Résultats financiers

Dollarama répond aux critiques

Tandis que les consommateurs ont la « fausse impression » qu’il n’y a plus beaucoup de produits à 1 $ chez Dollarama, les investisseurs s’inquiètent depuis un moment de voir des reculs dans ses résultats financiers. Résultat, l’action a de nouveau trébuché hier, perdant près de 12 % de sa valeur. Et la haute direction a subtilement répondu à quelques critiques.

Dollarama, qui avait habitué ses actionnaires depuis son entrée en Bourse (en 2009) à des résultats pratiquement toujours meilleurs qu’anticipé, peine maintenant à satisfaire les attentes. La dégringolade d’hier, en réaction à des résultats trimestriels qualifiés de « mixtes » par des analystes, s’ajoute à celle de 17 % lors des résultats du deuxième trimestre dévoilés en septembre.

C’est sans compter l’effet que semble avoir eu, depuis le début de novembre, le virulent rapport de l’investisseur activiste new-yorkais Ben Axler, fondateur et chef des investissements de Spruce Point Capital. Le document d’une cinquantaine de pages remettait en question la gouvernance de Dollarama, ses cibles de croissance et même sa comptabilité.

Bref, depuis son sommet à 56,42 $, en janvier, le titre de Dollarama a perdu 23,09 $, soit 40,9 % de sa valeur. Un grand contraste avec la hausse constante du titre au cours des neuf années précédentes.

Changer les perceptions

Dollarama n’a jamais réagi – publiquement du moins – aux critiques venant de Spruce Point Capital. Mais hier, le président et chef de la direction, Neil Rossy, a passé quelques messages. « Il a été dit que nous ne sommes plus un magasin à un dollar. Mais en réalité, nous avons encore une tonne de produits à 1 $ et 1,25 $. Nous allons faire un effort pour les mettre en évidence », a-t-il précisé.

Il s’avère que la première phrase du rapport de ses détracteurs allait comme suit : « Dollarama […] n’est plus un véritable magasin à un dollar. »

En entrevue, le chef de la direction financière, Michael Ross, nous a mentionné que « le consommateur ne semble pas voir et apprécier » les produits à 1 $ et 1,25 $ même s’il y en a « encore beaucoup ». Ceux-ci seront donc plus visibles, et ce, « le plus tôt possible ». De quelle manière ? « On n’a pas encore finalisé l’approche de comment le faire. » Mais il s’agira assurément d’une stratégie de marchandisage en magasin.

« En fonction des résultats de cette [stratégie], nous pourrons prendre des mesures supplémentaires », a ajouté Neil Rossy, sans donner plus d’explications. Ces derniers mois, les produits à plus de 1,25 $ ont généré 71 % des ventes contre 68 % un an plus tôt, selon la Banque TD.

Prix ruraux et urbains

Le grand patron des 1192 magasins Dollarama a aussi dit quelques mots au sujet des centres de distribution, tous situés à Montréal.

« Notre dernière étude du marché canadien de la logistique nous donne confiance que notre stratégie de logistique centralisée reste la plus efficace et la plus rentable pour Dollarama. »

— Neil Rossy

En page 39 de son rapport, Spruce Point déplorait l’absence de centre de distribution dans l’Ouest canadien. L’investisseur, qui mise sur la baisse de valeur de l’action de Dollarama, avait aussi dénoncé un « manque de transparence » en ce qui concerne Dollar City, une chaîne de magasins que Dollarama approvisionne et pourrait acquérir.

Voilà qu’hier, Dollarama a dévoilé pour la toute première fois que l’entente lui donnait la possibilité d’acquérir « une participation de 50,1 % » dans l’entreprise sud-américaine. Un détail qui n’a pas manqué d’être remarqué par un analyste.

Neil Rossy a aussi mentionné qu’il « étudiait très, très sérieusement » la possibilité de ne plus avoir des prix identiques d’un bout à l’autre du pays, puisque les coûts d’approvisionnement à la campagne sont plus élevés. « Nous étudions cette possibilité, mais contrairement aux autres détaillants qui ont souvent 6, 7, 8, 9, 10 zones de prix, si nous allons de l’avant, nous en aurons probablement 2, pour les zones urbaines et rurales. »

Le chef de la direction financière a plus tard précisé que la direction étudiait « beaucoup d’affaires » et qu’elle avait bien d’autres idées à mettre en œuvre « avant d’en arriver là. »

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