Harry et Meghan au Canada

Trudeau n’a pas parlé à la reine

Contrairement aux informations qui circulent dans la presse britannique, le premier ministre Justin Trudeau n’a pas confirmé à la reine Élisabeth II que la sécurité de Meghan et de Harry serait assurée par le Canada aux frais des contribuables.

Justin Trudeau n’a par ailleurs encore eu aucune discussion avec la souveraine au sujet de l’accueil prochaine du duc et de la duchesse de Sussex, a confirmé à La Presse une source gouvernementale près du dossier. 

Hier, le Evening Standard rapportait que M. Trudeau avait « rassuré personnellement » la reine à propos de la protection du couple princier et de son enfant, Archie, au Canada – ce qui été repris mardi dans le Paris Match.

Ces informations sont complètement fausses, selon nos informations. Il faut dire que la machine à rumeurs s’est littéralement emballée depuis que le couple ultra médiatisé a fait savoir la semaine dernière qu’il souhaitait se distancier de la famille royale. La nouvelle a créé depuis une onde de choc au Royaume-Uni.

Lundi, la reine Élisabeth II a annoncé publiquement qu’elle acceptait que Meghan et Harry partagent leur temps entre le Royaume-Uni et le Canada, comme ils le souhaitent. Dans une déclaration transmise sur les réseaux sociaux, elle a aussi précisé qu’il y avait encore des détails à régler, mais que ce serait fait dans les prochains jours.

Le premier ministre Trudeau, qui a offert lundi une entrevue au réseau Global News, a quant à lui indiqué qu’un « certain nombre de décisions » restaient à prendre par la famille royale et par les Sussex eux-mêmes.

« Nous appuyons bien sûr leurs réflexions, mais nous avons également des responsabilités à cet égard. Il reste encore beaucoup de discussions à avoir », a servi M. Trudeau, en anglais. Au bureau du premier ministre mardi, on renvoyait les médias aux propos tenus par le premier ministre la veille.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, a aussi déclaré lundi que rien n’avait encore été décidé au chapitre de la protection du couple royal s’il s’établit au Canada.

Altesses Royales

Les coûts pour assurer la protection des membres de la famille royale pendant une visite au pays sont prévus dans l’actuel budget de fonctionnement de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Le statut futur du couple princier – à savoir si Meghan et Harry seront au pays en tant que membres civils ou représentants de la reine – sera déterminant pour la suite.

Actuellement Altesses Royales, ils jouissent en ce moment de la protection internationale accordée aux personnalités officielles étrangères. Le couple vient de passer les vacances des Fêtes en Colombie-Britannique. La GRC a confirmé à La Presse ce week-end avoir été appelée à assurer sa sécurité durant cette période.

Netflix pourrait payer la note, ironise Blanchet

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a ironisé le flou qui persiste entourant la prise en charge par le Canada des frais liés à la sécurité du couple en suggérant au réseau Netflix de s’acquitter de la note.

« J’ai déjà un abonnement à Netflix, alors je pense que Netflix devrait financer la saison 4 de The Crown avec [l’arrivée du prince Harry au Canada] – j’ai adoré les trois premières saisons, qui étaient excellentes, soi dit en passant », a-t-il blagué mardi, en marge d’une première rencontre avec la mairesse Valérie Plante à Montréal.

« Au-delà du côté variétés et frivoles de l’exercice, franchement, je pense qu’on a autre chose et d’autres investissements à faire avec l’argent des Québécois », a-t-il lancé.

Actualités

L’escouade mobilité de Montréal étend ses tentacules

L’administration Plante a décidé de renforcer une nouvelle fois son escouade mobilité afin de désengorger les rues de Montréal où les nombreux chantiers font rager les automobilistes. En plus de recevoir des renforts, les inspecteurs pourront intervenir dans toute la métropole, non plus uniquement au cœur de l’île.

L’annonce en a été faite mardi matin par Sylvain Ouellet, vice-président du comité exécutif, responsable de l’eau, des infrastructures, du réseau routier et de la Commission des services électriques de Montréal.

L’escouade mobilité, mise sur pied en 2018 pour améliorer la circulation, passera de 11 à 16 inspecteurs dès le printemps. Ses opérations s’étendront alors dans les 19 arrondissements de Montréal. Au printemps 2019, l’escouade avait étendu une première fois son territoire (de trois à six arrondissements) et augmenté le nombre de ses inspecteurs (de 6 à 11).

Un agent de recherche sera aussi embauché au cours des prochains mois pour analyser les données recueillies lors des interventions. Objectif : trouver des solutions pour réduire la congestion quand donner des constats d’infraction ne s’avère pas suffisant. Cela pourrait être, par exemple, de créer des zones de livraison pour éviter le stationnement en double.

Après plus de 10 500 interventions depuis sa création, qui ont essentiellement eu lieu aux heures de pointe du matin et du soir, cette escouade augmentera aussi ses heures d’activités. Elle pourra ainsi intervenir la fin de semaine, dans le cadre d’un projet pilote qui débutera ce printemps.

Budget en hausse

Son équipe disposera d’un budget supplémentaire de 500 000 $, pour un total de 1,4 million, ce qui représente une augmentation de 55 %. Fait à noter : les inspecteurs détiennent, depuis juillet dernier, le pouvoir de donner des constats d’infraction. Auparavant, ils devaient faire appel à des préposés au stationnement, ce qui avait pour effet de limiter leur efficacité.

« Lorsqu’une entrave non autorisée ou problématique est constatée, sur un trottoir, dans la rue ou sur une piste cyclable, l’escouade mobilité intervient rapidement pour régler le problème. Le but est de corriger la situation sur-le-champ, afin de limiter au maximum les impacts sur la mobilité », a déclaré M. Ouellet.

L’opposition officielle à l’hôtel de ville estime, de son côté, que la bonification de cette équipe ne donnera pas les résultats escomptés. « Projet Montréal montre chaque jour son incapacité à gérer les travaux correctement, et ce n’est pas une soi-disant Escouade mobilité qui va pouvoir remédier à cette incompétence », a fait savoir Ensemble Montréal.

Agrandissement du site d’enfouissement de Sainte-Sophie

Inquiétudes pour l’air et l’eau

Le début des audiences publiques sur le projet d’agrandissement du lieu d’enfouissement technique de Sainte-Sophie, dans les Laurentides, a fait salle comble à Saint-Jérôme, mardi soir.

Une centaine de personnes étaient massées dans la petite salle communautaire où se tient jusqu’à jeudi la première partie des travaux du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Ce projet « répond davantage aux besoins du promoteur qu’à ceux des populations qu’il dessert », a déploré d’entrée de jeu le directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED), Karel Ménard, qui est au nombre des requérants ayant demandé la tenue d’audiences sur le sujet.

Le Front commun s’inquiète notamment des rejets nocifs que la future zone d’exploitation du site pourrait générer dans le réseau hydrographique de la région, ainsi que des émissions de biogaz.

Cette préoccupation rejoint celles de citoyens de Sainte-Sophie, comme Samuel Miron, qui est « extrêmement inquiet des impacts de ce projet sur la qualité de l’air et de l’eau ».

De nombreux résidants du secteur possèdent des puits artésiens, a souligné Shany Perron, de la Coalition alerte à l’enfouissement Rivière-du-Nord.

Alors que des millions de personnes sont descendues dans les rues en septembre dernier, partout dans le monde, pour appeler à l’action contre la crise climatique, « il est plus que temps d’opter pour des technologies plus vertes [de traitement des déchets] », a déclaré Samuel Miron.

Les gaz à effet de serre émis par les quelque 300 camions qui se rendent chaque jour au site d’enfouissement a notamment fait l’objet de plusieurs commentaires du public, ce à quoi Waste Management a répondu que ces camions circuleront quand même sur les routes, qu’ils aillent vers le site de Sainte-Sophie ou non.

Enfouir 18 ans de plus

Au rythme actuel de près d’un million de tonnes de déchets par an, le lieu d’enfouissement technique de Sainte-Sophie aura atteint sa capacité maximale dans trois ans, à la fin de novembre 2022.

Waste Management demande la permission d’ouvrir une nouvelle aire d’enfouissement d’une capacité de 18,6 millions de tonnes, ce qui lui permettrait de poursuivre ses activités jusqu’en 2040.

L’étude d’impact réalisée par l’entreprise indique que le projet, évalué à 90 millions de dollars, nécessiterait le déboisement de 39 hectares de forêt et la destruction de 18 hectares de milieux humides, que l’entreprise s’engage à compenser ailleurs dans la région.

La disposition des déchets est un « service public essentiel », a déclaré le directeur des affaires publiques de l’entreprise, Martin Dussault, ajoutant que la croissance démographique anticipée pour la région que dessert le site de Sainte-Sophie se situera entre 18 et 27 % pour la période visée par le projet d’agrandissement.

L’entreprise, qui gère « 300 sites en Amérique du Nord », fait valoir son expertise dans le captage des biogaz et le traitement des eaux.

Elle dit déjà préparer la reconversion du lieu d’enfouissement technique, à la fin de sa vie utile, en un site à vocation agroenvironnementale.

Déjà, Waste Management dit avoir planté 160 000 saules sur 10 hectares de cellules d’enfouissement fermées, une technique qui, dit-elle, « risque de révolutionner le traitement des eaux au Québec ».

Le site d’enfouissement de Sainte-Sophie reçoit des matières résiduelles provenant, en ordre d’importance, de la Communauté métropolitaine de Montréal, des Laurentides, de Lanaudière et de l’Outaouais. Environ le tiers provient du secteur résidentiel et les deux tiers, du secteur industriel, commercial et institutionnel.

Roberge ignorait qu’il y avait des « journées sans élèves »

Québec — Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a appris avec étonnement mardi, en lisant La Presse, que des écoles modulaient le calendrier scolaire pour déclarer des « journées sans élèves ».

Ces journées sans enseignement, qui ne sont pas des journées pédagogiques, permettent la concertation entre enseignants. Dans certains cas, les parents qui ne peuvent garder leur enfant à la maison doivent payer pour les envoyer au service de garde.

« Je vais prendre position ultérieurement », a brièvement déclaré le ministre mardi, soulignant qu’il avait demandé à ses fonctionnaires qu’on lui fournisse des données sur le nombre d’écoles qui avaient ce type de journées.

La Loi sur l’instruction publique est toutefois claire, a martelé la députée libérale Marwah Rizqy. Les élèves doivent aller à l’école 180 jours par année. Les établissements scolaires qui font des « journées sans élèves » ajoutent du temps d’enseignement à la fin de certaines journées pour qu’au bout du compte, en juin, leurs élèves aient eu l’équivalent en temps de 180 jours.

« C’est inacceptable, a tonné Mme Rizqy. Il y a des études qui démontrent qu’après un certain temps […], un élève n’écoute plus. Alors lorsqu’on ajoute 10 minutes supplémentaires, ce ne sont pas nécessairement 10 minutes qui sont bonnes pour l’élève qui a perdu sa capacité d’écoute. »

« C’est inacceptable que des parents doivent payer des frais supplémentaires quand une décision comme celle-là est prise. Pour moi, il y a une ligne qui est franchie », a également déclaré Christine Labrie, de Québec solidaire.

La députée déplore en outre que le ministère de l’Éducation possède, selon elle, peu de données sur ce qui se passe dans son réseau. « C’est très inquiétant », a-t-elle dit.

Laval a payé pour des publicités partisanes de l’équipe Demers

La Ville de Laval a financé à même les fonds publics des publicités de l’équipe du maire Marc Demers jugées partisanes par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) pendant l’élection partielle de novembre dernier. Une dépense de plus de 10 000 $ a été autorisée par le service des finances pour la préparation de trois publicités (services infographiques) et leur publication dans deux journaux hebdomadaires. L’équipe du maire Demers a justifié sa réclamation par le fait que la publicité soulignait son bilan de mi-mandat. Mais les publicités pleine page ont été publiées alors que la campagne électorale battait son plein. Elles reprenaient les couleurs et le graphisme du parti du maire, le Mouvement lavallois, soutient Michel Trottier, chef de l’opposition officielle. Le DGEQ a reconnu le problème dans un courriel : « Il convient de conclure que [les publicités] pourraient effectivement être considérées comme étant de nature partisane et avoir pour effet de favoriser l’élection d’un candidat de ce parti ». 

— Kathleen Lévesque, La Presse

Interdit aux Juifs 

Une organisation demande de débaptiser la rue Waegener

Une organisation représentative de la communauté juive du Québec a demandé mardi de débaptiser une rue qui rend hommage à un agriculteur qui refusait de cohabiter avec les Juifs. La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu a indiqué y réfléchir. En divisant sa terre agricole dans les années 50 et 60, Alphonse Waegener a fait inscrire dans les contrats de vente une interdiction perpétuelle de vendre ou de louer à des individus de confession juive. Cette interdiction, totalement illégale, survit jusqu’à aujourd’hui pour quelque 350 terrains. La mémoire de M. Waegener est célébrée dans le nom d’une rue et d’un parc dans le quartier qui s’est bâti sur ses terres. Mardi, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes (CIJA) a formellement demandé que la rue et le parc Waegener changent de nom. Du côté de Saint-Jean-sur-Richelieu, on indique commencer une réflexion sur la question. «  La ville prend acte de ça et va prendre les décisions qui s’imposent  », a indiqué Sylvain Latour, relationniste à l’hôtel de ville.

— Philippe Teisceira-Lessard, La Presse

Institut Philippe-Pinel

Quatre intervenants blessés par un patient

Quatre intervenants spécialisés de l’Institut Philippe-Pinel ont été blessés par un patient présentant des antécédents de violence lors d’une intervention, la semaine dernière. La présidente du syndicat, Marie-Eve Desormeaux, a dénoncé mardi le danger excessif du travail à l’Institut et les carences au niveau des équipements pour les intervenants spécialisés. L’attaque est survenue alors que les employés tentaient de maîtriser le patient, qui avait arrêté sa médication. Leurs blessures sont considérables. L’un d’eux a écopé d’une commotion cérébrale, d’une dent cassée et d’une blessure musculaire à une main. Un autre souffrirait d’une entorse cervicale. Dans un troisième cas, on rapporte une possible fracture du coude, et le quatrième employé a subi une déchirure musculaire importante à une jambe. « Il n’y aura jamais de risque zéro à l’Institut […], mais on pourrait mieux encadrer notre personnel spécialisé », a dit à La Presse Mme Desormeaux mardi soir. 

— Mayssa Ferah, La Presse

Rectificatif 

Enobia Pharma

Dans l’article Les gouttes à 100 000 $ paru dans notre édition de dimanche, nous avons écrit que le médicament révolutionnaire Strensiq était né à l’Université de Montréal. Des chercheurs de l’UdeM l’ont en fait mis au point dans le laboratoire de leur petite biotech, Enobia Pharma, qui n’appartenait pas à l’université, bien qu’elle ait temporairement occupé des locaux de l’institution. L’UdeM les a aidés à lancer leur entreprise, mais n’a pas financé le développement de leur traitement. Le Dr Philippe Crine, qui dirigeait Enobia Pharma, assure qu’Enobia a reçu des crédits d’impôt bien moins importants que ce qu’a estimé le professeur Marc-André Gagnon. Le Dr Crine n’avait pas vu le courriel que La Presse lui avait envoyé pour solliciter une entrevue six jours avant publication.

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