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OTH retourne aux sources sur Saint-Laurent

Novembre 1999, Harry Drakopoulos et Angelo Destounis ouvraient au 1021, rue Sainte-Catherine Ouest Off the Hook. Beaucoup de flyers, de longues nuits, de collaborations exclusives et trois espaces plus tard, ils retournent en quelque sorte à l’esprit originel de OTH avec leur nouvelle boutique sur Saint-Laurent.

Harry Drakopoulos et Angelo Destounis sont des partenaires d’affaires, mais aussi des cousins et fiers représentants de la communauté grecque montréalaise. Ce sont eux, les deux têtes responsables du succès monstre – près de 10 000 personnes franchissent la porte de leur adresse du centre-ville chaque semaine – de Off the Hook (OTH pour les intimes), une boutique de vêtements streetwear qui est un peu, beaucoup plus que ça.

« Oui, on vend des vêtements, mais c’est plus que ça. On est une shop de culture. Tout est parti de notre amour de la musique, du hip-hop. Au départ, notre concept était d’amener des artistes pour qu’ils viennent faire des shows à Montréal, d’en faire la promotion, de vendre les billets en boutique et de faire des événements avec l’artiste en boutique », détaille Angelo.

« A-Trak avait fait l’ouverture de notre première boutique, il avait 15 ans ! renchérit Harry. On voulait être un one-stop shop : on était à la fois salon de barbier, magasin de musique, boutique de vêtements. On avait aussi des performances live. »

Depuis 19 ans, OTH a évolué au rythme de la culture urbaine, suivant les mouvances, s’adaptant à la clientèle. Angelo évoque l’époque où le hip-hop et la culture skate, jusqu’alors ennemies, se sont alliées, l’arrivée de l’électro, l’explosion des barrières raciales et genrées qui sont aujourd’hui monnaie courante pour les milléniaux.

« Les gens nous demandent souvent on est une boutique de quoi… En fait, on est progressifs, on a progressé avec la scène urbaine, on a évolué avec la culture », résume Harry.

De Ste-Cath à St-Lo

Pour le duo, l’ouverture d’une boutique sur Saint-Laurent est tout à fait logique. Car si ses origines sont « downtown », elles prennent aussi racine sur Saint-Laurent.

« Angelo et moi, on partait de Sainte-Catherine et on venait faire la promotion sur Saint-Laurent. On passait nos flyers et après, on sortait le soir et on continuait à donner plus de flyers ! », se remémore Harry, pointant l’inscription en néon inspirée de ces années fixée au mur de la nouvelle boutique, où on peut lire : « On n’a pas beaucoup dormi mais on a fait des beaux raves. »

Pas de doute, depuis leurs débuts, les gars de OTH ont travaillé fort, très fort. Ils se sont fait un nom en développant des collections inédites avec des marques et des créateurs d’ici et d’ailleurs – pensons à McLauren, Atelier New Regime, au Canadien de Montréal et, à venir l’an prochain, la marque française Le Coq sportif – et en offrant à leur clientèle des exclusivités, souvent des sneakers, qui s’envolent comme des petits pains chauds.

« Ce que les gens ne réalisent pas toujours, c’est que la boutique, c’est une vitrine de toutes nos idées, de notre créativité. On travaille nos projets de A à Z, tout est géré de l’intérieur, des idées à la confection, en passant par le marketing. »

— Harry Drakopoulos, Off the Hook

Un de leurs plus gros coups est sans aucun doute l’ouverture en 2011, dans le local situé au-dessus de la boutique du centre-ville, de Vans OTH, le tout premier partenariat « lifestyle » de la marque au Canada, et un des premiers au monde, où les férus des produits Vans peuvent trouver des exclusivités.

Un partenariat qui continue à grandir. Par exemple, un modèle de chaussures Vans inspiré du Plateau sera offert en exclusivité à la boutique de Saint-Laurent en mai, dans le cadre du programme « C’est chez nous », que OTH a lancé pour rendre hommage aux divers quartiers montréalais.

Puis il y a eu, en 2016, l’occasion d’ouvrir une deuxième boutique OTH dans l’hôtel William Gray, dans le Vieux-Montréal, où l’entreprise met de l’avant une offre plus raffinée, destinée à une clientèle à la recherche de marques internationales d’exception.

« Rétro-contemporain »

Avec l’ouverture hier du troisième OTH, qui prend place dans l’ancienne boutique ibiki, le duo désire proposer une offre complémentaire à ses autres espaces. « C’est une évolution. Saint-Laurent, c’est pour notre clientèle qui veut continuer dans la veine du streetwear, mais un peu plus mature, qui magasine des pièces précises. On veut aussi attirer ici une clientèle qui n’est pas intéressée à aller au centre-ville, mais à magasiner dans leur quartier », détaille Harry.

Ainsi, l’endroit offrira des exclusivités, comme la marque japonaise Snow Peak ou encore Freshjive, une marque streetwear mythique qui effectue présentement un retour sur le marché, en plus d’un petit coin apothicaire avec une sélection de plusieurs produits unisexes.

Mais plus que tout, OTH Saint-Laurent est porté par l’esprit originel de l’entreprise, détaille Harry : « Cette boutique représente beaucoup ce que OTH a été dans les premières années, où on faisait des expos, du live, des premières… On a dû laisser cela de côté par manque d’espace, car la boutique a évolué au-delà de ce qu’on avait imaginé. Ici, tout est amovible, tout peut bouger, que ce soit pour des activations, des expositions d’artistes. La boutique a été pensée pour ça. »

Un retour aux sources, bref, l’expérience des 19 années en plus. « C’est du rétro-contemporain de notre historique, ça fait du sens et le même esprit est là. Je suis vraiment excité pour ce qui s’en vient ! », lance Angelo.

Et gageons que tous les fidèles OTH aussi !

4357, boulevard Saint-Laurent

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