Japon

La citation du jour

« J’ai appris que les ninjas travaillaient comme paysans le matin et s’entraînaient en arts martiaux le soir. »

— Genichi Mitsuhashi, 45 ans, le premier diplômé d’études sur les ninjas après deux ans à l’Université de Mie (centre), région considérée comme le berceau historique des ninjas, mercenaires et espions du Japon féodal et experts en arts martiaux. (AFP)

COVID-19

Le papier toilette à nouveau rationné en Australie

Des supermarchés australiens ont de nouveau imposé des limites au nombre de rouleaux de papier toilette pouvant être achetés, en raison d’une nouvelle fièvre d’achats par des clients paniqués face au regain de cas de coronavirus à Melbourne. « Arrêtez, c’est ridicule », a déclaré à ses compatriotes le premier ministre, Scott Morrison, en affirmant que les nouvelles contaminations dans la deuxième ville du pays ne menaçaient pas les bons résultats enregistrés par le pays dans la lutte contre le coronavirus. Les autorités ont fait état de 30 nouveaux cas de COVID-19 au cours des 24 dernières heures à Melbourne. C’est le 10e jour de suite que le nombre de cas progresse de plus de dix dans l’État de Victoria. Les autres États australiens n’en enregistrent aucun, ou moins de dix par jour, depuis de nombreuses semaines. Les chiffres demeurent limités au regard des flambées de contamination ailleurs dans le monde, mais ce regain de cas fait craindre à l’Australie une deuxième vague épidémique, alors que la plupart des États sont en train de relâcher très nettement les restrictions. L’Australie totalise un peu plus de 7500 cas de COVID-19, une maladie qui a fait 104 morts.

— Agence France-Presse

COVID-19

La Suède s’indigne de figurer dans la liste des pays à « forte résurgence » de l’OMS

Les autorités suédoises ont dénoncé vendredi la décision de l’Organisation mondiale de la santé de classer le royaume nordique parmi les pays « à forte résurgence » de cas de nouveau coronavirus, évoquant une « mauvaise interprétation totale » des données suédoises. La branche Europe de l’OMS avait inclus la veille la Suède dans une liste de onze pays au total où « l’accélération de la transmission a entraîné une forte résurgence » du virus. Si cette dernière [l’accélération de la transmission] n’est pas maîtrisée, elle amènera les systèmes de santé d’Europe au bord du gouffre, une fois de plus », avait déclaré le directeur de la branche Europe de l’OMS, Hans Kluge. « Nous avons un nombre croissant de cas détectés en Suède, mais c’est parce que nous dépistons beaucoup plus qu’auparavant », a plaidé l’épidémiologiste suédois Anders Tegnell, de l’Agence de santé publique. En un mois, les tests de dépistage liés à la COVID-19 ont doublé pour atteindre plus de 61 000 tests hebdomadaires mi-juin. Cependant, l’OMS juge que la Suède est actuellement « toujours confrontée à la transmission communautaire ». Vendredi, le bilan en Suède a atteint 5280 morts, avec 50 nouveaux décès enregistrés en 24 heures. Rapporté à sa population, le pays scandinave affiche le cinquième plus mauvais taux de mortalité à cause de la COVID-19 dans le monde.

— Agence France-Presse

Allemagne

Merkel condamne la discrimination contre des foyers de COVID-19

Les comportements discriminatoires observés à l’encontre des habitants de deux cantons allemands remis en confinement à la suite de l’éruption d’importants foyers de contamination de coronavirus sont « complètement inacceptables », a déclaré vendredi le porte-parole d’Angela Merkel. « Que des gens à Gütersloh et à Warendorf soient parfois insultés ou leurs voitures rayées, est bien sûr complètement inacceptable et [constitue] un comportement répugnant, a estimé le porte-parole de la chancelière, Steffen Seibert, lors d’une conférence de presse régulière à Berlin. Nous devons faire preuve de respect et de sympathie les uns envers les autres, en particulier dans les situations difficiles. » Il a ajouté que chacun pouvait subitement se retrouver dans un foyer de COVID-19. Mardi, l’Allemagne avait pour la première fois instauré un reconfinement à l’échelle locale en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Ouest), concernant plus de 600 000 personnes face à l’éruption d’un important foyer de contamination parti du plus grand abattoir d’Europe. Le pays, présenté en modèle de gestion de la pandémie de coronavirus, avait été l’un des premiers en Europe à entamer son déconfinement il y a environ sept semaines.

— Agence France-Presse

« Mieux vaut se noyer que de rester en Libye »

Accoudé sur le pont arrière de l’Ocean Viking, le navire humanitaire qui les a recueillis en Méditerranée, le groupe de Pakistanais voit s’éloigner la Libye. Et avec elle, la torture, les sévices, les enlèvements : « Pour eux, on n’est pas des êtres humains. »

Ils étaient 31 Pakistanais sur les 51 migrants dont l’embarcation en bois a été secourue jeudi à la mi-journée au large de l’île italienne de Lampedusa, lors d’une opération du bateau-ambulance de SOS Méditerranée.

« Pour les Noirs, c’est à peu près comme nous, mais avec les Bangladais, les Pakistanais, ce sont ceux qui souffrent le plus » en Libye, juge Imran, 30 ans, qui vient d’y passer un an. « Tous les Pakistanais ici [sur le bateau] ont été captifs pendant leur passage en Libye, on s’est tous fait enlever, on était venus pour travailler, mais on a trouvé la guerre, la torture, les extorsions. Pour eux, on n’est pas des êtres humains. »

Comme Imran, passé par Dubaï avant de venir travailler dans le bâtiment près de Tripoli, tous racontent les sévices et les enlèvements à répétition.

Pour lui, ç’a été « dès l’aéroport ». « On m’a vendu à quelqu’un qui m’a enfermé. On était entassés à 35, 40 dans une chambre, on n’avait pas le droit de sortir. Puis il m’a revendu à quelqu’un d’autre, qui m’a enfermé aussi. Ç’a été comme ça tout le temps, j’étais esclave », explique-t-il.

« Ils te donnent juste assez à manger pour que tu restes vivant, pas une bouchée de plus », intervient Naeem 35 ans, qui, lui, a réussi à « s’échapper », mais a fait « l’erreur » d’aller voir la police. « La police m’a ramené aux ravisseurs, ç’a été pire. Il n’y a pas une seule personne qui nous a aidés en Libye, je n’ai pas trouvé une seule bonne personne dans tout le pays. »

Mohammad Arshad, brun longiligne en shalwar-kamiz bleue, tenue traditionnelle, a passé deux ans à Al-Khoms et donne la mécanique de la demande de rançon : « Ils viennent à plusieurs, ils peuvent t’attraper n’importe où, au travail, dans la rue. Ils te bandent les yeux. Ils te frappent et appellent tes parents, en leur disant “Si vous ne payez pas, il va mourir” ». Son père a dû trouver 10 000 dollars, une fortune au Pakistan, en s’endettant auprès de proches.

« Mieux vaut se noyer »

« Et si on n’arrive pas à rassembler l’argent, on nous frappe avec la crosse d’un fusil. Il y a les coups d’électricité aussi. Ou alors on nous affame, pendant des jours, et si on veut boire, c’est l’eau des toilettes. Les tortures, les souffrances que j’ai vécues, je n’arrive pas à mettre des mots dessus », expose sans plus aucune émotion Arslan Ahmid, jeune homme de 24 ans aux yeux verts dont la barbe s’échappe en long fils de son masque chirurgical.

Le départ de Libye dans ces proportions, pour des ressortissants pakistanais, est inhabituel. Derrière les Soudanais, les Bangladais représentent la deuxième nationalité pour les traversées, mais le Pakistan ne figure pas dans les dix premiers pays, selon le décompte du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Cela ne faisait que sept ou huit mois qu’Arslan Ahmid se trouvait en Libye lorsqu’il a décidé de risquer sa vie en bateau au départ de Zouara. « Ici, en Méditerranée, on peut mourir une fois. En Libye, on meurt tous les jours », reprend-il à voix basse, après un long silence.

Ils ont préféré payer 2000 dollars « maximum » pour s’offrir un ticket de sortie, racontent-ils.

« On a pris le bateau en connaissance de cause. Mais la mort, on l’a déjà vue de très près. La mer, c’est dangereux, mais mieux vaut se noyer que de rester en Libye », s’est convaincu Naeem, à qui l’Ocean Viking s’apprête à offrir « une deuxième vie » en Europe.

« C’est le plus beau jour de mon existence », renchérit Mudassar Ghalib, 40 ans.

Tous redemandent confirmation que le bateau ne va pas les ramener en Libye. Puis, rassurés, se prennent à rêver : un nouveau départ à Malte ? En Italie, en France ?

« En fait, peu importe, coupe Imran. Je suis sûr que chez vous, en Europe, personne ne va nous torturer. »

— Agence France-Presse

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