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Aurora ouvre une usine de cannabis « de niche » à Lachute

Alors que les producteurs de cannabis peinent à répondre à la demande, le producteur Aurora inaugure aujourd’hui une toute nouvelle usine d’une capacité annuelle de 4,5 millions de grammes, à Lachute, dans la couronne nord de Montréal. Visite d’une plantation destinée aux produits « de niche ».

Première récolte dans deux semaines

Avec ses 11 salles de floraison capables de faire pousser environ 750 plants chacune, l’usine de 45 000 pieds carrés devrait être en mesure de fournir deux récoltes par semaine. La première récolte est prévue pour le 19 novembre.

Cannabis à fort taux de THC

Munie de plafonds plus élevés que la plupart des sept autres installations qu’Aurora exploite au pays, l’usine de Lachute est destinée à faire pousser des plantes de plus haute taille, qui produisent généralement des fleurs de cannabis à plus haut taux de THC (la substance psychoactive de la marijuana).

Souches populaires

Dans son usine, Aurora fait notamment pousser la souche Blue Dream, de loin la plus populaire aux États-Unis et aussi l’une des premières à être tombées en rupture de stock à la Société québécoise du cannabis. Les boutures arrivent par avion depuis la Colombie-Britannique avant d’être mises en pots pour une période de croissance et de floraison d’environ trois mois. « Le transport est entouré d’un important protocole de sécurité. S’il manque une plante à l’arrivée, nous avons 24 heures pour avertir la SQ », affirme le directeur général de l’usine, David Moore.

Entièrement automatisé

La chef de culture Marie-Claude Turcotte, qui a travaillé dans l’industrie florale et maraîchère, n’avait pas une grande expérience avec le cannabis avant de faire le saut chez Aurora. Grâce aux systèmes entièrement automatisés de contrôle de l’humidité, de la lumière et de la température, elle peut simuler des environnements qui ressemblent à ceux de l’Inde ou de l’Afghanistan. « On travaille avec du vivant. Le défi est de trouver un équilibre entre l’optimisation de l’espace et celui de la production », explique-t-elle.

 Manucure

Une fois récoltées, les fleurs de cannabis sont envoyées à la salle de manucure, où elles passent dans une machine à lames rotatives qui retire les feuilles contenant peu de cannabinoïdes. La récolte est ensuite envoyée au séchage de trois à sept jours, puis elle est scellée dans des sacs sous vide avant d’être renvoyée en Alberta, où elle sera empaquetée pour la mise en marché. Pour chaque récolte, des échantillons sont envoyés dans un laboratoire indépendant pour en tester la teneur en cannabinoïdes et pour s’assurer que les fleurs sont exemptes de champignons, de moisissures et de pesticides illégaux.

Sécurité serrée

Les exigences de Santé Canada en matière de sécurité sont très élevées. Le directeur général de l’usine, David Moore, qui a travaillé dans l’industrie des explosifs avant de sauter dans l’univers du cannabis, assure que « l’encadrement du cannabis au Canada est plus sévère que celui de l’industrie des explosifs ». Chaque recoin de l’usine est filmé en permanence par 136 caméras, et une personne détenant une habilitation sécuritaire délivrée par la Gendarmerie royale du Canada doit impérativement accompagner les visiteurs qui entrent dans les salles de floraison. Les images vidéo, le déplacement de chaque plante et les livres de bord des entrées et sorties du personnel sont conservés pendant un an sur des serveurs informatiques.

Coffre-fort en béton armé

Les producteurs légaux de cannabis sont tenus de garder leur stock dans des coffres-forts en béton armé. Celui de l’usine de Lachute a des murs munis de capteurs capables de détecter toute tentative d’intrusion. « Les gens de Santé Canada débarquent à l’improviste régulièrement et peuvent demander accès à toutes nos données. Il faut être en mesure de leur montrer ce qu’ils veulent voir rapidement », explique Andrea Paine, directrice nationale des relations gouvernementales chez Aurora.

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