A p r è s  O n e  D i r e c t i o n

Qui s’en tire le mieux ?

Quatre ans après la dissolution de One Direction, difficile de ne pas être tenté de mettre en parallèle le parcours de ceux qui furent les garçons les plus adorés de la planète. À l’occasion de la sortie de l’album de Niall Horan, La Presse évalue son second effort solo, ainsi que ceux de Harry Styles, Louis Tomlinson et Liam Payne, parus récemment.

HARRY STYLES

Fine Line

sorti le 13 décembre 2019

Harry Styles est l’ex-One Direction dont la carrière solo est la plus florissante. Depuis son premier essai homonyme, dont les airs indie rock ont su l’émanciper de l’affiliation au boys band qui l’a mis au monde, Styles n’a fait que gagner en popularité. Avec Fine Line, Harry Styles consolide son avance sur ses anciens complices. Plus introspectif et surtout plus audacieux que le précédent, cet opus révèle à quel point le chanteur a pris du galon depuis ses débuts. Grâce aux rythmes sucrés, aux tonalités rock empruntées à ses idoles des années 70, aux ballades juste assez larmoyantes et à sa meilleure performance vocale à ce jour, Harry Styles a franchi un nouveau cap. L’album s’est d’ailleurs classé au sommet du palmarès des ventes. Harry Styles est le seul dont la carrière sera plus imposante en solo qu’au sein du groupe.

Niall Horan

Heartbreak Weather

sorti le 13 mars 2020

Plus accessible que celui de Styles, le deuxième album de Niall Horan agence assez bien les genres, ce qui pourra plaire au grand nombre (et aux stations de radio). Après un premier album (Flicker) aux retombées très respectables, il propose une suite promise à un destin similaire. L’Irlandais à la bouille sympathique a probablement été le membre le plus sous-estimé de One Direction. Il n’a pas cette aura manifeste de rock star. Sa voix n’est pas non plus sans faille. Et si elle est mieux maîtrisée qu’avant, ce n’est pas sa performance vocale qui le distinguera. Heartbreak Weather, toutefois, est un bon album qui, dans son éclectisme pop, offre quelques excellents morceaux. Le titre le dit : il est souvent question ici de cœur brisé, et les ballades qui évoquent des ex ou des amours impossibles sont efficaces. Contre toute attente, Niall semble bien engagé sur la voie du succès.

Louis Tomlinson

Walls

sorti le 31 janvier 2020

Louis Tomlinson a été le dernier membre de One Direction à sortir un projet solo. D’abord parce que les deuils successifs de sa mère et de sa sœur l’ont tenu loin de l’avant-scène depuis la séparation du groupe. Mais aussi parce que personne n’aurait misé gros sur son succès sans One Direction. Musicalement, Tomlinson n’était pas indispensable au groupe et son envol en solo en fait la preuve. Numéro 8 du palmarès des ventes à la sortie, Walls tente de reproduire certaines recettes du boys band, mais tombe à plat. Il présente ici une sorte de journal intime : son amour de jeunesse, son amour actuel, celui entre les deux, mais aussi son deuil… Les textes les plus poignants sont plombés par des mélodies génériques. Lorsqu’il accouple ses vers à des airs « à la Oasis » (We Made It, Walls), Tomlinson ne déplaît pas complètement. D’ailleurs, Walls n’est pas un disque foncièrement mauvais. Juste… plat.

Liam Payne

LP1

sorti le 6 décembre 2019

Liam, Liam, Liam… Il chantait, dansait, il était le « papa », mais aussi celui qui faisait lever la foule. Il avait le potentiel de devenir une vedette pop. Pensez Justin Timberlake. Sauf que Justin Timberlake a su transposer son talent dans la carrière solo qu’on lui connaît. Liam Payne n’y est pas encore. Son premier essai trace une ligne claire entre son passé au sein du boys band et sa nouvelle direction. La voix y est toujours. Quant aux paroles… Il parle d’argent et d’amour charnel, d’une façon parfois maladroite. Peut-être parce qu’on ne peut vraiment le dissocier du Liam de 2011, coiffé comme Justin Bieber, vêtu d’un accoutrement agencé à celui de ses camarades, en train d’aligner les paroles de What Makes You Beautiful et les pas de danse. LP1 ne sort pas du lot. Certes, Strip That Down, une collaboration avec Quavo, a récolté un succès certain. Familiar, ver d’oreille interprété avec JBalvin, fait danser. Ed Sheeran, l’homme à la plume en or, cosigne deux pièces de l’album, mais il ne parvient pas vraiment à sauver l’œuvre médiocre qu’est LP1.

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