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Une tour locative est annoncée à Montréal, tandis que le projet Le Phare est retardé à Québec.

Immobilier

Des tours entièrement locatives au centre-ville

L’assureur vie Great West Life construit deux tours, abritant 820 logements locatifs au total, voisines du siège social de SNC-Lavalin, sur le boulevard René-Lévesque Ouest, et de l’église du Gesù, à Montréal.

La première flèche, dont la construction débutera prochainement, aura 36 étages. La seconde, à venir en 2025, compte pour le moment 45 étages.

Il s’agit de la plus récente inscription sur la liste des gratte-ciel résidentiels au centre-ville, qui ne cesse de s’allonger.

Dans le lot, on trouve notamment les Tours des Canadiens 1, 2 et 3, L’Avenue, qui est en fait un projet mixte, bureau, commercial et résidentiel, le Maestria, le 1, Square Philips et maintenant les deux tours de Conseillers immobiliers GWL. Certains ont plus de 50 étages, ce qui ne s’était jamais vu à Montréal pour des immeubles à vocation résidentielle.

On se souvient que GWL a acheté le siège social de SNC-Lavalin et le terrain adjacent en juin 2017 pour 170 millions.

Il s’agit d’une première construction pour GWL à Montréal, dit Pascale Roy, vice-présidente, Gestion d’actifs, chez Conseillers immobiliers GWL, dans un entretien. « On planche sur les esquisses depuis près de deux ans », précise celle qui a préféré ne pas donner de détails sur l’ampleur de l’investissement.

La première phase consiste à construire le podium de la propriété et la première tour de 36 étages, plus au nord. Celle-ci comptera 390 logements d’une superficie moyenne de 650 pi2. La livraison est prévue à la mi-2022. Le niveau des loyers reste inconnu pour le moment.

VIVRE AU CŒUR DE L’ACTION

Le promoteur cible le marché des étudiants et celui des personnes de 55 ans et plus désirant vivre au cœur de l’action. Il y aura surtout des appartements d’une chambre, d’autres de deux chambres et très peu de trois chambres, précise Mme Roy. L’ensemble offrira des services : piscine, gym, terrasse extérieure et aire d’exercice pour chiens.

La conception revient à IBI Group, en collaboration avec NEUF architect(e)s. Le projet cherche une certification LEED.

Le projet se fait de plein droit, en conformité avec le zonage existant. Le promoteur évite donc de payer une redevance servant à financer le logement social et abordable, ainsi que le prévoit le règlement en vigueur. Il doit toutefois payer des frais de parc. Situé à plus de 500 mètres de la future station McGill du Réseau express métropolitain, GWL est exempté des redevances sur le REM.

Dans un communiqué, GWL s’engage à reconstruire le mur de pierres qui constituait les fondations de l’ancien collège Sainte-Marie et à restaurer les entrées et ouvertures de fenêtres originales pour commémoration.

Québec

Le tramway retarde le projet Le Phare

QUÉBEC — Le chantier du Phare, avec sa tour de 65 étages qui doit être la plus haute à l’est de Toronto, sera retardé de deux ans pour s’arrimer au futur tramway de Québec. Le début des travaux est maintenant prévu pour 2021.

Cette nouvelle révélée hier matin par le Groupe Dallaire va entraîner la suppression de 71 emplois. « À grand regret, Groupe Dallaire ne peut garder ces équipes et ces ressources liées au projet Le Phare inactives durant une période pouvant atteindre jusqu’à deux ans », a fait savoir le promoteur dans un communiqué laconique.

Le Groupe Dallaire est partenaire de la Ville de Québec dans ce dossier : il s’est engagé à investir plus de 10 millions dans le pôle d’échanges Sainte-Foy Ouest, qui sera raccordé au Phare. Or, la planification de cette importante station sera plus complexe que prévu.

Sans perdre une minute, l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Québec a profité de la nouvelle pour tirer à boulets rouges sur le projet de transports en commun structurant. Québec 21 a demandé encore une fois hier à l’administration Labeaume d’abandonner carrément la construction d’un réseau de tramway.

« Le château de cartes est en train de s’effondrer pour le projet de tramway. »

— Jean-François Gosselin, chef de Québec 21

Celui-ci estime qu’un meilleur système d’autobus suffirait à régler les problèmes de congestion dans la capitale, où le nombre de voitures continue d’augmenter plus vite que la population.

Mais dans un point de presse hier, l’administration Labeaume s’est montrée rassurante : même si le chantier du Phare ne commencera pas cette année, l’échéancier du tramway reste le même (mise en service en 2026).

« On continue notre projet comme prévu », assure Rémy Normand, vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec.

« Dans les prochaines semaines, des études seront dévoilées au fur et à mesure, on va déposer notre plan d’affaires au gouvernement, on va faire le dépôt de l’étude d’impact environnemental. Le projet va rouler quand même. »

« Regardez le REM à Montréal »

Le pôle Sainte-Foy Ouest sera conçu par le ministère des Transports du Québec (MTQ), car il doit servir de correspondance aux autobus en provenance de Lévis. C’est au fil des discussions avec le MTQ que la Ville et le Groupe Dallaire ont compris que la conception de cette station prendrait davantage de temps, et que la construction du Phare devrait attendre, a raconté M. Normand.

« Groupe Dallaire est conscient de l’importance des efforts de planification du projet de réseau structurant et reconnaît leur nécessité, indique le communiqué de l’entreprise. Ainsi, ce réseau étant localisé dans les fondations, aucun travail de conception et de construction ne peut être en conséquence amorcé. »

Rémy Normand a fait valoir que ce type de problème était courant pour des projets de cette envergure. Le réseau de transports structurant doit coûter 3,3 milliards.

« Regardez le REM à Montréal, ils en ont eu des surprises aussi, ce n’est pas inhabituel », note l’élu d’Équipe Labeaume.

L’opposition a accusé l’administration de mentir. « S’ils vous ont répondu que ça n’avait pas d’impact sur l’échéancier du projet, c’est impossible ! », a lancé Jean-François Gosselin.

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