiens », a-t-elle précisé sur un ton rassurant.

— La Presse canadienne

Parti populaire Canada 

Bernier promet un populisme intelligent

Maxime Bernier veut définir son nouveau Parti populaire du Canada (PPC) comme celui du populisme intelligent, fondé sur des principes et non sur les émotions. Le chef du PPC a lancé la campagne de son parti hier au bureau de circonscription de l’une de ses candidates « vedettes », Renata Ford, la veuve de Rob Ford, ex-maire de Toronto. Devant des partisans, il a promis de nombreuses réductions de dépenses, dont l’abolition de l’aide internationale, dans le but d’équilibrer les finances du pays en deux ans, s’il prenait le pouvoir. Par ailleurs, la candidate du PPC dans Saint-Maurice–Champlain, Nancy Brunelle, s’est retirée de la course. La Presse a révélé lundi dernier qu’au moins une quinzaine de candidats du PPC, dont Mme Brunelle, publiaient de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux. Un organisateur de la campagne du PPC a confirmé au quotidien Le Nouvelliste que ce reportage avait influé sur la décision de la candidate. 

— La Presse canadienne et La Presse

Élections fédérales 2019

Legault somme les partis fédéraux de ne pas contester la Loi sur la laïcité

Québec et Bromont — François Legault a lancé un appel sans détour aux chefs fédéraux, hier, en exigeant qu’ils s’engagent à ne jamais contester la loi québécoise sur la laïcité.

Quelques heures après le déclenchement de la campagne, le premier ministre québécois a envoyé un message clair aux partis fédéraux.

« Les Québécois ont le droit de savoir, je voudrais que les chefs des partis fédéraux prennent l’engagement de ne pas participer directement ou indirectement à une contestation judiciaire de cette loi », a-t-il déclaré.

En juin, le gouvernement de la Coalition avenir Québec a adopté sous le bâillon le controversé projet de loi 21, qui interdit le port de signes religieux à des fonctionnaires avec un pouvoir de coercition comme les juges et les policiers. L’interdiction touche également les enseignants, mais pas dans les écoles privées.

M. Legault fait valoir que cette mesure législative a été adoptée de façon « légitime » et qu’elle est appuyée par une « grande majorité des Québécois ».

« Pour de bon »

Le premier ministre sortant, Justin Trudeau, n’a jamais caché son désaccord avec la mesure législative. Au premier jour de la campagne, il n’a pas exclu d’intervenir pour contester la Loi sur la laïcité de l’État devant les tribunaux s’il est réélu pour un deuxième mandat.

Il a cependant indiqué qu’une telle mesure ne serait pas indiquée « pour l’instant ». Cette déclaration n’a visiblement pas satisfait François Legault, qui souhaite un engagement plus clair.

« Ce que je leur demande, c’est de s’engager – pas juste pour l’instant, pour de bon – à ne jamais contester la loi qui interdit les signes religieux pour les personnes qui sont en autorité. C’est aux Québécois de choisir. Les Québécois ont choisi. »

— François Legault

Quelques instants avant que M. Legault ait formulé cette demande, Andrew Scheer avait assuré, en marge du lancement de sa campagne à Trois-Rivières, qu’un gouvernement conservateur n’avait pas l’intention d’intervenir de quelque manière que ce soit dans le débat et que, conséquemment, il ne contesterait pas la loi devant les tribunaux.

M. Legault a ordonné à ses députés et aux employés du gouvernement de ne pas appuyer l’un ou l’autre des candidats aux élections fédérales. Mais il n’entend pas se terrer dans le mutisme d’ici au scrutin du 21 octobre.

« On a une liste très longue de demandes qu’on va faire aux partis fédéraux, a-t-il dit. Je vais la rendre publique dans les prochains jours. »

Divisions au PLQ

Réunis en caucus présessionnel à Bromont, hier, les libéraux provinciaux se sont montrés divisés sur les stratégies que doit prendre le Québec face aux possibles contestations fédérales de la Loi sur la laïcité de l’État.

« Ça sera au gouvernement fédéral de prendre ses décisions, quelles qu’elles soient », a déclaré le chef par intérim du Parti libéral du Québec (PLQ), Pierre Arcand.

Dominique Anglade, seule candidate officiellement annoncée pour succéder à Philippe Couillard, a quant à elle demandé aux politiciens fédéraux de se mêler de leurs affaires.

« Ce sont des questions qui sont discutées au Québec. On peut ne pas être d’accord [avec la loi], comme ça a été le cas [au] Parti libéral, mais c’est le Québec qui doit décider au Québec », a-t-elle martelé.

VÉRIFICATION FAITE

Trudeau a-t-il haussé les impôts pour 80 % des familles de la classe moyenne ?

La déclaration

« En 2015, Justin Trudeau a promis d’aider la classe moyenne. Mais au pouvoir, il a augmenté les taxes et les impôts de 80 % de la classe moyenne. Il a dit que le fardeau fiscal de la classe moyenne allait baisser, mais il a augmenté les taxes et les impôts et rendu la vie plus chère pour les gens comme vous. »

— Andrew Scheer, chef du Parti conservateur du Canada, lors d’un discours hier à Trois-Rivières

La vérification des faits

C’est soit trompeur, soit carrément faux.

Au contraire, une famille québécoise typique de la classe moyenne avec deux enfants a vu son fardeau fiscal fédéral diminuer de 33 % à 54 % en tenant compte de l’Allocation canadienne pour enfants. Il s’agit d’une diminution « importante », selon le professeur Luc Godbout, chercheur principal à la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke.

Andrew Scheer se base sur une étude de l’Institut Fraser, qui concluait en 2017 que 81 % des familles de la classe moyenne au Canada avaient subi une hausse d’impôts et de taxes sous le gouvernement Trudeau. La hausse moyenne était de 840 $ par famille, selon l’Institut Fraser.

À son arrivée au pouvoir, le gouvernement Trudeau a diminué les taux d’imposition pour les contribuables de la classe moyenne : le taux d’imposition fédéral est passé de 22 % à 20,5 % pour la tranche de revenus d’environ 47 000 $ à 95 000 $. Comment peut-on alors conclure que 81 % des familles de la classe moyenne paient plus d’impôts et de taxes, comme le fait l’Institut Fraser ?

L’Institut Fraser ne s’est pas trompé dans ses calculs, mais il oublie de tenir compte du plus important programme d’aide aux familles instauré par le gouvernement Trudeau, soit l’Allocation canadienne pour enfants. Selon les estimations d’Ottawa, l’Allocation canadienne pour enfants représente une hausse (libre d’impôt) d’environ 2300 $ par famille en 2016-2017 – soit beaucoup plus que les 840 $ par famille calculés par l’Institut Fraser.

Le gouvernement Trudeau a aussi mis fin à plusieurs avantages fiscaux pour les familles, dont le fractionnement du revenu pour les familles (économie annuelle : 1,9 milliard). L’Institut Fraser tient compte de ces changements fiscaux, mais pas de l’Allocation canadienne pour enfants qui est libre d’impôt (coût net annuel : 4,5 milliards). Ça ne donne donc pas un portrait complet de la situation.

La Presse a demandé à la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke de faire le calcul pour une famille de la classe moyenne au Québec (revenu familial de 90 000 $, deux enfants de 3 et 7 ans). On a retenu deux scénarios : 1) une famille dans laquelle les deux conjoints travaillent (répartition des revenus 60 %-40 %) ; 2) une famille dans laquelle un seul conjoint travaille (répartition des revenus 100 %-0 %).

Résultat : en tenant compte de l’Allocation canadienne pour enfants, la famille dans laquelle les deux conjoints travaillent a vu sa charge fiscale fédérale diminuer de 54 % (-2933 $), et la famille dans laquelle un seul conjoint travaille a vu sa charge fiscale fédérale diminuer de 33 % (- 2004 $).

Ont-ils payé plus d’impôts ?

Famille de deux conjoints et deux enfants avec un revenu familial total de 90 000 $ (les deux conjoints travaillent et leur revenu familial est réparti 60 %-40 %)

Impôt fédéral sur le revenu en 2015 : 

7897 $ 

Impôt fédéral sur le revenu en 2019 : 

7456 $ 

Écart :

- 440 $ (- 6 %)

Charge fiscale fédérale nette (incluant les allocations familiales fédérales) en 2015 : 

5444 $ 

Charte fiscale fédérale nette (incluant l’Allocation canadienne pour enfants) en 2019 : 

2510 $ 

Écart : 

- 2933 $ (- 54 %)

Source : Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke

Et si on exclut l’Allocation canadienne pour enfants, comme le fait l’Institut Fraser ? La famille dans laquelle les deux conjoints travaillent a tout de même bénéficié d’une réduction de l’impôt fédéral sur le revenu de 6 % (-440 $), alors que la famille dans laquelle un seul conjoint travaille a vu son impôt fédéral sur le revenu augmenter de 4 % (+ 384 $) – essentiellement à cause de l’abolition du fractionnement du revenu.

« C’est vrai qu’il y a eu une hausse des impôts fédéraux pour des contribuables qui ont perdu les fractionnements de revenu. Par contre, Ottawa a pris cet argent pour le remettre dans l’Allocation canadienne pour enfants. C’est pour ça qu’il faut prendre l’ensemble [de la situation] », explique le professeur Luc Godbout.

Conclusion

Non, le gouvernement Trudeau n’a pas haussé le fardeau fiscal de 81 % des familles de la classe moyenne. En tenant compte de l’Allocation canadienne pour enfants, le fardeau fiscal d’une famille typique de la classe moyenne au Québec a plutôt diminué de 54 % (si les deux parents sont sur le marché du travail).

Note : Le revenu médian des familles au Québec est d’environ 90 000 $ par an. Les calculs de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques comprennent l’abolition du fractionnement du revenu pour les familles.

— Avec la collaboration de Simon-Olivier Lorange, La Presse

Allégations de violence conjugale

Un candidat du NDP se retire de la course

Le candidat du Nouveau Parti démocratique (NPD) dans la circonscription de LaSalle–Émard–Verdun, Olivier Mathieu, a annoncé son retrait de la campagne électorale hier soir après avoir été accusé sur les réseaux sociaux de violence conjugale. M. Mathieu a rejeté l’accusation dans un communiqué. « Ce qui a été dit à mon propos est faux, et j’ai bien l’intention de le prouver », a-t-il indiqué, ajoutant que dans le contexte électoral, il importe que les énergies soient « entièrement vouées » à la présentation de la plateforme électorale. En entrevue avec CBC, une femme présentée comme son ex-conjointe, Rebecca Stuart, a affirmé qu’Olivier Mathieu avait été violent avec elle. Elle a dit avoir transmis les informations par courriel au chef du NPD, Jagmeet Singh, le 10 septembre. Sur Twitter et Facebook, Mme Stuart a publié une photo de son visage, la lèvre fendue, interpellant M. Singh. « Quel message est-ce que ça envoie que vous souteniez un candidat qui a agressé sa femme ? », a-t-elle écrit en anglais. Le chef du NDP n’a pas répondu à son message. M. Mathieu a dit ne pas avoir l’intention de laisser tomber la politique. « Dans les prochaines semaines, les prochains mois, je prendrai les moyens nécessaires pour laver ma réputation de tout soupçon », a-t-il écrit.

— Janie Gosselin, La Presse

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