Expansion à Seattle

Quelles implications pour le Canadien ?

À moins d’un revirement de situation étonnant, les gouverneurs de la LNH approuveront aujourd’hui l’arrivée de Seattle d’ici les deux prochaines années.

Les répercussions seront plus importantes pour certains. Chez le Canadien, par exemple, les effets perturbateurs sont moins importants que pour d’autres équipes, même si le portrait en défense pourrait être affecté. Si l’équipe devait soumettre une liste de joueurs protégés selon les conditions du dernier élargissement des cadres, celui de Vegas, les pertes ne seraient pas dramatiques.

Deux de ces neuf attaquants à protéger seraient exposés au repêchage : Jonathan Drouin, Max Domi, Brendan Gallagher, Tomas Tatar, Phillip Danault, Artturi Lehkonen, Paul Byron, Joel Armia et Andrew Shaw. L’équipe de Seattle pourrait en réclamer un seul. 

Les joueurs ayant deux ans ou moins d’expérience chez les professionnels en Amérique du Nord sont exemptés, donc Jesperi Kotkaniemi n’aurait pas à être protégé en 2020.

En défense, les choses pourraient se corser. Shea Weber et Jeff Petry seraient les deux premiers protégés (Petry doit être protégé en raison de sa clause de non-mouvement). Par contre, Noah Juulsen et Victor Mete auront deux années d’expérience chez les professionnels en 2020, alors il faudrait en choisir un des deux. À moins qu’on ne leur préfère Mike Reilly, Brett Kulak, Jordie Benn, David Schlemko et Xavier Ouellet, ce qui serait étonnant, sauf dans le cas de Reilly.

Devant le filet, Carey Price sera évidemment protégé. Antti Niemi n’y sera probablement plus. Charlie Lindgren deviendrait en principe le prochain adjoint de Price. Il y aurait de l’intérêt actuellement envers Lindgren. Si le directeur général Marc Bergevin pense à long terme, il voudra peut-être échanger son jeune gardien d’ici un an plutôt que de le perdre sans rien obtenir en retour.

Des décisions plus difficiles

D’autres clubs auraient des réflexions plus compliquées à faire. Les Predators de Nashville pourraient protéger trois défenseurs parmi Roman Josi, Ryan Ellis, P.K. Subban et Mattias Ekholm. Josi aura droit à l’autonomie complète en 2020, mais il serait étonnant qu’il ne signe pas une prolongation de contrat d’ici là.

Les Blue Jackets de Columbus ont cinq solides défenseurs : Seth Jones, Zack Werenski, David Savard, Ryan Murray et Markus Nutivaara. Le Lightning de Tampa Bay aura des choix difficiles à faire avec ses attaquants. Les Flyers de Philadelphie et les Stars de Dallas pourraient perdre un bon jeune défenseur.

Les Golden Knights de Vegas ont fait des aubaines incroyables à l’aube de leur repêchage en 2017. Ils ont hérité du choix de premier tour des Blue Jackets et néanmoins hérité de William Karlsson. Les Panthers de la Floride leur ont offert Jonathan Marchessault à condition qu’ils acceptent Reilly Smith et son gros contrat. Les deux sont devenus des joueurs de premier trio. Les Islanders de New York et les Jets de Winnipeg leur ont aussi offert des choix de premier tour afin de protéger certains de leurs joueurs.

L’autre impact de taille touchera les équipes de l’Association de l’Ouest. Seattle sera installé dans la division Pacifique. Or, cette division compte déjà huit équipes, contre sept dans la division Centrale.

On pourrait déplacer les Coyotes de l’Arizona de la Pacifique à la Centrale. Mais les Coyotes sont sous le fuseau horaire du Pacifique et peuvent se rendre à Los Angeles, Vegas et Anaheim moyennant quatre ou cinq heures de route.

L’autre solution consisterait à déplacer Edmonton et Calgary dans la division Centrale (on peut difficilement faire jouer ces deux clubs dans des divisions différentes en raison de leur proximité), quitte à déménager l’Avalanche du Colorado dans la division Pacifique. Mais les Canucks de Vancouver perdraient des rivaux naturels, principalement Calgary.

Le président des Oilers, Bob Nicholson, a confié au confrère Terry Jones qu’il ne s’attendait pas à voir son club changer de division. Selon ses informations, les Coyotes seraient les candidats à un transfert.

À suivre.

Nouvel amphithéâtre à Ottawa

Un groupe prêt à reprendre le projet

OTTAWA — Un deuxième groupe a démontré son intérêt pour les terrains des plaines LeBreton à Ottawa et affirme qu’un aréna de la LNH fait partie de son plan.

Le groupe DevCore, qui avait déposé une offre pour développer les terrains situés près de la colline du Parlement en 2016, mais qui a perdu face à un groupe dirigé par le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk, a déclaré dans un communiqué hier qu’il était prêt à reprendre le projet si l’accord actuel entre la Commission de la capitale nationale et le groupe de Melnyk ne tient plus.

« Notre équipe possède l’expertise, l’expérience et les ressources financières nécessaires pour réaliser un projet d’une envergure mondiale au nom des citoyens d’Ottawa et de tous les Canadiens, en collaboration avec la Commission de la capitale nationale et la ville d’Ottawa », a révélé le président du groupe DevCore, Jean-Pierre Poulin, dans un communiqué.

« En rapport avec le hockey […], nous réserverons toujours une partie du terrain adjacent à la station de train léger pour la construction d’un aréna de la LNH. Nous ne croyons pas qu’Ottawa ou le Canada devrait être pris en otage un jour de plus. »

— Jean-Pierre Poulin, président du groupe DevCore

L’entente actuelle entre la CCN et le groupe RendezVous LeBreton, un partenariat entre Melnyk et le développeur d’Ottawa John Ruddy, est sérieusement menacée depuis que Melnyk poursuit Ruddy pour 700 millions en dommages-intérêts à la suite d’une « coentreprise ratée ».

Capital Sports Management Inc., un groupe contrôlé par Melnyk, affirme dans sa requête déposée le 23 novembre que les deux sociétés n’étaient pas en mesure de finaliser un accord de développement pour les terrains des plaines LeBreton et allèguent « un certain nombre d’infractions, toutes résultant d’un conflit d’intérêts, qui a directement entraîné l’échec du partenariat ».

La requête a été déposée le lendemain que la CCN, la société d’État responsable des terrains des plaines LeBreton, a déclaré que le groupe RendezVous l’avait informée, le 8 novembre, qu’elle n’avait pas été en mesure de résoudre les problèmes de partenariat interne.

En 2016, la CCN a choisi RendezVous aux dépens de DevCore pour un accord de développement du terrain incluant un nouvel aréna de la LNH pour les Sénateurs ainsi que des projets de construction de logements.

Les Sénateurs jouent actuellement au Centre Canadian Tire à Kanata, à environ 25 kilomètres au sud-ouest du centre-ville d’Ottawa.

Bettman déçu

Gary Bettman n’est pas inquiet que le plan de développement des plaines LeBreton soit en train de s’écrouler. Le commissaire de la LNH déplore toutefois que le projet dans sa mouture actuelle se meure.

« Je dirais que je suis davantage déçu de la façon dont tout ça s’est joué, a-t-il déclaré lors de la réunion du Bureau des gouverneurs, hier à Sea Island, en Géorgie. Mais se sont des dossiers délicats.

« Pour plusieurs raisons, il serait bien [que l’équipe déménage au centre-ville], a ajouté Bettman. Mais M. Melnyk a déclaré que s’il devait faire en sorte que ça fonctionne au Centre Canadian Tire, il pouvait y arriver.

« N’en venons pas aux conclusions trop rapidement. Il s’agit d’une situation compliquée, bien que dans son format original, pour plusieurs raisons – certaines dont vous avez pu prendre connaissance dans les documents déposés –, le projet ne soit pas viable. »

Bettman a par ailleurs souligné que la LNH était prête à aider à la construction d’un nouvel aréna.

« Dans certains endroits, nous nous sommes impliqués de façon, je crois, très constructive : Edmonton et Pittsburgh, entre autres, me viennent à l’esprit. À d’autres endroits, on nous a demandé de ne pas nous en mêler. Nous n’aimons pas aller là où nous ne sommes pas les bienvenus si ce n’est pas pour aider au projet. »

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