syrie

Donald Trump n’a pas encore pris sa décision

Le président américain Donald Trump, qui a réuni hier son équipe de sécurité nationale sur le dossier syrien, n’a pas encore tranché sur de possibles frappes aériennes après l’attaque chimique présumée dans l’enclave rebelle de Douma.

« Aucune décision définitive n’a été prise », a affirmé Sarah Huckabee Sanders, porte-parole de l’exécutif américain, précisant que M. Trump poursuivait les discussions avec ses alliés et appellerait dans la soirée la première ministre britannique Theresa May et le président français Emmanuel Macron.

Dans la soirée, un porte-parole de Downing Street a confirmé que M. Trump et Mme May s’étaient entretenus au téléphone.

« Ils se sont mis d’accord sur le fait qu’il était vital de ne pas laisser l’usage d’armes chimiques sans réponse, et sur la nécessité de prévenir un nouvel usage d’armes chimiques de la part du régime Assad », a-t-il annoncé.

Tout en restant évasif sur le calendrier d’une éventuelle intervention militaire, M. Macron a assuré de son côté avoir « la preuve » de l’implication du régime de Bachar al-Assad dans cette attaque meurtrière qui a suscité une vague d’indignation à travers le monde.

« Nous examinons la situation de très près. Nous devons prendre des décisions, elles seront prises sous peu. »

— Donald Trump, peu avant de réunir son équipe à la Maison-Blanche

Le chef du Pentagone, Jim Mattis, a de son côté dénoncé le recours « tout simplement inexcusable » aux armes chimiques.

Un an après la première opération militaire américaine contre le régime syrien, en réponse, déjà, à une attaque chimique présumée, les Occidentaux menacent de frapper le régime de Damas, qui dément toute responsabilité.

La perspective d’une action militaire des États-Unis, soutenus par la France et probablement le Royaume-Uni, s’inscrit dans un contexte de vives tensions avec la Russie. Les relations ont déjà été passablement dégradées par l’affaire de l’ex-espion Sergueï Skripal empoisonné en Angleterre.

Prudence de Londres

La Russie, l’un des plus fidèles soutiens du régime de Bachar al-Assad, a appelé les Occidentaux à « réfléchir sérieusement » aux conséquences de leurs actes, tout en assurant ne pas vouloir d’« escalade ».

« Personne n’a donné le droit aux dirigeants occidentaux de s’attribuer le rôle de gendarmes du monde, à la fois d’enquêteur, de procureur, de juge et de bourreau », a lancé la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

Londres est resté plutôt discret sur sa participation à d’éventuelles représailles militaires, préférant s’en remettre à la « coordination d’une réponse internationale » sur une question qui divise profondément l’opinion et la classe politique du Royaume-Uni.

La chancelière allemande Angela Merkel a jugé qu’il était « évident » que le régime syrien disposait encore d’un arsenal chimique, tout en soulignant que Berlin ne participerait pas à des actions militaires contre Damas.

« Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu, quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace. »

— Emmanuel Macron, président de la France

Restant ferme dans ses accusations, M. Macron a assuré avoir « la preuve » que des armes chimiques avaient été utilisées, « au moins du chlore ». Il faut « enlever les moyens d’intervention chimique au régime », a-t-il martelé.

L’Organisation internationale sur les armes chimiques (OIAC), qui doit se réunir lundi, a annoncé que ses experts étaient en route pour la Syrie et commenceraient leur travail demain.

Le Kremlin a pour sa part assuré que la ligne spéciale entre militaires russes et américains au sujet de leurs opérations en Syrie, destinée à éviter les incidents, était toujours « dans un état actif et utilisée des deux côtés ».

« Toute action ne contribuera qu’à déstabiliser davantage la région », a averti de son côté le président syrien Bachar al-Assad.

40 morts, plus de 500 blessés

La Suède a mis hier sur la table du Conseil de sécurité un projet de résolution portant sur l’envoi d’une mission de l’ONU en Syrie pour en retirer les armes chimiques « une bonne fois pour toutes », selon le texte obtenu par l’AFP.

De son côté, la Russie a demandé que le Conseil de sécurité de l’ONU se réunisse aujourd’hui.

Selon les Casques blancs et l’ONG médicale Syrian American Medical Society, plus de 40 personnes ont été tuées à Douma, dernier bastion rebelle dans la Ghouta orientale, tandis que plus de 500 blessés ont été soignés notamment pour des « difficultés respiratoires ».

États-Unis

« Ce président est immoral »

Donald Trump est un menteur au comportement « mafieux », croit James Comey, ex-chef du FBI

Washington — Le président des États-Unis Donald Trump est un menteur invétéré soumettant son entourage à un code de loyauté rappelant l’attitude d’un chef « mafieux », estime dans ses mémoires l’ex-patron du FBI, James Comey.

Dans ce livre très attendu dont des passages ont fuité dans la presse hier, quelques jours avant sa sortie, l’ex-chef de la police fédérale américaine décrit un locataire de la Maison-Blanche obsédé par des détails scabreux le concernant.

M. Comey relate ainsi que le président lui a demandé d’enquêter sur des allégations le mettant en présence de prostituées russes en 2013 dans un hôtel à Moscou.

« Je suis germophobe. Ce ne serait pas possible que je laisse des gens se faire pipi dessus devant moi », aurait dit le milliardaire à propos des relations sexuelles prêtées aux prostituées, au cours desquelles elles se seraient urinées dessus à sa demande.

« J’ai laissé échappé un rire », écrit M. Comey, toujours selon cet extrait relayé par le Washington Post.

Ce « dossier » avait été rédigé par un ancien agent du renseignement britannique pour le compte d’opposants politiques au candidat républicain. Jugée suspecte dans un premier temps par le renseignement américain, la crédibilité du dossier s’est renforcée au fur et à mesure de nouvelles révélations confirmées dans la presse.

Lors de cette discussion dans la tour Trump en janvier 2017, M. Trump a demandé avec insistance au chef du FBI de faire la lumière sur ces allégations qui lui étaient très défavorables, afin de prouver qu’il s’agissait d'un mensonge, « au cas où il existerait une seule chance sur cent qu’elles soient prises au sérieux par sa femme, Melania », selon James Comey.

Cet échange avec le président « m’a fait revenir au début de ma carrière, quand j’étais procureur face à la mafia », a-t-il ajouté.

L’ex-chef de police a décrit une scène digne de la mafia : « Le cercle silencieux qui acquiesce. Le boss qui fait le jour et la nuit. Les serments de fidélité. La vision du monde selon laquelle tous sont contre nous. Le mensonge généralisé, qu’il soit petit ou gros, au service d’une sorte de code de loyauté qui place l’organisation au-dessus de la moralité et de la vérité. »

« un leadership axé sur l’ego »

Pour James Comey, « ce président est immoral, détaché de la vérité et des valeurs institutionnelles ». « Son leadership est transactionnel, axé sur l’ego et sur la loyauté personnelle », insiste-t-il.

Les mémoires de James Comey, intitulés A Higher Loyalty : Truth, Lies, and Leadership, retracent ses 20 ans de carrière comme procureur à New York, puis ministre adjoint de la Justice dans le gouvernement de George W. Bush, et chef du FBI de 2013 à 2017.

Le livre s’est un temps hissé en tête du classement des préventes d’Amazon, grandement aidé par les messages vengeurs sur Twitter de Donald Trump, qui avait limogé M. Comey le 9 mai 2017.

Lors d’une audition extraordinaire au Sénat, James Comey avait révélé les pressions venues de la Maison-Blanche, le fait que le président avait exigé sa « loyauté » et qu’il lui avait demandé d’abandonner un volet de l’enquête portant sur le général Michael Flynn, son conseiller à la sécurité nationale, forcé à la démission.

Le livre sortira le 17 avril.

États-Unis

Le National Enquirer a payé pour une info sur un enfant caché de Trump

L’hebdomadaire à sensation National Enquirer a versé 30 000 $ à un ancien portier de la Trump Tower qui affirmait que Donald Trump avait eu un enfant caché avec une de ses employées, information jamais confirmée, mais publiée hier par le New Yorker. Le rédacteur en chef du National Enquirer, Dylan Howard, a reconnu ce versement dans un article publié par Radar Online, un site appartenant au même groupe de presse que l’hebdomadaire, American Media Inc. (AMI). Citant plusieurs sources anonymes au sein d’AMI, le New Yorker affirmait hier qu’après avoir acheté l’exclusivité de l’information, le National Enquirer avait sciemment choisi de ne jamais la publier. La décision de ne pas publier l’information relative à cet enfant, une fille, qui aurait aujourd’hui 29 ans, a été plutôt prise à l’issue d’une enquête ayant démontré qu’elle n’était « pas crédible », a soutenu AMI. Le New Yorker a affirmé, sur la base de sources anonymes au sein d’AMI, que le groupe de presse pratiquait régulièrement le « catch-and-kill », consistant à s’assurer les droits d’un témoignage avec l’intention de ne jamais le publier. Toujours selon le magazine, le PDG d’AMI, David Pecker, en aurait notamment fait bénéficier à plusieurs reprises Donald Trump, dont il est proche.

— Agence France-Presse

États-Unis

« La guerre est toujours et doit toujours être en dernier ressort. »

— Mike Pompeo, qui a tenté hier, lors de son audition devant le Congrès en vue de sa confirmation comme secrétaire d’État américain, de se défaire de son étiquette de « faucon », promettant d’être ferme, mais pas va-t-en-guerre, notamment sur l’Iran et la Corée du Nord. (Agence France-Presse)

États-Unis

Les voyageurs prenant l’avion devront sortir leur nourriture de leurs sacs

Les voyageurs prenant l’avion aux États-Unis à partir de cet été devront se plier à des mesures de sécurité plus strictes, qui les obligeront notamment à sortir la nourriture de leur bagage de cabine avant que ce dernier ne passe aux rayons X. L’autorité américaine des transports, la TSA, a annoncé hier que les produits qui pourraient compliquer la lecture des rayons X devront être enlevés des bagages de cabine avant de passer dans le scanner, comme c’est déjà le cas pour les ordinateurs portables. Ces nouvelles mesures commencent à être appliquées dans certains aéroports américains, ce qui allonge le temps d’attente au passage de la sécurité. La TSA a notamment cité le danger représenté par certains groupes comme l’organisation État islamique (EI) pour justifier cette nouvelle décision.

— Agence France-Presse

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