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Opinion - Chantier Davie

Nous ne sommes pas des pions qu’on déplace sur un échiquier politique

Depuis jeudi dernier, le chantier maritime Davie est de nouveau dans l’actualité. Tout d’abord, un communiqué laconique en provenance du gouvernement fédéral annonce un contrat « historique » pour le chantier.

En effet, un investissement de 7 milliards est annoncé pour la réparation et l’entretien de 12 frégates de classe Halifax. Le communiqué est toutefois laconique sur la répartition des contrats entre les trois chantiers canadiens, sans parler du fait que le travail doit commencer… dans trois ans.

On a le qualificatif « historique » facile à Ottawa quand il s’agit de la Davie.

On parlait déjà d’un contrat historique lorsque l’on a annoncé la conversion de trois brise-glaces cet été. Aux dernières nouvelles, il ne s’agit toujours pas de contrats de construction de navires (ce qui est, rappelons-le, la mission première d’un chantier maritime).

Alors que les compétiteurs de la Davie, les Seaspan et Irving de ce monde, se partagent plus de 60 milliards de contrats fédéraux et ont du travail pour les 30 prochaines années, à Lévis, c’est différent. On promet tout au plus du travail pour quelques centaines de personnes alors que plus de 2000 peuvent y travailler quand le chantier roule à plein.

La manœuvre avait toutes les apparences d’un vulgaire croc-en-jambe au chef du Parti conservateur, de passage à Lévis ce jour-là. Comme si ce n’était pas suffisant, le lendemain de cette annonce, le ministre de la Défense du Canada se rendait en personne à Halifax pour annoncer qu’Irving obtenait la construction d’un sixième patrouilleur arctique malgré les retards et les dépassements de coûts qui s’accumulent. Il fallait, semble-t-il, rassurer les travailleurs et les travailleuses des provinces maritimes qui s’inquiétaient de l’attribution de contrats au chantier Davie.

Tant que l’injustice historique ne sera pas corrigée, que la Davie n’aura pas sa juste part des contrats fédéraux, nous devrons considérer que des annonces comme celle de la semaine dernière ne sont que de la poudre aux yeux.

Les travailleurs de la Davie en ont vu d’autres et ne se contenteront jamais des miettes que leur jettent les libéraux, ni d’ailleurs des promesses vagues des conservateurs. Nous ne sommes pas des pions que l’on déplace sur un échiquier politique selon les besoins du calendrier électoral.

La solution est simple et connue de tous : il faut rouvrir la stratégie nationale de construction navale et y inclure un troisième chantier, la Davie. Dans l’immédiat, ça prendrait un contrat substantiel tel l’Obélix, un besoin pressant de la Marine canadienne comme le rappelait encore récemment un comité sénatorial. Les gens du chantier ont le droit de travailler et de se projeter dans l’avenir avec sérénité. Tout le reste n’est que blabla de politicien.

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