Médias  Québecor

La concurrence freine l’élan de Vidéotron

La vive concurrence a freiné l’élan de Vidéotron dans le secteur du sans-fil au quatrième trimestre, ce qui a mené à une matinée mouvementée pour Québecor en Bourse, hier. Pendant ce temps, la chute des revenus et les rationalisations se poursuivent dans la division des journaux. Tour d’horizon.

Vidéotron

Déception sur la croissance des abonnés

La filiale Vidéotron a dégagé un bénéfice ajusté en hausse de 8 %, à 425 millions, durant les mois d’octobre, novembre et décembre à partir de revenus en hausse de 3 %, à 866 millions, pour ainsi maintenir sa marge bénéficiaire à près de 50 %. Vidéotron a néanmoins ajouté moins d’abonnés (33 000) à ses services de téléphonie mobile que ne l’anticipaient les analystes du secteur (38 000). À 53,25 $, la facture mensuelle moyenne par abonné au sans-fil chez Vidéotron – un indicateur clé de rendement – a aussi déçu certains observateurs. « C’est conforme à ce que les autres joueurs du secteur ont récemment divulgué, mais tout de même décevant étant donné que Québecor n’a pas à se mesurer à Freedom Mobile [division de téléphonie sans fil de Shaw Communications] dans la province », a commenté l’analyste Maher Yaghi, de Desjardins.

Des concurrents énergiques

Des pépins d’ordre technique à l’automne lors du lancement de la marque de téléphonie mobile à bas prix Fizz et des offres compétitives des concurrents en réaction à l’arrivée de Fizz expliqueraient au moins en partie la déception entourant l’ajout d’abonnés au sans-fil au quatrième trimestre. « Les joueurs en place étaient prêts pour notre lancement. Ils étaient donc très dynamiques, en particulier en ce qui a trait aux promotions de combinés pour la saison du Vendredi fou ainsi que pour la période de Noël », a indiqué le patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, pendant une conférence téléphonique. « Le rythme reprend depuis le début de l’année avec un ajout net d’abonnés plus élevé d’environ 10 000 pour janvier et février combiné par rapport à la même période il y a un an », a de son côté souligné l’analyste Vince Valentini, de la TD.

Les journaux sous pression

L’hémorragie se poursuit au chapitre des revenus de publicité, qui sont la première source de revenus du secteur Média (journaux, magazines, télédiffusion) chez Québecor. Les ventes publicitaires des journaux (Journal de Montréal, Journal de Québec et 24 heures) ont reculé de 10 % au quatrième trimestre. Les revenus numériques ont de leur côté baissé de 13 %. Québecor a néanmoins dégagé un bénéfice (avant intérêts, impôts et amortissements) de 1,5 million dans l’édition de journaux, contre 600 000 $ l’an dernier. L’entreprise l’explique principalement par « les réductions de coûts d’exploitation, dont l’impact des mesures de restructuration, y compris la baisse des coûts de main-d’œuvre, d’administration et de promotion ». Pour l’ensemble de l’année 2018, les revenus publicitaires des journaux de Québecor ont reculé de 12 %, et le bénéfice a reculé de 4,4 %, à 4,3 millions.

En janvier, Pierre Karl Péladeau avait commenté la situation de ses journaux en réponse à une question d’un journaliste sur le dixième anniversaire du lock-out au Journal de Montréal. « Dix ans plus tard, les journaux… nous sommes rendus où ? Les journaux ferment. Mais Le Journal de Montréal, il n’est pas fermé. Le Journal de Québec, il n’est pas fermé. Le Journal de Montréal est une entreprise qui va bien, qui va continuer à investir, mais qui va le faire en vertu des règles ou des conditions qui sont celles d’un nouveau marché », avait soutenu M. Péladeau, cité par La Presse canadienne.

Séance mouvementée

En réaction initiale au dévoilement des résultats trimestriels hier, les investisseurs ont rapidement fait reculer de 8 % l’action de Québecor peu après l’ouverture des marchés. Le titre a vite récupéré une partie du terrain perdu pour limiter le recul du jour à 2 % dans un volume de transactions supérieur à la moyenne quotidienne. Certains investisseurs ont possiblement voulu matérialiser des gains après la poussée de plus de 30 % du titre depuis un an. L’action de Québecor avait atteint son sommet des 52 dernières semaines à la fin de février.

Bénéfice net en hausse

Pour le quatrième trimestre, la société a affiché un bénéfice net de 116,8 millions, en hausse par rapport à celui de 70,4 millions de la même période l’année dernière. Le bénéfice ajusté des activités poursuivies s’est établi à 132,7 millions, ou 52 cents par action, ce qui était supérieur aux prévisions des analystes. Les revenus étaient pour leur part conformes aux attentes, à 1,09 milliard, en hausse par rapport à ceux de 1,06 milliard réalisés un an auparavant.

— Avec La Presse canadienne

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