Bosnie

« Si on ne ferme pas ce camp aujourd’hui, demain, les gens commenceront à mourir ici. Ce sera la responsabilité de qui ? »

— La commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, a sommé la Bosnie de fermer d’urgence un camp de fortune pour les migrants. (AFP)

Présidentielle américaine

La sénatrice Kamala Harris abandonne la primaire démocrate

La sénatrice démocrate Kamala Harris, qui voulait devenir la première présidente noire des États-Unis, a annoncé mardi qu’elle abandonnait la primaire démocrate, faute de fonds suffisants pour financer sa campagne. Âgée de 55 ans, l’ex-procureure de Californie était entrée fin janvier dans la course pour décrocher l’investiture démocrate et défier le républicain Donald Trump lors de la présidentielle de novembre 2020. Après des débuts très remarqués, elle était retombée et stagnait dans les sondages derrière le peloton de tête. C’est l’une des plus grandes personnalités à abandonner la primaire démocrate, qui compte désormais 15 candidats en lice. « Ma campagne pour être élue présidente ne dispose tout simplement pas des moyens dont nous avons besoin pour continuer », a-t-elle écrit dans un communiqué. Kamala Harris venait d’être reléguée à la sixième place (3,4 % selon la moyenne RealClearPolitics) par le milliardaire Michael Bloomberg.

— Agence France-Presse

États-Unis

Une mère accusée d’avoir pendu deux de ses enfants

Une Américaine de 36 ans a été accusée d’avoir pendu ses enfants de 4 et 8 ans dans sa cave de Pennsylvanie et inculpée pour infanticide, même si elle affirme qu’ils se sont suicidés. « C’est un évènement horrible, tragique », a déclaré John Adams, procureur du comté de Berks, lors d’une conférence de presse lundi, peu après l’arrestation de la mère, Lisa Snyder. L’interpellation de cette femme, qui élevait seule ses enfants, est survenue plus de deux mois après que les enfants eurent été retrouvés pendus dans la petite localité d’Albany Township, à une centaine de kilomètres au nord de Philadelphie, a expliqué le procureur. Le 23 septembre, la mère avait appelé les secours, affirmant avoir trouvé ses enfants pendus dans la cave. Les secouristes avaient retrouvé Conner, l’aîné, et sa petite sœur Brinley pendus à une poutre avec une longue laisse pour chien, deux chaises renversées à proximité. Ils avaient tenté de les ranimer, en vain. Trois jours plus tard, la mort des enfants avait été déclarée. La mère, interrogée à deux reprises par la police, avait affirmé que son fils, en surpoids, « subissait des brimades à l’école et qu’il voulait mourir ». Mais son témoignage a « immédiatement suscité des questions », selon M. Adams, car « les enfants de 8 ans ne se suicident généralement pas ».

— Agence France-Presse

Chili

Le président annonce une prime à un million de familles

Le président chilien, Sebastian Piñera, a annoncé mardi le versement d’une prime exceptionnelle à 1,3 million de familles pour atténuer les effets de la crise sociale qui secoue le pays depuis plus de six semaines. «  Nous allons déposer un projet de loi devant le Parlement qui permet d’accorder une prime de 100 000 [pesos chiliens, soit 124 dollars environ] à 1 336 000 familles chiliennes  », a déclaré durant un déplacement le chef de l’État de droite dont le gouvernement multiplie les annonces économiques. Lundi, ce dernier a mis 5,5 milliards de dollars sur la table pour tenter de résoudre la crise sociale et faire repartir l’activité économique qui s’est effondrée en octobre alors qu’éclatait le mouvement de protestation. Le ministre des Finances, Ignacio Briones, a annoncé un plan de soutien à l’économie, avec au programme une augmentation des dépenses publiques en 2020 de quelque 3 milliards de dollars, une aide financière de 1,9 milliard de dollars aux PME (petites et moyennes entreprises) et 525 millions de dollars de mesures diverses.

— Agence France-Presse

Troubles en Iran

Des vidéos émergent sur le Net, révélant l’ampleur de la répression

Des vidéos de manifestants en sang et de tireurs perchés sur des toits ont émergé avec le retour progressif de l’internet en Iran, coupé pendant des troubles qui ont entraîné l’une des répressions les plus brutales de la République islamique, selon des analystes. Déclenchées le 15 novembre par l’annonce d’une hausse du prix de l’essence, les manifestations, violentes par endroits, se sont rapidement étendues à plusieurs dizaines de localités. Mais l’accès des protestataires au monde extérieur par l’entremise de l’internet a été tout aussi rapidement coupé par les autorités, selon NetBlocks, qui surveille la liberté d’accès à l’internet et a fait part d’une interruption quasi totale durant au moins une semaine. Pendant ce black-out, la répression a été «  plus brutale  » que lors de précédents mouvements de contestation en Iran, affirme à l’AFP Kamran Matin, chercheur en relations internationales à l’Université du Sussex (Grande-Bretagne). «  Toutes les vidéos que j’ai vues avant la coupure d’internet montrent que l’intervalle entre le début des rassemblements et les “tirs pour tuer” était très court  ». 

— Agence France-Presse

Barrage en Éthiopie

Inquiétude sur les rives égyptiennes du Nil

Dans l’ombre mouchetée d’un arbre, Mohamed Omar rejoint d’autres cultivateurs égyptiens parmi lesquels un débat fait rage. Son objet est de déterminer qui arrosera son champ en premier, alors que l’eau en provenance du Nil se fait rare.

« Mon champ est à sec depuis des jours. J’ai besoin d’eau avant que d’autres ne se servent », explique Omar, 65 ans, installé dans un petit village de Guizeh, au sud-ouest du Caire.

« Nous dépendons de l’eau du Nil, qui est particulièrement insuffisante l’été », ajoute ce producteur de légumes devant ses rangées d’épinards et de choux.

Le fleuve fournit 97 % des besoins en eau de l’Égypte, et ses rives abritent 95 % des quelque 100 millions d’habitants du pays, selon les Nations unies.

L’Égypte souffre d’une crise de l’eau liée notamment à la surpopulation. De 35 millions en 1970, la population du pays est passée à environ 100 millions aujourd’hui.

S’ajoutent à cela les changements climatiques et la pollution due aux eaux usées et aux déversements industriels.

L’inquiétude grandit en conséquence sur les rives égyptiennes du Nil, alors que l’Éthiopie a annoncé son intention de produire, en amont, de l’électricité à partir de 2020 depuis le grand barrage de la Renaissance (GERD).

Menace existentielle

L’Égypte voit ce barrage, dont la construction s’achève bientôt, comme une menace existentielle qui pourrait gravement réduire ses ressources en eau. L’Éthiopie assure que la part égyptienne ne sera pas touchée.

« Cela signifiera la dévastation pour nous et nos terres agricoles. Comment va-t-on pouvoir conserver notre activité ? », s’emporte Ahmed, jeune cultivateur de 23 ans à Guizeh.

Plus long fleuve du monde, le Nil sert d’artère vitale en Afrique de l’Est pour les 10 pays qu’il traverse.

« Il faut parvenir à un accord. Sinon, l’Égypte sera face à des risques économiques et sociaux insurmontables », estime Hani Raslan, du Centre Al-Ahram pour les études politiques et stratégiques au Caire.

Terres asséchées, agriculture en baisse et difficulté à produire de l’électricité à partir du barrage d’Assouan, dans le sud du pays, figurent parmi ces risques, selon lui. « Et cela pourrait finalement se traduire par une crise politique et de l’instabilité. »

Selon les hydrologues, le niveau de pénurie est atteint lorsque les ressources passent en dessous de 1000 m3 par personne et par an.

La part de l’Égypte a atteint 570 m3 en 2018 et devrait descendre à 500 m3 d’ici à 2025, selon les chiffres officiels.

— Agence France-Presse

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