gourmand critique resto

Encore et toujours de bons dim sums

Kim Fung

Pour un repas pas cher, savoureux et exotique dans le Quartier chinois

J’écoutais l’autre jour une entrevue avec la réalisatrice du film Le mariage d’adieu, Lulu Wang, où elle expliquait l’importance de la nourriture dans la culture chinoise et surtout, surtout, dans les fêtes familiales.

Il n’en fallait pas plus pour que j’aie soudain envie de nouilles à la sichuanaise, de canard laqué et de dumplings.

Résultat des courses : le lendemain midi ou à peu près, j’étais rendue chez Kim Fung, mon restaurant cantonais montréalais préféré, dans le Quartier chinois près de La Presse

Kim Fung, c’est la destination idéale quand prend l’envie d’avoir l’impression d’être en Chine ou à Singapour et de manger des dim sums, ces bouchées et petits plats chinois qu’on savoure sans facétie le matin ou le midi, ou entre les deux.

Kim Fung, qui est à l’étage de l’immeuble angle Saint-Urbain et René-Levesque, n’a pas gagné de prix d’architecture ni d’avant-gardisme – comme il y a 20 ans, les hommes préparent les additions et répondent aux demandes spéciales des clients, alors que les femmes distribuent la nourriture sur leurs guéridons ambulants –, mais c’est une valeur sûre pour ce genre de restauration.

Même les rouleaux frits, des snacks trop souvent bâclés, sont délicieux alors qu’ils voyagent à roulettes à travers le restaurant jusqu’à nos assiettes et auraient amplement le temps de perdre leur tonus. Mais non, ils brûlent quand même la bouche en arrivant à table, juste parfaitement délicatement friables et réconfortants, avec leur farce de carottes râpées, de porc et de crevettes hachés, de pousses de soja.

Pardonnez-moi, je n’ai pas essayé le plat classique parmi tous les classiques : les doigts de poulet. Ni les côtes de porc bouillies. Jamais été fan.

Par contre, j’ai dévoré les siu mai, ces petites bouchées dont l’image nous vient souvent à l’esprit quand on parle de dim sums : des ravioles ouvertes, où de la pâte won-ton est farcie de porc et de crevettes avant d’être cuite à la vapeur dans des paniers de bois empilés sur les chariots. Celles de Kim Fung sont savoureuses, délicates et se mangent facilement, contrairement aux har gow. Que sont les har gow ? Vous en avez déjà vu, c’est sûr. Ces ravioles rondes remplies de crevettes, où l’on devine la chair du crustacé en filigrane tellement la pâte est fine (et se défait facilement), font aussi partie des plats classiques. Il faut être habile avec les baguettes pour bien les attraper et les manger en une seule bouchée.

Mes préférées dans la catégorie ravioles : les boules de porc aux champignons, où les bouchées sont coiffées d’un morceau de champignon noir hautement consistant, au goût et à la texture presque de viande. Les boulettes de bœuf à l’écorce de mandarine sont aussi sur ma liste de préférences, mais je n’en ai pas vu à ma dernière visite.

Autre recommandation : les dumplings au pétoncle et aux légumes ou, encore mieux, les rouleaux végétariens, enroulés dans du papier de soja, légèrement poêlés et farcis de champignons et de châtaignes d’eau super croquantes. Léger, croquant et riche. Le bonheur.

En choisissant nos plats rapidement alors que les chariots passaient – à noter, les serveuses parlent beaucoup mieux français qu’il y a 20 ans –, nous avons intercepté les crêpes de pâte de riz vapeur (cheung fun), ces pâtes plates blanches et molles qui sont aussi agréablement glissantes en bouche qu’intrigantes dans l’assiette. Je recommande celles au porc.

J’ai trouvé les vermicelles sautés bien faits, mais moins surprenants que les autres petits plats, comme les aubergines farcies à la chair de crevettes, qui fondent en bouche.

J’ai dû m’absenter de table une seconde pour répondre au téléphone et, du coup, j’ai raté le plat de brocoli chinois croquant à la sauce hoisin, que je prends toujours d’habitude pour rééquilibrer le menu avec de la super verdure. 

Y avait-il des tartelettes aux œufs ? Si oui, on en prendra la prochaine fois pour le dessert.

Et à noter : même le thé est délicieux dans ce resto. Du thé vert aromatisé au jasmin qui arrive à table sans qu’on le commande et qui donne tout de suite au repas le message qu’on attend : ceci est un restaurant où l’on soigne ce qu’on fait.

Notre verdict

On paie : La plupart des petits plats sont à 5 $, certains à 6 $. 

On boit : Du thé au jasmin, de l’eau – il faut demander –, de la bière. La maison vend du vin pour ceux qui y tiennent, du saké aussi, et du cognac.

On se sent : On est accueilli efficacement par des gens qui nous placent à table, alors que des serveuses passent avec leurs chariots et proposent des plats divers. L’espace est aménagé de façon minimale, sans fioriture. Comme on est à l’étage, c’est bien lumineux. 

On aime : L’exotisme et le soin apporté à la plupart des plats.

On aime moins : Le peu d’options végétariennes et de plats sans crevettes pour les allergiques aux crustacés. 

On y retourne ? Oui. 

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