Musique

Anatomie d’un tube estival

Incontournable des partys et des road trips, il fait souvent danser, donne envie de chanter à tue-tête dans la voiture, les vitres baissées. C’est LE tube de l’été. Qu’est-ce qui fait d’une chanson un hit estival ? Quelles tendances ont évolué et lesquelles sont immuables ? La Presse a étudié les top 10 estivaux du Billboard des 18 dernières années pour le savoir.

Une mission : faire danser

La plupart des chansons qui ont rythmé les 18 derniers étés sont dansantes, indique notre analyse. La « dansabilité » est mesurée grâce au tempo, à la stabilité et à la puissance du beat, ainsi qu’à la régularité de la chanson. Plus on s’approche du 1, plus le morceau est dansant. Par exemple, la chanson Hollaback Girl, de Gwen Stefani, parue en 2005, a un indice de 0,918. 

4/4 ou rien

« La majorité des chansons commerciales, tubes de l’été ou non, sont en quatre temps. C’est une musique plus facile à l’oreille, plus facilement digestible. »

— Étienne Grégoire, directeur musical de Rythme FM

Des chansons de plus en plus longues

L’écoute en continu influence-t-elle même la forme que donnent les artistes à leurs chansons ? Si la plupart des tubes estivaux des dernières années se conformaient aux standards de durée radiophonique (3 min 30 s environ), ils sont de plus en plus longs depuis quelques années.

I Like It (2018) : 4 min 22 s 

De moins en moins joyeux

« Les textes reflètent ce qui se passe dans le monde. Pour un hit, tant que le rythme s’avale facilement, on peut parler d’à peu près n’importe quoi. »

— Étienne Grégoire, directeur musical de Rythme FM

Les femmes s’effacent

Si la tendance était plutôt à l’équité au début des années 2000, les tubes estivaux appartiennent de plus en plus aux hommes. Les années où Lady Gaga, Taylor Swift et Adele faisaient la pluie et le beau temps sont derrière nous. Drake, Ed Sheeran et Bruno Mars sont partout aujourd’hui.

Le mot d’ordre : collaboration

Les artistes collaborent de plus en plus sur leurs chansons. Et avec succès ! Si 7 des 10 tubes estivaux de l’an dernier comptaient des featuring, on n’en retrouvait aucun dans le top 10 estival de l’an 2000.

Les groupes sont révolus

Voler de ses propres ailes semble payant. Les groupes ont connu un retentissant succès au début du millénaire (*NSYNC, Destiny’s Child, Train), mais les artistes solos détiennent maintenant le quasi-monopole des classements estivaux. 

Méthodologie

L’équipe science des données de La Presse s’est penchée sur les top 10 des « tubes de l’été » du magazine Billboard entre les années 2000 et 2018. Pour chaque titre, elle a récolté des données descriptives (année de présence, position, artiste, style annoncé, date de sortie, etc.). Les analystes ont ensuite recueilli des métriques analytiques proposées par Spotify : popularité, durée, énergie, tempo, etc. Avec toutes ces valeurs en main, ils ont pu brosser un portrait global de ces palmarès. Ils ont également suivi l’évolution des tendances au fil des ans pour chaque métrique.

— Avec la collaboration de Pierre Meslin, Hervé Mensah et Emma Damitio

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