Lewis Hamilton

La recette d’un champion

Barcelone — Lewis Hamilton n’a jamais été le plus rapide cette semaine et, s’il a beaucoup roulé, d’autres ont été encore plus endurants que lui. Mais au-delà des chiffres, cette semaine d’essais à Barcelone a confirmé que le Britannique serait bien le favori cette saison.

Quadruple champion du monde, comme son grand rival Sebastian Vettel, le pilote de 33 ans est sûrement la plus grande vedette internationale du peloton, la seule même, peut-être, et il se comporte en conséquence.

Au cours des derniers jours, chaque fois que nous l’avons croisé, Hamilton s’est exprimé avec une rare assurance. Vendredi dernier, au cours d’un point de presse réservé à quelques journalistes, il a résumé son approche : « Honnêtement, je ne me préoccupe pas trop des autres concurrents. Je sais que je suis à mon meilleur niveau, je ne devrais pas avoir de problème. Si je me prépare du mieux que je peux, que je suis dans une forme optimale, en santé avec toute mon énergie, que je travaille sérieusement avec la bonne approche, alors je sais que personne ne pourra m’empêcher d’atteindre mes objectifs ! »

« C’est de cette façon que doivent penser tous les champions, a poursuivi le pilote de l’équipe Mercedes, en point de presse au circuit Catalunya. Je suis sûr que si vous posez la question à [Roger] Federer, il dira aussi qu’il croit que personne ne peut le battre s’il est à son meilleur niveau. Il faut être convaincu qu’on est le meilleur. Et travailler pour toujours l’être. »

Hamilton estime que c’est cette confiance qui lui permet d’être si compétitif. Il est devenu la saison dernière le détenteur du record pour le plus grand nombre de positions de tête en carrière, avec 72, et ses 62 victoires le placent au deuxième rang du palmarès derrière Michael Schumacher (91). Un cinquième titre mondial, cette saison, lui permettrait de rejoindre le légendaire Juan Manuel Fangio.

Et comme les vrais champions, il espère avoir à se battre pour y parvenir.

« Je ne me prépare jamais en espérant que mon adversaire connaîtra des ennuis et que j’en profiterai. Je veux qu’il soit à son sommet, parce que c’est alors plus douloureux pour lui de voir que j’ai été le plus rapide ! »

— Lewis Hamilton

Le Britannique, qui mène une vie de « jet-setter » aux quatre coins de la planète, a avoué cette semaine qu’il n’était pas friand de ces essais hivernaux, même s’il reconnaît qu’il s’agit là du point de départ de sa campagne pour un autre titre mondial.

« Ce n’est pas très excitant, a-t-il convenu. Quand je suis dans le garage [pendant que les mécanos préparent la voiture], je prends mon téléphone et je réponds à mes courriels. Quand ils me disent : “OK, vas-y”, je rends mon téléphone et je vais faire des tours. Et je reviens et je fais la même chose…

« Je suis toutefois très heureux de la somme de travail accompli par toute l’équipe. La fiabilité de la voiture a été fantastique [201 tours sans ennui hier] et nous avons atteint tous nos objectifs. La voiture est agréable à conduire, un grand pas en avant par rapport à celle de l’an dernier. Et elle réagit parfaitement aux réglages, même si nous ne l’avons pas poussée à la limite. »

Hamilton, qui devrait bientôt signer un nouveau contrat avec Mercedes, repart de Barcelone gonflé à bloc. Il sait qu’il aura une excellente voiture pour le début de la saison, dans deux semaines, en Australie, et n’en demande pas davantage pour rivaliser avec ses principaux concurrents.

« On a vu que la Red Bull avait progressé et la Ferrari a vraiment été impressionnante cette semaine, a-t-il souligné. Je m’attends à de belles batailles et je pense être prêt à les gagner ! »

UNE LUTTE À TROIS, VRAIMENT ?

Très impressionnante lors des essais de Barcelone, l’équipe Mercedes se prépare néanmoins à une saison très disputée. Au cours des derniers jours, les pilotes et plusieurs dirigeants de l’équipe nous ont répété combien les nouvelles Red Bull et Ferrari étaient rapides et qu’il faudrait se préparer à une lutte à trois dans chaque Grand Prix et peut-être même pour le championnat.

Le directeur Toto Wolff a résumé la position de son équipe : « Nous avons deux scénarios, un bon et un mauvais. Si c’est le bon, nous ne sommes qu’un peu devant nos concurrents, mais si c’est le mauvais, nous ne sommes qu’un peu derrière ! Dans tous les cas, les trois équipes devraient être assez proches les unes des autres tout au long de la saison. »

Dans les paddocks, au terme des essais, l’impression générale est plutôt que Mercedes a bien caché son jeu et que les « flèches d’argent » pourraient dominer la saison encore davantage qu’elles ne l’ont fait au cours des dernières années. Ferrari et Red Bull devraient être compétitives, certes, mais ces équipes devront connaître une saison parfaite pour espérer s’imposer face à Mercedes.

Cela dit, on est encore à deux semaines du premier Grand Prix de la saison et bien des choses peuvent arriver d’ici la fin du Championnat du monde, dans plus de huit mois, à Abou Dhabi !

Au tour de Raïkkönen

Malade au début de la semaine, le Finlandais Kimi Räikkönen a finalement fait sa part du boulot chez Ferrari, hier, pour la dernière journée des essais au circuit Catalunya. Il a profité des conditions optimales pour signer un tour en 1 min 17,221 s, à des poussières du record établi la veille par son coéquipier Sebastian Vettel. Ferrari avait aussi brillé l’hiver dernier aux essais de Barcelone, avant de remporter le premier Grand Prix de la saison. L’histoire se répétera-t-elle cette saison ?

Un cadeau à Sirotkin

Le Russe Sergey Sirotkin, le pilote recrue de Williams, n’avait guère été impressionnant depuis le début des essais et son équipe a décidé hier de lui offrir des « heures supplémentaires » au volant de la FW41. Il a ainsi pu couvrir 105 tours jusqu’au milieu de l’après-midi, après quoi, c’est Lance Stroll qui a conclu les essais – une petite surprise, puisque c’est Robert Kubica qui avait été annoncé. Le Canadien n’en a toutefois guère profité puisqu’il a encore été le moins rapide de la journée.

Encore des ennuis chez McLaren

On attendait beaucoup de McLaren après quelques tours rapides réussis lors de la première semaine des essais, mais l’équipe britannique a connu une semaine calamiteuse, avec des ennuis techniques chaque jour et de longues heures perdues dans les garages. Hier, c’est une fuite d’huile qui a ralenti Fernando Alonso, mais l’Espagnol a conclu la journée avec un temps canon de 1 min 17,784 s, le troisième de tous les essais, derrière les deux pilotes de Ferrari.

Deux semaines chargées

Les équipes n’auront guère le temps de souffler avant le début de la saison, dans à peine deux semaines, en Australie. On démontait déjà les installations hier après-midi sur le circuit Catalunya et tout le matériel sera rapatrié en Angleterre ou en Italie par la route au cours du week-end. Le personnel des équipes n’aura ensuite que quelques jours pour préparer les caisses qui seront chargées à bord des avions-cargos à destination de Melbourne.

Le classement de la journée

1. Kimi Räikkönen, Ferrari

1 min 17,221 s (157 tours), pneus hyper tendres

2. Fernando Alonso, McLaren

1 min 17,784 s (93 tours), pneus hyper tendres

3. Carlos Sainz, Renault

1 min 18,092 s (45 tours), pneus hyper tendres

4. Daniel Ricciardo, Red Bull

1 min 18,327 s (92 tours), pneus super tendres

5. Romain Grosjean, Haas

1 min 18,412 s (181 tours), pneus ultra tendres

6. Valtteri Bottas, Mercedes

1 min 18,825 s (104 tours), pneus médiums

7. Brandon Hartley, Toro Rosso

1 min 18,949 s (156 tours), pneus hyper tendres

8. Esteban Ocon, Force India

1 min 18,967 s (163 tours), pneus hyper tendres

9. Charles Leclerc, Sauber

1 min 19,118 s (75 tours), pneus hyper tendres

10 Sergey Sirotkin, Williams

1 min 19,189 s (105 tours), pneus tendres

12. Lance Stroll, Williams

1 min 19,954 s (27 tours), pneus tendres

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