L’étiquette à vélo

Il y aura beaucoup de monde sur les pistes cyclables et dans les rues au cours des prochains mois. Plus que jamais, les pratiques qui favorisent une meilleure cohabitation seront de mise. « Le vélo est un véhicule de liberté, souligne Suzanne Lareau, PDG de Vélo Québec. Il faut s’astreindre à se dire qu’on n’est pas seul sur la route et, cet été, on va être loin d’être seuls. Il y a des règles de circulation, et on doit les respecter. »

Être visible

Le Code de la sécurité routière exige la présence de réflecteurs sur le vélo en tout temps, qu’on roule le jour ou la nuit. Cela comprend un feu blanc à l’avant et un feu rouge à l’arrière pour les déplacements de nuit.

« Il n’y a rien de plus désagréable, surtout lorsqu’on roule sur des pistes cyclables bidirectionnelles, de croiser des cyclistes qu’on n’a pas vus parce qu’ils ne sont pas éclairés », lance Mme Lareau.

Être prévisible

Il faut apprendre les gestes de la main pour signaler ses intentions : diriger la main gauche vers le bas pour faire savoir qu’on va arrêter, pointer la gauche de la main gauche pour signaler un virage à gauche. Pour un virage à droite, on a deux choix : diriger la main gauche vers le haut ou pointer la droite avec la main droite.

« Les signaux que nous faisons permettent aux autres d’anticiper nos mouvements, rappelle Mme Lareau. Ce sont nos clignotants à nous, les cyclistes. »

Respecter les feux de circulation

« Un feu rouge, c’est pour tout le monde », rappelle Suzanne Lareau.

Elle suggère au premier cycliste qui arrête au feu de circulation de se placer un peu en avant de l’automobile ou du camion qui y est aussi arrêté.

« Lorsque le feu tourne au vert, l’automobiliste sait qu’il y a un cycliste et s’il veut tourner à droite, il devra attendre que le cycliste passe avant de le faire. S’il y a 15 cyclistes derrière, il devra atteindre que les 15 passent pour tourner parce que la priorité est à ceux qui continuent tout droit. »

C’est particulièrement important lorsqu’il s’agit d’un camion parce qu’ils ont un énorme angle mort. Il est d’ailleurs suggéré d’établir un contact visuel avec le chauffeur, soit directement, soit par son rétroviseur.

Respecter le sens de la circulation

« Je vois beaucoup de cyclistes qui utilisent les bandes cyclables à contresens, déplore Suzanne Lareau. Il faut suivre les flèches des bandes cyclables et toujours suivre le sens de la circulation. »

Sur les pistes multifonctionnelles, les piétons peuvent suivre le sens de la circulation ou marcher à contresens. Les cyclistes n’ont pas ce choix.

Mme Lareau note que les pistes multifonctionnelles ne fonctionnent bien que si elles sont peu achalandées.

« Ça risque d’être un enjeu dans les prochains mois. Les pistes multifonctionnelles risquent d’être prises d’assaut par les piétons et les cyclistes et vont devenir problématiques. Les municipalités devront penser à d’autres chemins, soit pour les piétons, soit pour les cyclistes. »

une vitesse adaptée à l’environnement

« Si vous êtes sur une route ou un rang de campagne, vous pouvez bien rouler à fond la caisse, lance Suzanne Lareau. Mais la réalité de la ville est différente : il y a d’autres cyclistes autour, des piétons qui traversent, des autos qui tournent, il faut avoir des yeux tout le tour de la tête. »

Elle suggère aux cyclistes de limiter leur vitesse à 15 ou 20 kilomètres à l’heure en ville. Ça permet d’avoir le temps de réagir si une situation imprévue se présente, comme une portière qui s’ouvre. À ce sujet, Mme Lareau suggère de rouler à « un bras de distance » des automobiles pour justement se donner une petite marge de manœuvre.

« Le fait de rouler moins vite en ville, ça sécurise tout le monde, ajoute-t-elle. Il y a peut-être des gens moins habiles sur leur vélo. Cet été, on veut que les gens soient doublement prudents, on ne veut pas que quelqu’un se retrouve à l’hôpital pour un accident niaiseux. »

Doubler à distance raisonnable

« On ne va pas tous à la même vitesse sur les voies cyclables : il y a des enfants, des gens qui commencent à faire du vélo, des gens plus âgés, rappelle Mme Lareau. Il faut qu’on ait la possibilité de doubler. »

Les pistes cyclables plus anciennes sont souvent très étroites, il faut quand même s’organiser pour laisser de la distance lorsqu’on double.

« On parle souvent de distanciation physique, mais me faire coller quand on me double, j’haïs ça en tout temps, pandémie ou pas. Prenez vos distances. »

Évidemment, avant de doubler, il faut regarder derrière, faire les signaux nécessaires et doubler par la gauche. C’est évidemment gentil d’avertir le cycliste qu’on double en disant « cycliste à gauche ».

Rouler en file indienne

Les pistes cyclables de nouvelle génération sont plus larges et peuvent permettre de rouler un peu côte à côte s’il n’y a personne à l’horizon. Sur une petite route de campagne très peu fréquentée, c’est également possible de faire un peu de jasette côte à côte, mais il faut immédiatement se remettre en file indienne lorsqu’un véhicule approche.

« Il faut y aller avec son jugement, rappelle Mme Lareau. Les règlements ne peuvent pas définir tous les cas. »

Faire preuve de courtoisie

« On va vivre un gros été vélo, le “vélo-bashing” va revenir, affirme Suzanne Lareau. Et il y a des cyclistes, comme des automobilistes et des piétons, qui ne savent pas comment se comporter sur les routes. Ce sont eux qui sont les plus nuisibles pour l’image des cyclistes. »

En roulant mollo, en laissant passer les gens, en leur faisant un signe de tête, on fait preuve de courtoisie et de civisme.

« En faisant ça, vous allez voir qu’il y a pas mal de monde sympathique à bord des voitures, sur des vélos et à pied. »

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